‹ Du diagnostic des maladies du système nerveux par l'ophthalmoscopieChapitre 29 sur 84 · CHRONIQUE PARTIELLE · texte numérisé non relu

CHRONIQUE PARTIELLE

Ainsi que tous les autres organes, le cerveau peut être partiellement le siège d'une altération de sul)stance par le fait d'une infiltration granuleuse ou graisseuse, par la production de tissu conjonctif consécutive à une bémorrbagie cérébrale, ou enfin par la destruction traumatique, spontanée ou sypbiliti([ue de ses cellules nerveuses.

Un coup ou une cbute sur le crâne; — la fatigue

OPHTUAUfOSCOPIE PANS l'ëncéphalite curoniqur. 223

du cerveau par des travaux intellectuels excessifs ; — Tapplication trop prolongée des yeux sur un travail délicat par sa petitesse; — la propagation lente d'une phlegmasie du nerf optique aux corps genouillés et à la substance cérébrale voisine ; — une embolie cérébrale; — les exostoses du crâne ; — les gommes syphilitiques de la dure-mère ou du cerveau, etc., produisent fréquemment celte forme d'encéphalite partielle, lalenle^ et sans fièvre, qui paralyse un membre, qui détruit un sens ou une faculté de Tintelligence et qui engendre l'amaurose (obs. 103, lOh, 105, 106, 110, 111), la surdité (obs. 112) ou la monomanie ; c'est une variété distincte à mettre à côté de Tencéphalite diffuse caractérisée par rembarras de la parole, le tremblement oculaire et la paralysie générale progressive, dont je parlerai dans le chapitre suivant.

Chez les enfants, Tencéphalite partielle produit Tidiotie (1).

Mais chez l'adulte elle produit, soit la surdité consécutive aux tintements et aux douleurs intracràniennés, soit Tamaurose consécutivement à la céphalée, au strabisme, à la berlue, à la diplopie et à Tinfiltration séreuse de la papille du nerf optique suivie de son atrophie. Je n'ai pas fait d'autopsies de cas de ce genre ; elles sont bien rares; mais LallemauJ, Todd,

(4) Voy. £. Boochut, Traité des maladies de l'enfance; article

22i DIAGNOSTIC DêS maladies OD SYSTÈME NERVEUX.

Graefe, Liebreich, Qualieno, Lancereaux et d'autres en ont fait quelques-unes, ce qui a permis de suivre la lésion du nerf optique jusque dans le cerveau pour constater la disparition des tubes nerveux et Vinfiltration de ce nerf et de la partie cérébrale correspondante par du tissu cellulaire. — Dans ces cas, la lésion se prolonge jusque dans la substance cérébrale sur la bandelette des nerfs optiques, dans la couche, de ce nom, sur les corps genouillés et dans le pédoncule antérieur qui sont également le siège d*une atrophie plus ou moins étendue ; ou bien elle consiste dans une tumeur de la base du crâne, donnant lieu par sa présence à une altération partielle de la substance cérébrale.

Les faits de cette nature sont extrêmement nombreux dans les cliniques d'ophthalmologie de Paris, chez M. Siebel, chez M. Liebreich, chez M. FoUin et chez M. Desmarres, où, sans exagération, il s'en trouve plusieurs par jour. — Tous ces malheureux sont, comme les diabétiques et les albuminuriques, atteints d'amaurose partielle ou incomplète; ils ne savent pas plus qu'ils ont une maladie du cerveau que les autres ne se doutent qu'ils urinent du sucre ou de Talbumine, et, comme ils n'ont que la surdité (obs. 112) ou de Tamaurose, ils s'adressent d'abord au médecin des yeux ou des oreilles. — J'en ai vu un très-grand nombre que par malheur je n'ai pu suivre, car dans ces cliniques externes les malades disparaissent et vont ailleurs.

Ot>HTttALMOSCOPîE DANS L^ENCÉPHAUTË CHRONIQUE. 225

OU, s'ils tombent plus malades, ils entrent à l'hôpital et Ion ne sait pas ce qu'ils sont devenus. Cependant, dans mes visites à Bicélre j'en ai retrouvé deux qui avaient passé par la clinique de M. Desmarres, et qui ont pu, grâce à leur incurabilité, obtenir leur admission dans cet hospice. — L'un deux est mort, et j'ai pu assister à sont autopsie, qu'on trouvera dans le chapitre consacré à l'exposition des troubles oculaires produits par les maladies de la moelle épinière. — D'autres ont succombé dans les hôpitaux, et leurs observations ont été publiées, soit dans les journaux de médecine, soit dans les atlas de MM. Siebel et Liebreich, soit enfin dans un intéressant mémoire de M. Lancereaux sur Yamaurose liée à la dégénération des nerfs optiques. Ces faits sont très-curieux ; je les reprendrai pour compléter ce qui manque à mes observations personnelles.

L'encéphalite partielle, qui porte son action sur la couche optique, sur les corps genouillés et sur le nerf optique, détermine des troubles considérables de sensibilité, de mouvement^ de circulation et de nutrition

oculaires.

