‹ Du diagnostic des insuffisances aortiques sans souffle et des pseudo-insuffisances: par le choc en dômeChapitre 10 sur 30 · LION AR · texte numérisé non relu

LION AR

des vaisseaux, particulièrement des artères et des capillaires, comme cela se voit dans la fièvre ou sous certaines influences nerveuses.

Il faut en outre, une certaine réplélion de ces vaisseaux, une amplitude suffisante des ondes pulsatiles, et autant que possible, une grande différence de pression entre la systole et la diastole. Au contraire, une tension artérielle forle, et une grande fréquence des battements cardiaques, sont défavorables à sa production.

Nous devons toutefois lui reconnaitre une valeur clinique assez grande quoique pas absolue, pour permettre d'affirmer à elle seule l'existence d’une insuffisance aortique ; les conditions de sa production étant, comme nous l’avons vu, réalisées au premier chef dans cette affection.

3° Le double souffle crural de Duroziez est passible des mêmes critiques. Que l’on admelte avec cet auteur qu'il est seulement artériel et produit par le flux et Le reflux sanguin; avec Senator et Friedreich, qu'il est artériosoveineux, le premier souffle dépendant de la vibration diastolique, des parois artérielles, tandis que le second se produit dans la veine « gemische crural Doppellon, » avec Toussaint et Colrat, que c’est le souffle normal des artères, saccadé par l’onde secondaire qui produit le dicrotisme, ou encore avec F. Franck que le second souffle est dû à une onde rétrograde allant de la périphérie au cœur, ce signe n'est pas spécial à l'insuffisance aortique.

Il a été observé dans le rétrécissement aortique, dans l'athérome, tout au moins quand les pulsations sont fortes et régulières, et les contractions cardiaques éner-

Me,

giques, dans l'état puerpéral, Quinquaud l’a signalé dans le saturnisme, dans la chlorose et dans les maladies fébriles, particulièrement dans la fièvre typhoïde.

4° Enfin, le retard carotidien sur lequel, après Roncati et Henderson, ont insisté MM. Tripier et Roque, et qu'ils attribuent au conflit entre le courant sanguin chassé par la systole ventriculaire et le reflux qui se fait dans le ventricule, résiderait pour M. François Franck dans une erreur de constatation.

Il serait en réalité, d'après cet auteur, moins marqué que normalement, le sang ne rencontrant pas de résistance au niveau des valvules aorliques. M. le professeur Renaut (1) l'explique par une erreur dans le repérage du choc de la pointe «un choc diastolique intense, sou- Lenu pendant la présystole, fait croire au départ du ventricule, mais ce n’est Ià qu'un faux départ du cœur, auquel le départ réel est très postérieur. Ce choc diastolique, synchrone au souffle aspiratif est vraisemblablement dû à la régurgilalion brusque du sang de l'aorte dans le ventrieule à travers l’orifice insuffisant, comme l’a indiqué François Franck. »

En résumé, nous ne pouvons attribuer à aucun des signes classiques de l'insuffisance aortique considéré isolément, une valeur diagnostique absolue, Mais la réunion de plusieurs de ces signes sous forme d’un syndrome, cardiaque où périphérique, peut-elle entrainer avee plus de raison notre conviction, ou bien, tous les symplômes doivent-ils être réunis pour permettre de poser ce diagnoslic ?

(1) Archives de Physiologie, 1881.

AE re To

Le souffle diastolique de la base ct l'liypertrophie cardiaque ne sont pas absolument caractéristiques, car ils peuvent exister simultanément, sans être sous la dépendance l’un de l’autre, et l'augmentation de volume du cœur favorise de plus très souvent la production de souffles anorganiques.

Si nous faisons abstraction des symptômes cardiaques et valvulaires, nous voyons que quelques-uns des signes du syndrome périphérique peuvent s’observer dans cerlains cas de dilatation et d’hypertrophie du ventricule gauche, avec les mêmes caractères que dans l’insuffisance aortique. Mais leur existence simultanée sous forme d’un syndrome complet est, pour quelques auteurs, absolument caractéristique de la lésion valvulaire sigmoiïdienne.

Tel n’est pas notre avis, et nous verrons ultérieurement, que de nombreux cas analogues, où l'existence du syndrome aortique périphérique faisait croire à une lésion valvulaire, devaient, en réalité, être rangés dans une catégorie spéciale, caractérisée par l'absence de toute lésion organique. De plus, la coexistence d'autres lésions valvulaires d'un rétrécissement aorlique par exemple, empêche la production des signes périphériques de l'insuffisance.

Nous irons mème plus loin, et nous dirons que la réunion des deux syndromes, cardiaque et périphérique, bien qu'ayant une valeur indiscutable et le plus souvent absolue, pour permettre d'affirmer le diagnostic de lésion valvulaire peut, dans quelques cas, être manifestement insuffisante. Et nous n’en voulons pour preuve que les cas si nombreux d’aortite, qui se sont accompagnés pen-

No

dant la vie, d'hypertrophie du cœur gauche, de souffle diastolique constant, de syndrome périphérique manifesle, sans avoir présenté à l’autopsie de lésion valvulaire. (Observ. XVIII.)

Page 1