‹ Du diagnostic des insuffisances aortiques sans souffle et des pseudo-insuffisances: par le choc en dômeChapitre 27 sur 30 · LE QE · texte numérisé non relu

LE QE

Urine jaune-rouge, sans albumine, donnant la réaction des pigments biliaires. Il existait en effet à l’entrée une teinte ictérique très accusée qui a beaucoup diminué depuis.

Le choc de la pointe qui se produit dans le cinquième espace présente les mêmes caractères qu’au premier séjour.

Les battements du cœur sont parfaitement réguliers et tranquilles. A l’auscultation on entend dans presque toute la région précordiale un souffle systolique doux, quoique intense, un peu en retard sur la systole, et s'appuyant sur le second temps, variable d'intensité, prédominant dans le troisième espace sur le bord gauche, influencé sans disparaître complètement par les mouvements respiratoires.

Le second temps présente un timbre sourd, quoique augmenté d'intensité, sans souffle. Les bruits sont manifestement assourdis à la pointe tout en y restant intenses,

Pouls de Corrigan très accusé, les artères radiales sinueuses roulent sous le doigt, mais s’effacent complètement par la pression.

Souffle de Duroziez inconstant, léger et difficile à percevoir. Les veines du cou et des membres sont d’une manière générale très développées ; pas de pouls veineux. Pas de retard carotidien.

24 novembre. — Les phénomènes d’auscultation du cœur ne se sont pas modifiés. Pasde souffle diastolique, pas de battements épigastriques.

12 janvier. — L’exploration du cœur révèle une augmentation de la matité. La pointe est bien localisécdans le troisième espace, donnant une impulsion énergique arrondie, au même point, à la palpation et au doigt. L’inspection révèle un mouvement d’ondulation dans le cinquième espace et une dépression systolique sur la ligne mamelonnaire; le soulevement systolique est moins marqué en dehors d’elle à l'extrémité de la pointe.

Souffle de Duroziez variable suivant le moment, mais parfois intense et facile à percevoir ; pouls unguéal léger.

À l’auscultation du cœur, souffle systolique intense, mais court, un peu en retard sur la systole, et localisé dans les troisième et quatrième espaces, sur le bord gauche du sternum. Le deuxième bruit est trés exagéré, un peu sourd, il est un peu soufilant dans la position relevée.

Les deux pouls radiaux sont synchrones et d'amplitude à peu près égale.

Aulopsie. — Le 1er juin. — Le cœur (500 gr.) est très augmenté de volume sans épanchement, niadhérence du péricarde. L'hypertrophie

OR

et la dilatation sont à peu près égales et prédominent sur le cœur gauche, Les valvules auriculo-ventriculaires sont normales.

L’aorte n’est pas dilatée, pas même notablement élargie, il existe un degré modéré de périaortite ; la face interne de l'aorte présente des plaques inflammatoires très nettes, isolées, non calcifites. Les orifices

“des coronaires sont indemnes. Les valvules sigmoïdes ne sont pas intéressées et l'épreuve de l’eau ne révèle aucune trace d'insuffisance.

OBsERvATION XVIII (Résumée) in Bonnet, « Lyon Médical, 1897 », p. 505

DraGxosTic. — Acrlile subaïgue, dilatation de l'aorte thoracique, souffle diastolique et signes périphériques très accusés, sans dôme ; intégrité des valvules. Sclérose disséminée de la moelle. Rélention d'urine ultime, cystite et néphrite suppurées.

J.D..., 47 ans, tailleur, entré le 14 avril 1897, mort le 12 juin.

Père mort d’une hernie étranglée à 69 ans, mère morte de douleurs rhumatismales à 48 ans. Six frères ou sœurs. Trois sont morts de convulsions, les trois autres se portent bien.

Marié à 27 ans, il a eu huit enfants ; deux sont morts, l’un à huit jours, l’autre à 2 mois, d’affections indéterminées, tons deux avaient eu des convulsions. Six enfants actuellement bien portants. Sa femme a eu deux fausses couches, la première (deuxième grossesse) à 5 mois, la seconde (troisième grossesse) à 3 mois.

Convyulsions dans l’enfance. Dysenterie au régiment en 1886.

Pas d’autre maladie antérieure, ni syphilis, ni rhumatisme.

Alcoolisme très marqué, jusqu’à il y a huit mois.

A l’entrée on constate un souffle diastolique très net, pouls bondissant, pouls capillaire, double souffle de Duroziez. Rien aux poumons. Pas d’albumine dans les urines.

1 mai, — L'état du malade est absolument stationnaire depuis son entrée, l’état général est excellent, il a de l’embonpoint, l’appétit est conservé, pas de troubles de la déglutition.

Pas d’æœdème, pas de dyspnée notable, pas de toux, la voix est normale, sans cornage, pas de phénomènes asystoliques.

soie

Rien d’anormal à l’auscultation du poumon. La matité hépatique atteint à peine le rebord des fausses côtes.

Les artères présentent les caractères très accusés du pouls de Corrigan, toutefois on n’y détermine qu’avec peine des frémissements peu marqués. Battements des collatérales des doigts, pouls capillaire.

A la fémorale, souffle de Duroziez très intense et très facile à percevoir. Battements très accusés de l’aorte dans le creux sus-sternal.

La matité cardiaque absolue cst assez étendue à la région moyenne, remonte jusqu’à la deuxième côte, à gauche du sternum, mais descend peu au-dessous du mamelon.

A la palpation, on sent faiblement la vibration, pas du tout le choc musculaire, on ne perçoit pas la pointe, même au doigt. Pas de vibration diastolique. Pas de battements épigastriques. Dans les deuxième et troisième espaces sur le bord gauche, et dans la région adjacente du sternum, on perçoit faiblement une expansion systolique profonde.

A l’auscultation, souffle systolique léger, un peu variable, pas très constant, sur la ligne médiane et à droite du sternum. Souffle diastolique très accusé, un peu variable, prolongé, sur le bord gauche du sternum.

Dans le dos, on ne perçoit pas nettement les battements du cœur, dans la région gauche du thorax. On percoit un ton systolique très accusé sur le bord gauche de la colonne vertébrale, en dedans de l'omoplate, mais sans souffle.

Le pouls radial droit est un peu plus ample que le gauche, La tension est forte, et marque 22 à 23 au sphygmomanomètre de Potain, 18 à 19 à celui de Chéron.

13 mai. — Le malade vient d'émettre deux crachats franchement sanglants, visqueux et adhérents, venus sans efforts, et sans qu'il ait existé à son dire de malaise concomitant. Il n’en n'aurait jamais eu antérieurement. Pas de point de côté. A la base gauche, on ne constate que des râles fugaces. A la base droite, submatité sans ballotement, suppression du murmure vésiculaire, nombreux râles humides inspiratoires, fins, coufluents.

Pas d’œdème des pieds ; cependant un peu de bouffissure le long du tibia et aux mollets.

Les battements du cœur sont réguliers. On ne sent toujours aucun choc à la pointe. Ee souffle diastolique est bien net, prolongé au foyer de l'insuffisance,

Le tracé sphygmographique, qui a été pris le 1‘ mai, est celui de

Page 1