OBSERVATIONS
Nous rangerons en deux groupes les observations qui suivent et qui toutes ont été recueillies dans son service par M. le professeur Bard.
Le premier comprend les pseudo-insuffisances aortiques avec ou sans souffle diastolique, reconnaissant comme cause originelle l’athérome, et que l’on peut assez nettement isoler.
Le second, au contraire, est moins bien défini. Les observations cliniques que nous y rapportons dépendent à la fois de l’aortisme nerveux et &e la macrosphygmie, elles sont sous la dépendance de troubles dynamiques survenus au niveau des vaisseaux, et reconnaissant des causes très variables.
OBSERVATION XV (Résumée, Inédite) (1)
DiAGnosTic. — Bronchite chronique légère. athérome artériel léger, signes périphériques sans insuffisance aorlique.
V... Jacques, 66 ans, peintre en bâtiments, entré le 11 octobre 1897, sorti le 25 octobre.
Père mort à 45 ans, mère morte à 60 ans, tous deux de maladie inconnue. Deux sœurs, mortes l’une d’une fluxion de poitrine, et l’autre d'hydropisie.
(1) Obs. n° 3767 de la collection de M. le p' Bard.
EUR, jeu
11 a eu quatre enfants, trois sont morts jeunes de maladie inconnue, une fille vivante. Sa femme est morte il y a quatre ans d’une fluxion de poitrine.
Bonne santé habituelle, Jamais d’hémoptysies. Pas de rhumatismes ni de saturnisme, un peu d’alcoolisme.
Le malade a commencé à tousser l’année dernière pendant l'hiver de 1895-96. Il s’est remis à tousser cet hiver, puis a cessé son travail au début de mars 1897, parce qu’il a commencé à cette époque à souffrir dans toutes les jointures, douleurs qui ont persisté depuis.
Actuellement, — Aux poumons sonorité exagérée ; à l’auscultation il y a des râles sonores disséminés dans les deux poumons. De plus, la respiration est soufflanté au sommet gauche en arrière.
Au cœur, la vibration systolique est exagérée, dure, on sent aussi la vibration diastolique, pas de choc en dôme.
‘ A l’auscultation, le deuxième bruit est éclatant, le premier est exagéré, tous deux sont perceptibles à faible distance. De plus, il y a à la pointe un souffle systolique assez intense, mais qui varie d’intensité.
Artères dures et sinucuses, pouls ample, bondissant. Pas de double
: souffle crural. Pouls capillaire très intense. Un peu d’albumine.
13 octobre. — L'état général est assez bon, le malade a simplement l'aspect sénile.
Expectoration séro-muqueuse, un peu louche, sans véritable pus.
Aux poumons expiration prolongée, bruyante, un peu emphysémateuse avec râles muqueux et sibilants. Les râles sont un peu plus nombreux et un peu moins gros à la base droite. É
Pouls de Corrigan bien marqué, souffle de Duroziez léger et difficile à percevoir, frémissement artériel bien accusé.
Pas de souffle cardiaque actuellement, même à la pointe.
A la palpation, pas de choc musculaire, vibration valvulaire exagé rée, un peu dure.
Les bruits sont intenses, quoique de timbre sourd, les contractions sont un peu exagérées, pas de battements épigastriques.
OBSERVATION XVI (Résumée inédite) (1)
DIAGNOSTIC. — Pseudo-insuffisance aortique par signes périphériques. Sclérose dense du sommet D., diffuse du sommet G., tuber-
(1) Observation n° 3440 de la collection de M. le professeur Bard.
ne
culeuse. Hypertrophie légère du cœur D.; Bronchite aigue grippale actuelle.
Ch... Jean Marie, mécanicien, entré le 12 octobre 1896, sorti le 14 novembre.
Père mort à 33 ans d’affection indéterminée. Mère morte à 64 ans. Cinq frères ou sœurs morts, un à 22 ans de dysenterie, un autre de même affection à 24 ans, deux sœurs mortes à 20 et 23 ans de tuberculose, une sœur bien portante,
Marié deux fois. Sa première femme morte à 45 ans de tuberculose, la deuxième morte à 50 ans d'affection également tuberculeuse. trois enfants dont un vivant bien portant, deux morts à 18 et 15 mois de méningite.
Pas d’affection antérieure, pas de syphilis, pas d’alcoolisme.
Le malade a beaucoup voyagé et séjourné dans les colonies. Il a fait 29 ans de service militaire comme marin, jamais il n’a eu aucune maladie.
Il y a trois semaines, le malade étant en sueur s’est trouvé exposé à un courant d'air. Il a pris froid et son affection a débuté par un coryza. Durant les premiers jours de sa maladie, il a eu quelques filets de sang dans ses crachats, mais ceux-ci paraissent être d’origine pharyngée. Pas de point de côté. Pas de sucurs profuses, un peu de dyspnée d’une façon intermittente.
L’appétit est bo, les digestions faciles, les selles régulières.