Ces lésions existent dans l'œil correspondant à rhémisphère malade, si la destruction de la substance cérébrale occupe la partie antérieure du cerveau ou les environs du chiasma, mais on les trouve quelquefois dans l'œil opposé, si c'est la partie moyenne ou )K)stérieure de l'encéphale qui est désorganisée. (Voyez les observations d'Abercrombie, de Lallemand,

BOOCBUT. 15

deTodd, deBérard, etc., rapportées par Lancereaux Archives de médecine, 1864). A cet égard je dirai que si l'atrophie de la papille résulte, comme le pense de Graefe, d'une altération consécutive à Thypérémie papillaire chroniqne occasionnée par l'obstacle à la circulation du sinus caverneux, cette atrophie doit correspondre à Thémisphère cérébral malade, tandis que si elle dépend de Faction nerveuse amoindrie ou détruite, il faut, par suite de Tentrecroisement des nerfs optiques, qu'elle se produise dans le côté opposé. Quoi qu'il en soit, ces malades éprouvent une céphalalgie frontale vive, continue, très-douloureuse (obs. 96, 101, 103, 104), avec photophobie prononcée (obs. 112); ils ont des vomissements opiniâtres sans fièvre, et leurs selles sont régulières. Pendant quelques semaines, ou constate des paralysies partielles et incomplètes, puis la vue s'affaiblit ; il y a quelquefois du strabisme, de la diplopie (obs. 95, 96, 103, 105 et 106), du uystagraus (obs. 92 et 102), de la berlue, et enfin de Tamaurose avec infiltration séreuse ou atrophie de la papille (obs. 92, 93, 9/1, 98, 100 et suivantes).

Ce sont là des symptômes bien significatifs et qu'une simple maladie du nerf optique ne saurait produire. La céphalalgie, les vomissements, le strabisme et la diplopie sont caractéristiques d'une lésion circonscrite du cerveau ayant une période d'acuité de un à deux mois eQvii:on, aboutissant à un état chronique qui est la perte déûniiive de la vision.

OPHTHALMOSCOPIB DANS L'nfCÉPUALITB GHRQNIQUBi S97

Toutefois, il n'est pas impossible qu'il ne se fasse^ à la suite d'une pblegmasie du nerf optique, une altération de la substance cérébrale, coDïrae cela se produit après une lésion du nerf frontal dans une plaie du sourcil; ou dans les paralysies ascendantes des membres inférieurs de la moelle. Dans ce cas, la lésion gagne de la périphérie au centre, et la marche des phénomènes autorise à croire qu'il en est souvent ainsi. C'est une forme spéciale de l'encéphalite chronique partielle. Au lieu de débuter dans le cerveau, elle commence par un des nerfs optiques ou crâniens, et là dégénérescence, gagnant de proche en proche, arrive aux centres neigeux, qui s'altèrent à leur tour, se congestionnent, s'infiltrent de tissu conjonctif ou de graisse, et donnent lieu à des troubles fonctionnels plus ou moins graves. Ici, dans le cas qui m'occupe, c'est la lésion du nerf optique qui, dans sa marche ascendante, peut s'étendre aux couches optiques et produire une encéphalite chronique partielle et latente.

Voici maintenant quelques-unes des observations que j'ai recueillies dans les journaux de médecine, dans les livres, à l'hôpital ou à la clinique de MM. Liebreich et Desmarres, et je pourrais en ajouter une centaine d'autres, si je ne craignais de grossir démesurément ce volume. — D'ailleurs, ces observations se ressemblant beaucoup et restant incomplètes , faute d'autopsie, il n'y a aucune utilité à les multiplier.

ââS DUGKOSTtC DES liAUt)lES DU ^YSTÊIIB NERV^)^.

Om. XCII. — Encé(dialite chroniqiie partielle. — Kyste séreux do lobe antérieur droit. ^- Atrophie des corps genouillés et des bandelettes optiques. — Atrophie du pédoncule cérébral gaocbe. Double amaurose. — Accès épileptiformes. — Nystagmus. — — - Hémiplégie incomplète avec contracture à gauche. — Chancre il y a huit ans. — Gommes syphilitiques du foie.

Un homme âgé de trente-huit ans entre à la Pitié, dans le service de Becquerel, pour une hémipl^ie incomplète avec contracture du côté gauche, accès épileptiques, et pour une amaurose presque complète, sans aucune altération des facultés intellectuelles.

11 ne distingue pas le jour de la nuit ; les yeux sont fixes, affectés de nystagmus, et les pupilles dilatées. Il est évident qu il y avait là une atrophie des deux papilles.

Cet homme meurt, et on trouve chez lui les traces d'une encéphalite partielle, avec kyste cérébral et atrophie des nerfs optiques jusqu a leur origine dans les corps genouillés et dans le pédoncule cérébral.

n avait eu un chancre huit ans avant ; son foie était œmpli de noj'aux fibro-plastiques, par conséquent c'était une affection syphilitique du cerveau ^1).

(I) Extrait d^uae oh^enntîoii de M. le docteur Lancereaux publiée dans un mdiiioîre $m' famaurtysf ocm^owmSt par te dé^ét^érescemi ém ikrri$ optffiM.

OPHTHALMOSGOPIË DANS l'ëNGËPUAUTE CHRONIQUE. 229

Ois. XCIII. — Encéphalite chronique. -<- Accès convulsifs. — Amaurose. — Atrophie et infiltration séreuse de la papille. — lion. — Tumeur du lobe antérieur de Thémisphére gauche. — Atrophie des bandelettes et des nerfs optiques, surtout à gauche.

Une femme P..., âgée de trente et un ans, couchée à THÔtel-Dieu dans le service de M. Potain, était entrée à cet hôpital pour une affection cérébrale, suite de convalescence d'une fièvre typhoïde.

