‹ Du diagnostic des insuffisances aortiques sans souffle et des pseudo-insuffisances: par le choc en dômeChapitre 9 sur 30 · IS RS · texte numérisé non relu

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L’auscultation révèle l'existence, à la base, d’un double souffle, l’un systolique râpeux, l'autre diastolique aspiralif, et plus rude, s’entendant dans toute l'étendue du Sternum, Le {‘" souffle serait dû, tantôt à l'existence d’un rétrécissement concomitant, tantôt pour certains auteurs au passage du sang sur les rugosités de l'aorte, opinion rejetée par MM. Tripier et Devic.

. Telest le syndrome cardiaque normal révélateur d’une insuffisance des sigmoïdes aorliques.

Plus caractéristique encore dans son ensemble est le syndrome périphérique que nous allons exposer brièvement. À

Les artères sont animées de battements violents, déjà remarqués par Corrigan et que l’on désigne habituellement sous le nom de danse des artères. Ces battements sont très visibles au niveau de la carotide et de la temporale, des artères superficielles du dos du pied et de la main.

L’exploration digitale permet d'y constater l'existence d'un frémissement vibratoire ou thrill, synchrone avec la systole cardiaque, se différenciant ainsi du frémissement continu que l’on observe dans les vaisseaux des chlorotiques. D’après M. Cahuzac (1), ce thrill très marqué au niveau des artères carotides et sous-clavières, se rencontrerait toujours dans l'insuffisance aortique pure, mais serait absent dans les lésions valvulaires combinées.

Le pouls présente, lui aussi, des caractères particuliers qui lui ont fait donner le nom de pouls de Corrigan; il est large, fort, bondissant, repousse énergiquement le doigt,

(4) CAHUZAC, Thèse, Paris, 1896.

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mais descend aussi brusquement qu'il est monté, c’est le pouls défaillant de Stokes, le pouls des artères non remplies de Hope.

On le nomme souvent aussi « pulsus celer », el voici, d'après Germain Sée, l'explication de ce terme. L’artère, rapidement distendue par l’ondée sanguine, se trouve aussi ramenée très vite par la contraction artérielle jusqu'à l’état de repos, de telle sorte que la durée d’une pulsation unique est plus courte que la durée d’une pulsation normale.

Tous ces caractères se traduisent au sphygmographe par une courbe bien connue.

Duroziez a signalé en 1861, l'existence au niveau de l'artère fémorale, lorsqu'on la comprime avec le stéthoscope, d’un double souffle qu'il nomme le double souffle intermillent crural. Ce double souffle serait remplacé par un double ton Doppelton de Traube, si l'on ausculte l’artère sans la comprimer.

La production, au niveau des capillaires, de phénomènes analogues à ceux signalés à la radiale, donne naissance à ce que l’on a appelé le pouls capillaire, caractérisé par des alternatives de pâleur et de coloration spontanées ou arlificielles de certaines parties du corps, la coloraion, intense pendant la systole cardiaque, faisant place à une pâleur subite au moment de la diastole. Observé au niveau des ongles, il prend le nom de pouls capillaire unguéal, au niveau de la rétine et sur le front on l’ohserve également ; sur le voile du palais et la luette, c'est le signe de Frédérik Müller. Les amygdales et les piliers du voile du palais subissent des mouvements alternatifs de rapprochement et d'éloignement, dus à la simple

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transmission des battements de la carotide, c’est le pouls amygdalo-carotidien de Huchard. En même temps que l’on constate à la carotide, la disparition du 2° ton normal, quelquefois remplacé par un bruit soufflant, pour les uns, propagé des valvules aorliques, pour d’autres et en particulier Timofejew, produit à ce niveau, MM. Tripier et Roque ont signalé un retard anormal du pouls carotidien sur la systole cardiaque, qui serait d’après eux un très bon signe de l'insuffisance aortique.

Ce syndrome périphérique subit peu de modifications, dans l'insuffisance du type artériel. Les artères dures et flexueuses ont des battements plus manifestes que dans la forme endocarditique, le pouls est plus dur, plus cordé, les caractères de bondissement et d'amplitude sont moins accusés, el, comme le dit M, Lyon (1), « la systole y est plus lente, moins énergique; outre le crochet, on trouve le plateau caractéristique de l’artério-sclérose, signe de la sénilité sinon du malade, du moins de ses arlères. »

Tels sont dans leur ensemble, les signes de l’insuffisance aortique. Nous devons maintenant nous demander quelle est la valeur individuelle de chacun de ces signes, s’il en est un d’absolu, ne faisant défaut dans aucun cas, permettant d'affirmer à coup sûr l'existence de la lésion valvulaire.

Vient en première ligne, le souffle. Tous les soufflesdiastoliques entendus au foyer aortique sont-ils dus à une insuffisance ? À cela on peut répondre négativement. En effet, des travaux récentsont fait connaitre l’existence

(L) LYON, Gazette des Hôpilaux, juin 1891.