Le malade se plaint de sa toux ct de faiblesse générale. Pas d’œdème. Les urines des24heures ont atteint deuxlitres, leur coloration ést normale, très limpide, elles n’ont pas d’albumine.
À lauscultation du poumon, on constate de l’obscurité au sommet gauche; en avant ct en arrière. Dans la fosse sus-épineuse quelques râles bronchiques provoqués par la toux.
L’expectoration est peu abondante, purulente, en stries opaques, compactes, à tendance porcclanique.
Le malade dit n'avoir jamais eu d’hémoptysies antéricurement; il aurait eu simplement quelques crachements sanglants il y a trois semaines, mais jamais d'affection pulmonaire ayant attiré son attention.
Les battements du cœur sont réguliers. Un faux-pas unique a cependant été constaté au cours de l’examen.
La pointe bat dans le cinquième espace, en dedans de la ligne mamelonnaire. Elle est mal perçue sans aucune trace de dôme. La vibra-
tion est faiblement perçue au voisinage de l’épigastre seulement. Battements épigastriques, bien nets, musculaires, assez énergiques dans l’angle supérieur de l’épigastre.
Dans la région de la pointe, la main perçoit un léger frémissement qui se localise bien dans le cinquième espace à trois centimètres seu-— lement de la ligne médiaire. Ce frémissement précède légèrement la vibration, il est d'ailleurs très court et très doux. Pas de souffle constant à son niveau, parfois cependant un léger bruissement. Pas de vibration diastolique perceptible.
A l’auscultation, les bruits sont peu intenses, le premier bruit à la pointe est le siège d’une dissociation assez constante au voisinage de l’épigastre. A la base. le deuxième bruit n’est pas exagéré, il ne se perçoit qu’à droite du sternum.
Les contractions sont tranquilles, un peu brusques et d'énergie un peu augmentée, La matité cardiaque est à peine appréciable. Matité aortique sous-sternale douteuse. On ne sent pas les battements aortiques dans le creux sus-sternal qui est pourtant bien accessible.
Le pouls présente les caractères extrêmement marqués du pouls de Corrigan. Les battements de Fhumérale sont visibles sur tout son trajet. Les radiales un peu sinueuses roulent sous le doigt et ne s’effacent pas complètement par la pression. La raliale droite est un peu moins large, et son pouls moins ample que du côté opposé.
A la fémorale on constate nettement et facilement le double ton, on obtient difficilement le souffle systolique, plus difficilement encore le souffle diastolique.
Pouls capillaire léger, plus marqué du côté droit, surtout au médius et à l’annulaire.
Pupilles égales, mobiles à la lumière, pas de cercle cornéen.
5 novembre. — Les caractères du pouls et le pouls capillaire sont toujours très accusés.
Les battements du cœur sont régulicrs et tranquilles, sans bruit anormal, la pointe n’est pas abaissée, elle ne présente aucune trace de dôme. On perçoit à la palpation de légers battements épigastriques musculaires limités au bord gauche.
À la fémorale, le double ton est très net, les souffles au contraire légers et beaucoup plus difliciles à percevoir.
La toux ct l’expectoration ont à peu près disparu.
7novembre. — On constate au sommet droit, en arrière, dela matité, une respiration très soufflante aux deux temps, sans râles, de la bronchophonie et de l’exagération des vibrations,
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À gauche, submatité, grande obscurité, diminution des vibrations et de la voix haute, pas de râles.
En avant, pas de différence bien marquée entre les deux côtés, un peu d’obscurité et vibrations affaiblies sans râles.
À lépigastre, on perçoit un choc musculaire limité à son bord gauche. La vibration tricuspidienne est faiblement perçue, la mitrale ne l’est pas.
À lauscultation, le premier bruit au voisinage de l’épigastre est intense et légèrement soufflant.
Les veines du cou ne sont pas dilatées, pouls veineux, léger, très net, à double soulèvement, limité au golfe des jugulaires à droite.
12 novembre. A la fémorale, le ton systolique est très intense, le ton diastolique, léger et souvent douteux; par contre le souffle diastolique s'obtient facilement, il est court, mais net. On obtient un souffle veineux, continu, de courte durée avec la compression.
Le malade quitte le service le 14 novembre 1896.
OBsERvATION X VII (Résumée inédite) (1)
DraAGnosrTic. — Péritonite sus-ombilicale à prédominance périhépatique. Varices æsophagiennes. Abaissement de la pointe. Souffles variables d'intensité et de temps à son niveau. Adhérences péricardiques ? ? Retrécissement et insuffisance aortiques légers ? Souffles inorganiques ? Emphysème pulmonaire. Relentissement sur le cœur droit. Nervosisme.
AuTopsie. — Aortite chronique sans dilatation, hypertrophie et signes périphériques de l'insuffisance aortique sans souffle, ni lésion des valvules. Cirrhoses viscérales multiples. Ictère et hypertrophie du foie avec adhérences postérieures. Mégalosplénie. Cirrhose pulmonaire diffuse double et adhérences pleurales gauches. Mammite interstitielle. Polyadénite simple.