Après un peu de céphalalgie, il survint de Tamaurose, avec dilatation des pupilles dans les deux yeux, puis de l'amnésie, des vertiges, des accès convulsifs et la mort subite dans un accès.

A Tophthalmoscope, M. Liebreich constate que la papille du nerf optique gauche est étalée, proéminente et grisâtre; les grands vaisseaux, qui sont voilés à son niveau, reparaissent sitôt qu'ils l'ont traversée, avec leurs contours normaux ; les artères sont minces et pâles, les veines au contraire gonflées et tortueuses;

— à droite, la papille, moins saillante et blanchâtre, est atrophiée surtout à sa partie interne. On y aperçoit à peine quelques vaisseaux.

Autopsie. — On constate l'atrophie et le ramollissement des deux bandelettes optiques, et le nerf à son passage dans le trou optique est épaissi. — Atrophie du pédoncule gauche et de la pyramide correspondante ;

— tumeur gélatineuse, vasculaire, semée de foyers hémorrhagiques, formée de noyaux embryoplastiques

330 DIAGHOSTIG DES MALADIES DU STSTÈMB HBRYEUX.

et de tissu cellulaire, remplie au ceutre d'un liquide jaunâtre, et eutonrée de substance cérébrale ramollie (l).

Obs. XCIV. — EDcéphalite chronique partielle à droite. — Amaarose à gauche. — Mort. — Tumeur de la couche optique. — Atrophie du pédoncule cérébral et de la bandelette optique correapondante.

Une femme 6..., couchée au n"* 30 de la salle du Rosaire, à la Pitié, avait eu, huit ans avant, une hémorrhagie cérébrale droite avec hémiplégie gauche, qui disparut à peu près complètement.

Vingt-cinq jours avant son entrée à Thôpital elleeul une encéphalite autour de son ancien foyer d'hémorrhagie cérébrale^ qui lui enleva de nouveau l'usage des membres du côté gauche et qui amena une amaurose incomplète.

La malade mourut au bout de quelques jours, et à Pautopsie on trouva la couche optique droite, le corps strié et une partie du corps calleux occupés par une espèce de kyste, vide, aplati, entouré de substance cérébrale ramollie et dissociée, n'ayant plus ses éléments. — Le pédoncule cérébral droit est atrophié, ainsi que Tétage inférieur de la protubérance et le cordon antérieur de la moelle. La bandelette optique droite est atrophiée, et, au milieu de fibres non altérées, il y a

(4) M. le docteur Laocereaux, exiraii du M$moir$ dté.

OPHTHALMOSGOPIB DANS l'eNCËPHALITB CHRONIQUE. 931

d'autres fibres, qui sont grisâtres, granuleuses, et entremêlées de petits corps granuleux (1).

Om. XCV. — Encéphalite chronique partielle. — Paralysie incomplète du bras droit et du bras gauche. — Prolapsus de la paupière droite. ^- Dilatation de la pupille droite. — Amaurose du même côté. — Induration de la couche optique droite. -^ Aplatissement et ramollissement de la bandelette du nerf optique.

Une femme de trente-deux ans, couchée à THâtel- Dieu, salle Saint-Antoine, n*" 8, avait depuis deux ans une céphalalgie très-vive accompagnée d^un véritable désordre mental. Son état s'était amélioré; mais, il y a un mois, après de nouvelles douleurs de tête, elle eut une paralysie avec contracture du bras et de la main gauches, et une paralysie du bras droit.

Prolapsus de la paupière droite ; hémiplégie faciale à gauche. — Strabisme divergent, amaurose droite, gagnant ensuite l'œil gauche, coma, et enfin mort.

Autopsie. — Atrophie générale du cerveau et du cervelet avec suffusion séreuse des ventricules. — Induration lardacée de la couche optique droite et tumeur rougeâtre vasculaire du corps strié gauche. — Bandelettes optiques molles, aplaties, et ramollissement de la substance cérébrale autour des tumeurs que je viens d'indiquer (2).

(h) M. le docteur Lancereaux, extrait du Mémoire cité. (2) ïbid., idem.

OsB. XCVI. — Encéphalite chronique partielle de rhémisphère gauche avec ramollissement autour d*un kyste vasculaire rempli de sérosité. — Strabisme et amaurose.

Dans cette observation, le malade eut de la céphalalgie, du strabisme, une paralysie incomplète du bras droit, de Tamaurose à droite, et mourut au bout de trois mois (1).

Il avait un ramollissement de la substance du cerveau, à gauche, autour d'un kyste rempli de sérosité, et ici le trouble de la vision indiquait la présence d'une lésion matérielle de l'encéphale.

Cas. XCVII. — Encéphalite chronique partielle ayant produit le ra* moUissement du corps strié à droite, ainsi qu'un peu de ramollissement du corps strié à gauche. — Amaurose.

Dans ce cas, après une sorte d'attaque apoplectique, le malade, âgé de soixante et dix ans, eut, un an plus tard, de la céphalalgie, de la paralysie à gauche, avec amaurose, suivie de paralysie générale et de mort (2).

L'altération de la vision indiquait bien chez lui une lésion oi^anique du cerveau, et il y avait ramollissement complet blanchâtre de la couche des nerfs optiques, du corps strié et d'une partie de Thémisphère

(4) Abercrombie, cité par Lallemand, Lettrei sur Vencéphale,

(2) Lallemand, Lettres sur Vencéplialêy t. I, p. 438.

