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délaissent, en raison même de sa difficulté. Dans des cas assez fréquents d'ailleurs, certaines modifications survenant dans les organes qui avoisinent le cœur, l'emphysème de la languette pulmonaire qui le recouvre par exemple, augmentent encore celle difficulté et ne contribuent pas peu-à la faire considérer comme un procédé d'exception en clinique.
La palpation avait de même été laissée dans l'ombre et les renseignements que lui demandaient la majorité des cliniciens étaient minimes, alors que l’auscultation seule devait renseigner sur l'existence des lésions, sur leur nature et leur évolution. Toutefois, des praticiens de la valeur de Maurice Raynaud (1), disaient en parlant d'elle : «Ce mode d'examen à une très grande importance. Nous sommes convaineu pour notre part, qu'avec une main exercée, on peut se procurer des renseignements presque aussi exacts, et saisir des nuances presque aussi fines que par l’auscultalion..….. La palpation permet de saisir Souvent avec une grande précision, les nuances que présente le claquement des valvules. Grâce à ce mode d'examen qui demande une certaine éducation du sens du Loucher, on arrive à apprécier des modifications parfaitement comparables à celles que reconnait l’oreille ‘dans les bruits du cœur; et, par le fait, il s'agit des mêmes phénomènes perçus par un sens différent. »
C'est contre ce dédain presque systématique d'un moyen d'exploration d'une haute importance, que M. le professeur Bard a voulu réagir il y a environ deux ans,
(1) Dictionnaire de Jaccoud. — Article « Cœur ».
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en montrant le parti que l’on pouvait Lirer de son emploi méthodique, en lui demandant des renseignements que l’auscullation est manifestement impuissante à fournir. De plus, l'emploi de ce procédé en clinique est très simple, au moins dans ses grandes lignes ; et s’il existe comme partout, des cas limites ou difficiles qui nécessitent une plus grande habitude de sa recherche, il n’en fournit pas moins, le plus souvent, des renseignements précieux, à la portée de tous les praticiens. Loin de nous l'idée d’en faire un procédé infaillible, supérieur à l’auscultation et à la percussion. Nousle présentons seulement comme un moyen d'investigation supplémentaire, facile à mettre en pratique, donnant des résultats probants là où l’auscullation est impuissante ou trop délicate, et particulièrement précieux dans les cas complexes. Nous verrons ultérieurement que parfois sa recherche est impossible par suite de dispositions anatomiques particulières « cœur profond » ou de modifications pathologiques, mais nous prétendons que dans de très nombreuses circonstances, lui seul peut fournir des renseignements sur l’élat de la fibre musculaire cardiaque, sur son mode de contraction, sur la facon dont le cœur se comporte vis-à-vis des obstacles périphériques, des toxiques ou de la fièvre, renseignements « vitaux » pour ainsi dire que l’auseultation est impuissante à donner. Ea un mot, tandis que cette dernière nous permettra de reconnaitre l'existence de lésions établies ou en évolution, la palpation, confirmant leur existence, nous renseignera de plus, sur la facon dont le cœur supporte sa lésion.
Aussi, avant de décrire avec plus de détails, les
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résultats que fournit la palpation large du cœur, dans les cas d'insuffisance aortique, nous voulons, rapidement et à grands traits, montrer les bases de ce moyen d’exploration et en expliquer les procédés de recherche clinique. Nous renvoyons, pour en avoir une description plus complète et plus autorisée, aux mémoires publiés par M. le professeur Bard dans le Lyon médical (années 1896 et 1897).
Le point important, est la différenciation des vibrations produites par la mise en tension des valvules, et des chocs musculaires soit de la pointe, soit de la base des ventricules. « Le claquement valvulaire détermine une vibration de la paroi, dit M. Bard, vibration transmise à distance et que la main perçoit comme telle. Elle présente des foyers de plus grande intensité, mais son extension est toujours plus ou moins diffuse; elle se perd en s’alténuant à mesure qu’on s’écarle de son centre de production, mais elle n’est jamais nettement localisable comme un choc. »
Les vibrations sont sysloliques ou diastoliques, sigmoïdiennes ou auriculo-ventriculaires, suivant le moment et le lieu de leur production. La vibration sigmoïdienne diastolique, connue depuis longtemps, a été étudiée par Friedreich et plus récemment par M. le professeur Bondet. Nous ne nous y arrêterons pas; remarquons toutefois, qu’à l'encontre de ces auteurs M. Bard n’admet pas que l’on puisse préciser le point exact de sa production et par suite s’en servir comme d’un repère.
La vibration systolique mitrale nous intéresse davantage. Dans les cas où elle est très intense on la percoit