M. M... Jean, 46 ans, corroyeur, entré le 25 janvier 1893, mort le 80 mai 1895.
Père et mère morts depuis longtemps de maladies indéterminées,
(1) Obs. n° 2192 de la collection de M. le p° Bard.
Une première femme, morte de la poitrine il y a onze ans. Est séparé de la deuxième, pas d'enfants.
Aucune maladie dans l’enfance, quelques excès alcooliques, toutefois, depuis quatre à cinq mois, il a dû cesser ces habitudes à la suite d'une hématémèse assez considérable survenue brusquement au milieu de la nuit après une toux opiniâtre. Elle s’accompagna d’une douleur assez vive au creux épigastrique, irradiée dans tout l'abdomen qui était en même temps dur et tendu et fut suivie d’un soulagement considérable,
Les jours suivants, épistaxis à plusieurs reprises pendant une quinzaine de jours, amenant chaque fois un soulagement à la céphalalgie continue dont se plaignait alorsle malade.
Persistance d’une petite toux sèche, quinteuse, surtout la nuit et amenant souvent après le repos du soir, des vomissements alimentai-— res. Bientôt l’amaigrissement se prononça, sueurs nocturnes abondantes, perte totale de l’appétit et des forces. Dyspnée assez vive. Depuis lors, état à peu près stationnaire ou même s'étant un peu aggravé. Les vomissements de sang n’ont pas reparu, mais le malade a remarqué, à plusieurs reprises, même pendant ces derniers jours, du sang rouge en assez grande abondance dans ses selles. De plus, il a de temps en temps, quelques filets rouges dans ses crachats.
Etat actuel. — Etat général assez bon. Le malade dit avoir beaucoup maigri au moment de son hématémèse.
. Le foie est augmenté de volume, son lobe gauche occupe l’épigastre en totalité, son bord passe à trois travers au-dessus de l’ombilie. Le bord supérieur s'arrête à la sixième côte,
Région sous-ombilicale souple, sans soudure de la paroi. La sonorité gastrique est exagérée de timbre ét d’étendue, mais uniquement sur les parties latérales ; la matité hépatique occupe tout l’épigastre,
La pointe du cœur se localise nettement à la vue, au doigt et à la palpation dans le cinquième espace sur la ligne mamelonnaire, Les battements sont réguliers, un peu brusques, les bruits intenses et assez clairs, le deuxième bruit un peu exagéré dans le troisième espace sur le bord gauche du sternum. Le premier bruit est le siège à la pointe d’un souffle systolique doux, très variable d’intensité, quelquefois assez prolongé, présentant nettement son maximum au siège même de la pointe. En se rapprochant de l’épigastre, le premier bruit n’est pas soufflant et tend à se dédoubler.
Au thorax, en avant, sonorité exagérée dans toute l'étendue, respiration ample sans râles,
De
En arrière, sonorité exagérée dans toute la hauteur; la respiration est ample partout, même aux deux sommets. Quelques sibilances disséminées, plus nombreuses à la base droite.
Les veines du cou sont dilatées, mais ne sont apparentes que lorsqu'elles sont comprimées, ou dans les efforts de toux. Pas de pouls veineux, mais battements très accusés au niveau du golfe des jugulaires à droite, en nombre, double environ des pulsations radiales. +
L’œdème des membres inférieurs et de l'abdomen, très marqué au début de la maladie a disparu.
Au niveau du choc de la pointe le soulèvement est nettement systolique, en dehors de la ligne mamelonnaire, mais en même temps, il se produit une dépression systolique dans le même espace, et un peu en dedans de lui.
Le souffle de la pointe est non seulement variable d'intensité, mais même de temps, tautôt il paraît franchement systolique, tantôt il occupe le grand silence. Les bruits, clairs à la base, restent intenses, mais assourdis à la pointe.
45 février 1893. — On ne constate actuellement qu’un souffle léger présentant son maximum dans le troisième espace sur le bord gauche et franchement systolique. Pas de retard carotidien. Le second bruit est un peu sourd, mais nullement soufflant.
A la fémorale, on percoit un léger souffle de Duroziez inconstant. La position d'Azoulay renforce le souffle diastolique dans les premiers instants, mais cette influence cesse rapidement.
7 mars. — Les battements du cœur sont réguliers, d'énergie à peu près normale Les souffles constatés à l’auscultation sont d’une grande variabilité. Actuellement on constate dans le troisième espace, sur le bord gauche, un souffle systolique, doux, aspiratif, d'apparence inorganique. Le second bruit est assez bien frappé. Le malade quitte lhôpital ce jour.
. 19 octobre 1894, — Le malade rentre avec un état général peu satisfaisant.
On localise le maximum du choc du cœur, dans le cinquième espace un peu en dehors de la ligne mamelonnaire. Les battements sont réguliers. À l'auscultation, à la pointe, souffle systolique doux se propageant dans différentes directions ; vers l’appendice et sur le bord gauche du sternum, le premier bruit est râäpeux, prolongé mais non soufflé, |