OPHTHALMOSCOPIE DANS l' ENCÉPHALITE CHRONIQUE. 233

droit. Une altération semblable existait, à gauche, dans la partie supérieure de rhémisphëre.

Obs. XCVIII. — Encéphalite partielle chronique avec amaurose et altération des bandelettes optiqaes constatées à l'autopsie.

Un jeune homme, âgé de vingt- huit ans, d'abord atteint d'accès épileptiforraes, perdit peu à peu la vue de Vœil gauche^ plus tard celle de l'œil droite sans qu'il existât la moindre paralysie du côté du mouvement ou du sentiment, et l'iris resta contractile.

A Vautopsie on trouva dans le lobe antérieur de rhémisphëre droit une large tumeur dure et résistante dans l'épaisseur de laquelle étaient dispersés plusieurs petits kystes ayant le volume d'une noisette. Les bandelettes optiques parurent ramollies, les corps genouillés offraient une coloration noire non habituelle. — Les deux nerfs optiques, examinés au microscope, contenaient de nombreux globules d'huile, et la consistante de l'un d'eux était plus molle que celle de l'autre (1).

Réflexions. — Il est bien évident ici que si Ton avait examiné l'œil à l'ophthalmoscope, on eût trouvé, pendant la vie, une atrophie de la papille indiquant une altération semblable des neifs optiques, et que les accès épileptiques ainsi que l'amaurose progressive gagnant

(4) Todd, Médical TirM$and Cas,, 4853» t. Il, p. 466.

les deux yeux, eussent été l^itimement rapportés à une lésion organique du cerveau.

Obs. XCIX. — Encéphalite chronique partielle avec amauroee

et altération des nerfs optiques.

Il s'agit ici d'un enfant privé des sens de la vue, de Y ouïe, du goûi et de Y odorat. — A sa mort, on découvrit que les nerfs optiques et olfactifs étaient plus minces que de coutume, mais de plus le corps calleux, la voûte à trois piliers, le corps strié et les couches optiques ne formaient qu'une seule masse aplatie, homogène et adhérente aux méninges (i).

Réflexions. — Si dans ce cas différenls symptômes pouvaient annoncer une maladie du cerveau, Tamaurose constatée chez le sujet devait le faire prévoir, et nul doute que si Tatrophie de la papille du nerf optique eût été constatée à Tophthalmoscope, cela n'eût donné plus de précision au diagnostic.

Cm. C. — Encéphalite chronique partielle avec ainaurose. — Destruction des nerfs optiques réduits à leur névrilème.

Un malade, d'abord atteint de céphalalgie violente, suivie d'accès épilepti formes, puis d'amaurose, mourut presque subitement à la Pitié, en 18â/(.

 Yautopsie on trouva les deux lobules antérieurs

(1) Treviranut, Joum, compL du Diet. dês iciencei mêdica/n.

OraTHALMOSGOPIB DANS L ENCÉPHALITE CHRONIQUE. 235

du cerveau confondus, indurés à leur partie interne antérieure et externe. — Les nerfs olfactifs étaient détruits, et les nerfs optiques réduits à leurs canaux névriléinatiques(l).

Obs. Cl. — Encéphalite chronique partielle.

Un homme, âgé d'environ quarante ans, fut atteint, après plusieurs affections syphilitiques, de céphalalgie, de cécité, d'aliénation mentale, d'accès épilepti formes et de paralysie daus le côté droit, — Il mourut.

A Yautopsie on trouva à la partie antérieure de l'hémisphère gauche quatre tumeurs du volume d'une noix, et les nerfs optiques, réduits à la moitié de leur volume, étaient tellement mous, qu'on les brisait en les touchant (2).

Réflexions. — Ici encore, je ne puis que regretter l'ignorance où l'on était alors de l'ophthalmoscope, car nul doute qu'on n'eût découvert l'atrophie de la papille optique, et que cette observation n'ait ajouté à la certitude qu'on pouvait avoir relativement à l'existence d'une lésion de Tencéphale.

(4) p. Bérard, Journal de phyiiohgie expérimentale t 4821», l« V« p. 47.

(2) On troQvera des exemples semblables dans la Nouvelle Biblio^ ihèque médicale, Bayle et Rergaradec; dans les Transactions philo^ sopkiquês^ par Tyson, t. Ill, p. 87.

S36 DUGKOSTIC DES MUADIES DO STSTÊHE NEBVEVX.

On. Cil. — Encéphalite cimMiqne partielle. — Airopbie delà pspille ei de la choroïde. — Tacbes pigmenuires. — Nystagmos.

t'n homme âgé de quarante-six ans se présente à la clinique de M. Desmarres, le 15 octobre 1863, pour une amaurosc dafant de près de dix-huit mois. Il a d'abord été pris de quelques maux de tète, puis de diplopie pendant deux mois, et sa vue a baissé. Aujourd'hui il ne voit plus rien, et ne peu) même pas se conduire.

Il n'a plus mal à latèle, ilcnlend bien, mais depuis un mois il a de l'embarras de la langue et peut à peine parler. Aucune autre paralysie. Depuis quelque temps il a de l'engourdissement dans les mains, mais il n'y a aucun trouble des fonctions.

