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CHAPITRE VI

DES TROUBLES DE LA VUE OCCASIONNÉS PAR LES LÉSIONS DU FOND DE l'oBIL DANS LE COURS DES MALADIES DU SYSTÈME NERVEUX.

Je viens de passer en revue toutes les lésions de la sensibilité, de la motilité, de la circulation et de la nutrition, qui se produisent dans le globe de Tœil à Toccasion des maladies du cerveau, de la moelle et des nerfs. Quelle est leur influence sur la vision ? Ces altérations anatomiques sont-elles annoncées par des troubles visuels, et le médecin esl-il conduit à examiner le fond de Tœil par les désordres fonctionnels de la vue? C'est ce que je veux discuter maintenant.

Ou se ferait une idée très-inexacte de Tinfluence des lésions du fond de l'œil sur le sens de la vue, si Ton croyait que» dans tous les cas de maladie cérébrale, les lésions oculaires s'annoncent ou se révèlent constamment par un affaiblissement visuel. Cela n'est vrai que sur un certain nombre de malades. En effet, quand on examine indistinctement, et comme désor-

mais ii faudra le faire» le fond de l'œil à rophtbalfnoscope, chez tous les individus ayant les symptômes d'une maladie du cerveau ou de la moelle, on dëcou* vre souvent sur la papille, sur. la choroïde ou sur la rétine, des infiltrations séreuses, des plaques congestives, des hémorrhagies , des exsudations albuminograisseuses ou piginentaires , et des atrophies partielles qui ne troublent pas le sens de la vue.

D'une autre part, chez des sujets ayant une hémorrhagie cérébrale, une contusion du cerveau, une encéphalite partielle ou une lésion encéphalique passagère avec obnubilation, berlue et commencement d*amaurose, coïncidant avec une lésion du fond de TœiK il n'est pas rare de voir disparaître les troubles fonctionnels de la vision, tandis que persiste encore, à un certain degré, la lésion de circulation du fond de l'œil.

Chez des sujets que j'ai examinés avant de les soumettre aux inhalations de chloroforme poussées jusqu'à l'anesthésie, j'ai constaté Tintégrité de la papille et de la rétine, tandis que, après Tétat de congestion cérébrale et intra-oculaire produit par cet anesthésique, j'ai souvent trouvé une hypérémie du fond de l'œil, semblable à celle de la choroïdite, sans affaiblissement visuel. Chez certains enfants, la lésion a persisté pendant plusieurs semaines et n'a jamais été accompagnée de troubles de la vision.

Ce que j'ai vu dans la c^tigestion cérébrale pro-

duite par le chloroforme, je l'ai également observé à la suite de la contusion du cerveau, de Thémorrhagie cérébrale et de la méningite rhumatismale. Dans ces différents cas, après la période grave, dans laquelle le malade sans connaissance^ ou voyant à peine^ avait offert l'bypérémie choroïdienne^ la dilatation des veines de la rétine et Tinfiltration séreuse péripapillaire, j'ai constaté que ces lésions persistaient pendant très-longtemps après la disparition des principaux accidents, sans se révéler par aucun trouble visuel.

11 en est à peu près de même dans la méningite, oij, sans avoir constaté d'affaiblissement ou de trouble fonctionnel de la vue, j'ai découvert dans le fond de l'œil les lésions caractéristiques de la maladie. On peut donc dire que les lésions oculaires produites par les maladies du système nerveux ne modifient pas toujours d'une façon bien évidente l'exercice de la vision, et en effet, il n'y a que les maladies organiques un peu fortes et très-anciennes qui, produisant le strabisme, l'œdème de la rétine ou l'atrophie papillaire, déterminent la diplopie, l'hémiopie, la berlue, les obnubilations ou l'amaurose h ses différents degrés

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