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de souffles inorganiques, anormaux, se produisant au même temps et s’entendant au même foyer que le souffle organique. Tantôt ce sont des souffles cardio-pulmonaires de la région préaortique, signalés par M. le professeur Potain, niés par MM. Tripier et Device et d'ailleurs très rares ; tantôt ce sont, comme Sahli l'a fait remarquer, des souffles diastoliques veineux passagers, propagés des veines du cou comme chez les chlorotiques. Dans quelques cas, sans lésion aucune des valvules aortiques, on entend, vers le milieu du sternum, des souffles diastoliques, que Duroziez a signalés le premier, et dont il place l’origine dans les veines caves, disant: «qu'il n’est pas plus étonnant de trouver un souffle au 2° temps dans les veines caves que d’en trouver un dans les jugulaires. » Le frottement de la péricardile peut, lui aussi, induire en erreur et en imposer pour un souffle diastolique organique lorsqu'il ne se produit encore qu’à un seul temps. Enfin il en est qui peuvent être dus au passage du sang sur des parois aortiques altérées, calcifiées, sur des valvules athéromateuses, sans qu'il y ait toutefois d'insuffisance valvulaire.

On voit donc, lorsque les éléments du diagnostic diffé-

rentiel de tous ces bruits diastoliques sont insuffisants ou peu nels, que la valeur du souffle au 2° temps comme seul signe de l’insuffisance aortique n’est rien moins que certaine.

; L'hypertrophie et la dilatation du ventricule gauche se rencontrent de même dans de nombreuses maladies, nous ne citerons comme exemple que le mal de Bright ; on ne peut donc étayer sur eux seuls un diagnostie ferme de lésion valvulaire.

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Quant aux signes qui constituent le syndrome périphérique, devons-nous leur accorder une valeur respective plus grande ?

1° Le pouls de Corrigan, avec ses caractères spéciaux de bondissement et de défaillance qui lui ont fait donner le nom de pulsus altus et celer, et la danse visible des artères ont été regardés pendant longlemps comme propres à l'insuffisance aortique. Mais en réalité, ces signes ne sont que la conséquence de l'hypertrophie du ventricule gauche, on les trouve partout où existe cette dernière. On les acependant signalés dans certains cas non accompagnés d’hypertrophie, mais où l’activité du ventricule

gauche est exagérée, dans quelques maladies fébriles par

exemple.

Le pulsus celer est en elfet la résultante de deux conditions ; d’une part, le Yentricule gauche, hypertrophié et dilaté, chasse avec plus de force une plus grande quantilé de sang dans les vaisseaux ; d'autre part, ces vaisseaux, dilatés par une onde-pulsatile d'amplitude plus considérable jusque dans leurs plus petits rameaux, meltent en jeu lélasticilé de leur paroi et augmentent ainsi la rapidité de la. distribution du sang. Aussi s'ensuit-il que l’on trouvera ces mêmes caractères du pouls dans l’athérome artériel, la népbrite interstilielle, Ja maladie de Basedow et dans l'hypertrophie du eœur consécutive à des efforts exagérés, l’arbeitshypertrophie des Allemands.

On a bien indiqué entre les caractères du pouls dans ces deux groupes d'affections, quelques différences tirées dela dureté spéciale des artères périphériques, particulièrement dans l’artério-sclérose, de la tension artérielle

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plus considérable dans une hypertrophie de cause rénale, que dans l'insuffisance aortique, pendant les périodes de diastole. On a encore misen avant la rapidité plus considérable du bondissement et de la défaillance du pouls dans l'insuffisance aortique, tandis que dans la plupart des autres cas, le retour de l'artère à sa situation primitive est moins brusque ; mais ce sont là des différences cliniques trop peu marquées pour entrainer la conviction.

2° Quelques auteurs ont considéré le pouls capillaire dans toutes ses modalités cliniques, pouls unguéal, signe de Müller, pouls rélinien, comme tout à fait caractérislique de l'insuffisance aorlique ; c’est là, eroyonsnous, une affirmation un peu prématurée. En effet, d'après Lazarus Barlow, ce signe qui, dans l'insuffisance aortique serait dù à un spasmeé artléricl, se rencontre 83 fois sur 100 chez des cardiaques ayant une lésion des sigmoïdes aortiques, 17 fois sur 100 il coexiste avecune autre Cardiopathie. Onl'a observé dans l'artério-sclérose, dans les maladies infectieuses où les vaso-moteurs sont parésiés, et par suite, la Lension intra-artérielle diminuée, dans les pertes sanguines conséculives à l’accouchement, chez les anémiques, lorsque l'activité du cœur n’est pas trop affaiblie, dans le tabes dorsalis, dans la paralysie générale. Becker, Kahlmann l'ontsignalé dans l’anévrisme aorlique. Quincke qui la spécialement étudié pensait, que même chez des gens sains, une légère pression ou l'élévation du bras pouvait le faire apparaitre, si les ongles étaient minces et transparents.

Quelle est d’ailleurs sa pathogénie ?

Il se produit, lorsqu'il existe un certain degré d’atonie

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