Œil droit. — Nystagmus; quelques opacités dans la capsule du cristallin ; innombrables taches de pigment sur la rétine; plusieurs plaques blanches irr^ulières d'atropbie chroïdienne ; atrophie de la papille et des vaisseaux.

(Viil gauche. ■— Atrophie de la papille sans atrophie choroïdieune, ni pigment de la rétine.

Om. cm. — Encép--*''- -'■—' ■=-"- ••-- '^ ' *■"■-

Céphalalgie inten»

— Amauroge et îr:

c&lé.

Mudame Derci

OPâttlAtllOdCOPIE DANS L^ENCÉfilAUTË CHRONIQUE. 23?

clinique de M. Desmarres, le 13 octobre 1862, pour se faire traiter d'une amaurose. Elle avait été prise, il y a six mois, de vives douleurs de tète avec strabisme divergent à droite, de diplopie, et un peu plus tard sa vue a notablement diminué. ~ En ce moment, elle a un iritis à droite, ayant déterminé des adhérences à la partie inférieure de la pupille, et il y a une atrophie notable de la papille à droite.

11 n*y a eu ni perte de connaissance, ni paralysie, et la santé serait bonne sans une exoslose du front, des douleurs ostéocopes nocturnes, une ulcération de la voûte palatine et des amygdales, enQn, sans une altéra* tion très-prononcée de la voix.

Obs. CIV. — Encéphalite chronique partielle. — Atrophie de la papille. — Rétinite pigmentaire. — Hémiplégie faciale.

Le 20 septembre 1862, vint à la clinique de M. Desmarres le nommé Chapelle, âgé de soixante-deux ans, berger, malade depuis six semaines.

Cet homme qui n'est pas buveur, mais qui fume beaucoup, a été pris, il y a six semaines, d'étourdissements très-fréquents, deux à trois fois par semaine, de douleurs très-vives de tète, au front, dans l'œil et sur le nez. Ces douleurs ont été suivies de diplopie avec affaiblissement de la vision. — La vision a continué de s'affaiblir, puis il y a eu paralysie du côté gauche de la face, sans paralysie du reste du corps. .

238 DIAONOSTIC DBS MALADIES DU STSTÂME IfBAVBUX.

L'œil droit présente une rétinite pigmentai re et un commencement d'atrophie de la papille. L'œil gauche a une taie de la cornée depuis vingt ans. — Aucun trouble de l'estomac ni des membres. 11 y a seulement de la constipation.

Réflexions. — Je ne sais si Tinfluence du tabac a^té pour quelque chose dans les accidents éprouvés par Chapelle, mais cela est douteux, à cause de la paralysie faciale qui a existé chez lui. La marche des accidents, leur début par de la céphalée, suivie de diplopie et d'hémiplégie de la face, indiquentplulôt une lésion organique des corps genouillés et des couches optiques du côté droit, ce qui est d'ailleurs confirmé pat' l'atrophie de la papille.

Obs. CV. — Encéphalite chronique partielle. — Strabisme. — Amaorose. — Atrophie des deux papilles.

Le 16 septembre 1862, j'ai vu à la clinique de M. Desmarres le nommé Tissier, âgé de cinquantedeux ans, cocher, qui m'a dit ne pas boire avec excès et ne pas fumer. Il est malade depuis un an.

Au début, il y a eu strabisme subit par paralysie de la sixième paire gauche. Cet état a duré trois semaines, puis la vue est restée faible et s'est aflbiblie au point de disparaître. Elle est presque nulle depuis cinq mois. \\ a des maux de tète, de la lourdeur au

OPHTHALMOSœPIE DANS L'ENGÉPUAtiTÉ CURONIQUB. 239

front et de la chaleur au sinciput, ayec des élancements aux tempes. Il a des nausées après le repas, de la Faiblesse des membres inférieurs et du membre supérieur gauche.

Dans les yeux, examinés à ropbthalmoscope , on constate une double atrophie de la papille.

Réfleœions. — La céphalalgie, le strabisme, la diplopie, rhémiplégie incomplète et Tamaurose indiquent évidemment chez ce malade une lésion du cerveau, produisant Tatrophie du nerf optique et de la papille.

Ob8. CVI. — Encéphalile chronique pariielle. — Amaurose. — Surdité. — Anesthésie. — Faiblesse et fourmillements des membres. — Douleurs musculaires. — Atrophie de la papille. '

Bernard, âgé de trente-cinq ans, terrassier, malade depuis deux ans. s'est présenté à la clinique de M. Desmarres, le 17 septembre 1862.

Cet homme, buveur et fumeur, a eu des douleurs de tête, puis du strabisme pendant quinze jours, et tout à coup il a cessé de distinguer les objets pour voir du brouillard et des nuages bleus, blancs et rouges. — Depuis lors, il n'a cessé d'avoir des douleurs vives dans toute la tête, et surtout à l'occiput, des engourdissements, des fourmillements et des crampes dans les pieds, de la faiblesse dans la marche, des douleurs aiguës dans les membres, dans les reins, dans le dos,

S&O DIAGNOSTIC DBS BtALADtËf; DU STSîiHB HfiaVEOt.

dans les bras et jusqu'au bout des ongles. — Il a de Tanesthésie partielle et de la surdité à gauche avec bruit de flot d'eau intermittent dans l'oreille. — Pas de nausées, bon appétit, amaigrissement et constipation. — Pas de paralysie ni de convulsions. — Le malade ne voit que du brouillard et il a une grande pesanteur sur le front.

