‹ Du diagnostic des insuffisances aortiques sans souffle et des pseudo-insuffisances: par le choc en dômeChapitre 28 sur 30 · AS LS · texte numérisé non relu

AS LS

l'insuffisance aortique, ascension brusque ct haute, petit crochet, petit plateau, descente oblique rapide.

18 mai. — On constate sans que le malade s’en plaigne, une énorme distension de la vessie qui remonte jusqu’à l'ombilic. La cathétérisme donne issue à une urine de coloration normale sans pus.

La température a atteint 38 les 12 ct 13: elle est revenue à la normale dès le 14.

8 juin. — Le malade a dû être sondé deux fois par jour depuis le début de la rétention, car il urinait par regorgement,

Depuis le 1e° juin, la température s’est élevée et l’état général s'e:t manifestement aggravé. L’urine content un peu de pus.

A l'examen du cœur on constate un léger souffle systolique, avec maximum à droite du sternum, mais aucun vestige de souffle diastolique. Pas de dôme. Pouls de Corrigan toujours très marqué.

Le tracé sphygmographique pris aujourd’hui présente les mêmes caractères qu’antéricurement.

12 juin. — L'état s’est beaucoup aggravé depuis hier ; il y a de la cyanose ct des râles trachéaux.

Escharre sacrée sur la ligne médiane, peu profonde, qui a débuté il y a une huitaine de jours.

A la base gauche, outre les gros râles d'encombrement qui existent des deux côtés, on constate du souffle assez net aux deux temps, de timbre tubaire. Matité sans flot; les vibrations sont à peu près égales des deux côtés. -

Les bruits du cœur sont un peu gênts par les râles trachéaux. Il n'existe aucun souflle perceptible. Le pouls cest toujours très ample.

L'œæœdème des membres inférieurs est beaucoup plus accusé à droite.

Le malade meurt le 12 juin à 6 heures du soir.

La température normale jusque là s’est maintenue entre 38° et 39°, depuis le 4 juin jusqu’à la mort.

Autopsie le 14 juin. — Les reins très volumineux et entourés d'une gangue de tissu cellulaire induré qui leur adhère, présentent à leur surface de petits abcès faisant saillie ; à la coupe on trouve dans leur intérieur de très nombreux abcès du volume d’un pois ou d’une noisette. Il y a du pus dans les calices et les bassinets.

Le foie ne présente rien à noter, non plus que la rate.

Aux poumons, à droite, atélectasie et carnification du lobe moyen ct

des deux tiers supérieurs du lobe inférieur. A gauche atélectasie portantsur toute la hauteur du lobe inférieur, mais respectant les parties antérieures. Pas d'épanchement pleural.

Le cœur (510 gr.) est un peu augmenté de volume, mais cette augmentation nes’accompagne pas de dilatation dela pointe. L'épreuve de l’eau montre l'absence d'insuffisance aortique ; l'exploration au doigt et l'inspection après l’ouverture montrent également l'intégrité des valvules qui ne présentent aucune végétation, aucune soudure des angles, aucun épaississement et même pas d’état fenétré.

L'aorte thoracique est le siège dans toute son étendue d'un état inflammatire très accusé ; la tunique interne est épaisse, irrégulière, vallonnée, sans plaques calcaires ; pas d’anévrysme ; le calibre est peu augmenté, uniforme.

A l'origine de l'aorte ascendante la lésion atteint son maximum ; peu au-dessus de lorifice aortique, zône d’un travers de doigt déprimée, jaunâtre, limitée au-dessus par un bourrelet annulaire constituant un léger rétrécissemeut sus-aortique. En bas, la lésion s'arrête dans le fond des nids valvulaires par un bourreletsaillant. Les orifices des coronaires sont rétiécis par l’endaortite : celui de l'antéricure est réduit à 2 millimètres de diamètre, tout en restant très apparent. Au milieu de cette zône, à 8 millimètres au-dessus du bord libre des valvules, existe sur la paroi droite de l’aorte une petite saillie semi-lunaire de 2 millimètres de haut, rigide, blanche, saillante, occupant environ le tiers de la circonférence.

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