Atrophie des deux papilles, plus marquée à droite qu'à gauche.

Obs. CVII. — Encéphalite chronique partielle. — Hémiplégie, incomplète. — Diplopie. — Hydrophthalmie et infiltration séreuse de la papille droite donnant lieu à Tamaurose.

Madame Toulier, âgée de cinquante-cinq ans, a été prise, il y a six ans, de douleurs de tète et d'hémiplégie incomplète progressive à gauche; au début, il y a eu de la diplopie pendant un mois, suivie d'aroaurose à droite.

Aujourd'hui, 2& septembre 1863, le mouvement des membres est revenu, mais il reste une amaurose de l'œil droit. — C'est alors que je la vis ù la clinique de M. Desmarres.

Cet œil est plus gros plus et tendu que l'autre ; — ou constate une inûltration séreuse de la papille, surtout au côté externe, dont les bords sont indistincts.

Les vaisseaux dilatés au centre se perdent sur la circonférenco inPiltrée de In papille et se revoient plus loin sur la rétine.

OPHTHALMOSGOPIB DANS l'bNCÉPHALITB CHRONIQUE. 2&1

Réflexions. — Des phénomènes de congestion cérébrale ont ici commencé la série des accidents, qui s'est terminée par de Tamaurose et par une infiltration séreuse de la papille, indiquant une gêne de circulation cérébrale en rapport avec une lésion organique.

Om. CVII. — CoDgesUon cérébrale. — Paralysie partielle, afifoiblissement de vision. — Atrophie de papille.

Le 23 septembre 1862, vint à la clinique de M. Desmarres le nommé X..., souffleur en verre. Cet homme a eu des étourdissements en 1861, puis, sans perte de connaissance, une paralysie incomplète du membre supérieur droit , qui a duré six mois et qui a disparu par des vésicatoires volants. — Â cette époque aussi sont venues de vives douleurs de tête, sur le front, sur Tœil et à la racine du nez, puis, sans avoir effort de diplopie, la vue s'est affaiblie. - Il ne voit plus que du brouillard.

Congestion de la papille à droite; — atrophie commençante de la papille à gauche.

Réflexions. — Chez cet homme, il est évident qu'une congestion cérébrale, caractérisée par des étourdisse* ments et une paralysie partielle du bras droit, a été le point de départ des accidents. C'est alors que la vue s'est affaiblie, et que rophtbalmoscope permettant de constater une congestion papillaire d'un côté et un

21|2 DIA.'QNOSTIC 0ES MALA^DIES DU STST^B HERVBUX

commencement d'atrophie de l'autre, ont pa &ire diagnostiquer une encéphalite partielle.

Ob8. CVIII. — Encéphalite chronique partielle. — Flexnoiités des veines de la rétine. — Infiltration séreose de la papille.

Aline (Joseph), âgé de trente-cinq ans, cultivateur au IHessis-Bouchard, malade depuis vingt mois, a été pris tout à coup, sans cause connue, de douleurs de tète avec vomissements continuels, selles régulières, sans fièvre. — Un vésicatoire volant a été appliqué sur la tempe. — Cela a duré deux mois, et le malade n'a pas pris le lit. Alors la vue a commencé à baisser. — fl n'y y a jamais eu de paralysie, de convulsions, de crampes, de somnolence, ni d'anesthésie. — Il vient à la clinique de M. Desmarres, au mois de septembre 1862.

Le malade voit mieux le soir que le jour, il voit trouble, et jamais double. Ses yeux ne sont le siège d'aucune douleur. — On y trouve une surabondance considérable de vaisseaux veineux, dont quelques-uns sont très-flexueux. Les bords de la papille sont masqués par une infiltration séreuse et endue.

Réfleaoions. — Des douleurs de tâte, dfis vjMQissements cérébraux sympathiques et une amaurcae avec infiltration séreuse péripapillaire et avec flexuosité des veines de la rétine, indiquent ici, d'une façon non équivoque, une phlegmasie chronique partielle du cerveau«

OPHTHALMOSOOFU 0AN8 L'SMGifniMJTS fiWONIQIJfi. 3^3

Om. CIX. •*— BiciiphiHte parMIe chronyp^ oiite de congaBtion céfébwla. '^ kmmmt) ccm^tiy»* ^ fliLcavatiûD de in papille avec commencement d*atiq;>hie.

Moreau, ftgée de cinquante-peuf ans, non réglée de** puis sept ans, yient à la clinique de M. Desmarres, le 30 septembre 1862. Elle a eu, il y a un mois, un coup de sang qui lui a fait subitement perdre connaissance pendant cinq heures et qui ne lui a laissé aucune paralysie ni aucun désordre de la santé. Elle a été saignée le lendemain, et depuis lors sa vue s'affaiblit, elle ne peut plus lire et voit à peine à diriger ses pas. — Il n'y a chez elle aucun autre trouble de santé.

Au moyen de Tophthalmoscope on constate un commencement d'atrophie de la papille gauche, avec excavation centrale. — Il y a en outre quelques stries d'opacité cristallinienne,

 droite, excavation commençante de la papille, qui est blanche, peu vasculaire> et sur laquelle on constate un peu d'atrophie.

Réflexions. — Chez cette femme, une congestion cérébrale aiguë, suivie de perte de connaissance, a été également suivie d'altération de la substance du cerveau et des nerfs optiques, de façon à produire Tatrophie de la papille.

2&& 91AGN0l?nG DES MALADIES DU SYSTÂME NEEVEUl.

Ow. ex. — Encéphalite partielle — Congeelion cérébrale. — Hémiplégie. — Perte de la vision. — Atrophie de papille.

Le 22 septembre 1862 vint à la clinique de M. Desmarres le DOCDDié Guillot, âgé de cinquante-deux ans, malade depuis dix-sept mois. — Il a eu des étourdissements sans douleurs de tète, et trois attaques de congestion cérébrale, avec perte de connaissance sans paralysie, puis, sans nouvelle attaque, une hémiplégie subite à droite pendant deux mois. La vision s'est alors peu à peu affaiblie, et aujourd'hui elle est presque nulle. Il n'y a plus d'hémiplégie, et il n'existe aucun trouble dans les fonctions, ni surdité, ni céphalalgio. ni insensibilité partielle. — La santé est binme» mais la vision est à peu près abolie.

Jle constate une double atrophie de la papille.

Hèfîe.vii^'^s. — Tivis attaques d*apoplexie, puis, un jHHi plu> tAr\l^ ui.v hi mipîtyie à droite, suivie d*amaurvv5*\ Ku \v ;U ivric$ As>e* ^vHir indiquer un ramollisî^niuHil cluv^uvjuo via ivr\t\iu. ou, si Ton veut, une ciH\^>h>A.uc |vArt:\\> viu iV<e fji^che, avec altération vv U sut\s:ji*,\v vk>^ v.r& Cv::v;,>,^ S;l r avait eu le Hv-;vix^ vVA.,v\ '-A cvrcsua,xc c-v' ratrv>phie des pa-

OPHTUALMOSCOPIB DANS l'eNGÉPHALITE CHRONIQUE. 2&5

Obs. CXI. — Encéphalite chronique partielle. — Double amaoroae et double atrophie de la papille do nerf optiqoe.

Madame Tanquio, âgée de cinquante-trois ans, venue le 16 septembre 1862 à la clinique de M. Desmarres, est malade depuis cinq ans. — Subitement affectée par une douleur delà main gauche, avec affaiblissement de samotilité, gênée par un brouillard épais situé devant Tœil, et par un prolapsus tel de la paupière supérieure gauche, qu'elle avait besoin du doigt pour la soulever ; elle avait de vives douleurs de tête à la racine du nez. — Elle n'a pas eu autre chose ; — au bout d'un mois, la paupière s'est relevée, et depuis lors Tafiaiblissement de la vue a augmenté à tel point que la malade ne voit plus que de très-gros caractères. — Pas de paralysie, ni de fourmillement, ni d'anesthésic dans les jambes. — Toujours des douleurs de tête au-dessus du nez, et il n'y a rien de particulier, pas plus dans les membres supérieurs que dans les fonctions viscérales et dans les autres organes des sens.

A l'ophthalmoscope, je constate une double atrophie de la papille, surtout à gauche, où existe en dehors une petite zone mince, blanchâtre, due à un cercle d'atrophie scléroticale.

A droite, il y a une U gère excavation au centre de la papille avec déviation des vaisseaux sur le côté exleriie, à l'image reuvers'je.

â&6 DlitGNO^MC MB MAlAmES DU SïSrÈÊÊB lUTIOX.

Réflexions. — L'atrophie des deux papilles succédant à Doe parKl^sie partMle de k face cA du bras gauches, ainsi qu^fl ixhe atnaurose coasécutiTe à de vives douleurs de tête, indiqua ici nettement une maladie du eerveiiif , et probablefnent une encéphalite chronique pftftielte*

0». CXII. -^ Rncéphaffte parlMle elifoiiiqae. -^CèfitïtMglle^

amauose. — Atropliie de la papille.

Le 49 septembre 1862 est venu à la clinique de M. Desmarres le nommé Horeau, âgé de soixante-deux ans, arquebusier, malade depuis cinq mois, et subitement pris de douleurs de tète, du front, du nex, du cou et des bras, avec un peu de surdité. — Il n'y avait pas de paralysie, mais seulement des engourdissements des membres.

A Tophtalmosçope, on constate un commencement d'atrophie de la papille dans les deux yeux.

Cm. CXI il — Encéphalite chronique partielle; suite d*mi érys^ièle du cuir chevelu. — Double amaorose et double atrophie de la papille.

Le 18 septembre 1862 est venue, à la clinique de ML Desmarres, la fille Cultur, âgée de quatorze ans. — Elle avait les yeux faibles depuis trois mois, lorsqu'elle fut prise d'un érysipèle de la tète avec violent délire, et à sa guérison elle avait une amblyopie com-

OPHTflALMOSGOflE DANS l'BUCÉPHALITB GHROlfIQOE. 2{|7

plète aveo douleurs permanentes de la tète à la région frontale.

A rophthalmoscope, on constate une double atrophie de la papille.

Réfleœions. — Dans ce cas, il est probable que l'atrophie des deux papilles indique une maladie des nerfs optiques et du cerveau, occasionnée par la méningoencéphalite, compliquant uu grave érysipèle de la tète. Le délire a été symptomatique d'une phlegniasie aiguë de l'encéphale, et l'auiaurose observée au moment de la guérison de cette enfant est certainement l'effet de la lésion du cerveau. — Sous ce rapport, l'ophthalmoseope levant toute incertitude relativement à la lésion des nerfs optiques, lève aussi tous les doutes qu'on pourrait avoir sur Texistence d'une encéphalite chronique partielle latente.

Obs. CXIV. — Kncéphalite chronique partielle. — Strabisme. —

Surdité. — Atrophie de la papille.

Le 18 septembre 186â est venu à la clinique de M. Desmarres le nommé Alexandre, âgé de trente-muf ans^ chauflTenr, malade depuis un an. — Douleurs vives de toute la tète ; un peu de surdité, rien dans les membres ni dans les viscères; un peu de strabisme, et il se plaint surtout d'un affaiblissement subit de la vue, qui a augmenté au point de l'empêcher de distinguer le jour de la nuit.

â&8 DIAGNOSTIC DES MALADIES DU SYSTÈME NBEVEUX.

Je constate une atrophie des deux papilles avec es< cavation centrale dans les deux yeux.

Obs. CXV. — Encéphalite chronique avec épîlepsîe et hémiplégie gauche datant de plusieurs mois. — Atrophie d*une papille.

Midorge, âgée de neuf ans, entre dans mon service le 9 avril 1863, au n» 10 de la salle Sainte-Marie (Enfants malades). Elle est malade depuis plusieurs années, et avec une hémiplégie incomplète, elle a des attaques d'épilepsie assez fréquentes.

Œil droit. — Papille nette, vaisseaux distincts, choroïde un peu pâle.

Œil gauche. — Papille infiniment plus petite et plus blanche que du côté droit, vaisseaux peu dilatés, infiltration légère de pigment dans la choroïde.

La vue est un peu trouble, mais Tintelligence est si obtuse qu'il est impossible de savoir si un œil est meilleur que l'autre.

Hémiplégie gauche incomplète permettant la marche avec claudication, et laissant l'usage du membre supérieur.

Atrophie et abaissement de température du côté malade.

De temps à autre, attaques épileptiques violentes très-caraclérisées.

Réflexions. — Chez cette enfant, que j'ai eue long-

OPHTHALMOSGOPIE DANS L ENGÉPHAUTB CHRONIQUE. 2/^9

temps dans mon service, il y avait un commencement d'alropbie de la papille gauche, indiquant bien qu'une encéphalite chronique partielle était la cause de l'hémiplégie et des attaques épileptiques.

0»8. CXVI. — Encéphalite partielle chronique. — Amauroae.

Atrophie de la papill&

Le 7 septembre 1862 est venu à la clinique de M. Desmarres le nommé Marraine, âgé de quaranteneuf ans. Cet homme a eu, il y a sept ou huit ans, une congestion cérébrale pendant la nuit. Le matin, au réveil, sans avoir eu de perte de connaissance, de convulsion, de paralysie ni de somnolence, il a vu trouble, puis double pendant sept mois, et il a guéri. — Depuis six mois, il cesse peu à peu de distinguer les objets, et Ton constate chez lui une double atrophie, avec forte excavation de la papille, qui est la conséquence d'un travail morbide d'encéphalite partielle latente autour d'une ancienne hémorrhagie cérébrale.

Om. CXVII. — Encéphalite chronique partielle, suite de nicotisme.

Commencement d*atrophie papillaire.

Le 43 septembre 1862 vint à la consultation de M- Desmarres le nommé Janson, âgé de quarante-cinq ans, employé qui fume pour quatre sous de tabac par jour, mais qui ne boit pas. — Il n'a pas eu de syphilis.

i50 MACmOSTIC Des maladies du système IfERVEDX.

— n est Budacle depuis deux mois. — Dans la nuit il a été prisd'ainaurose» et au réveil il pouvait à peine écrire et voyait tout trouble. — Depuis ce temps il y a eu de la pesanteur au front, de fat faiblesse des jambes, du froid aux pieds et aux mains, et de temps en temps chaleur intérieure de ces parties. — Fourmillements aux pieds et aux mains.— Rien aux oreilles. — Ânesthésie incomplète aux membres supérieurs.

Au début il n'y avait rien d'apparent dans rœîl, mais depuis huit jours la papille est à demi atrophiée, pâle, décolorée sur la face interne, et les vaisseaux ne sont point déviés de leur direction naturelle.

On. CXTIII. — Encéphalite pirtielle latente avec hydrocéphalie chronique. — OphUiafanoaoopîe.

Lefibd'un de nos confrères, ML L r, âgé de six

mois, tombé de son berceau à six semaines, et pris de convulsions pendaut plusieurs jours, est resté, à la suite de cette maladie, dans un état d'hébétude considérable. Il reconnaît peu sa nourrice et reste indifférent à ce qui l'entoure. — Sa tète est volumineuse; il n'a pas de dents; il y a strabisme divergent avec bydrophthalmie à gauche; aucun membre n'est paralysé.

OEU gauche. — La papille est nette, entourée d'une large couche de pigment, et les vaisseaux nombreui sont dans un état de dilatation considérable.

Œil droit. — Il n'y a point de pigment autour de

oPHTHAiJfosGonB dahs l'bncéphalitb gbboniqub* ffîl

sa fiapille, qui est nette, et les varsseaux sont pea dé« ipddppés.

Cet enfant est mort à Fàge d'un an.

Réfieamms. — Cette observation pourrait aussi bien figurer dans le chapitre de Thydrocéphalie chronique que dans celui-ci; mais comme une chute sur la tôte a été le point de départ des accidents, et que sans nul doute il y a eu d'abord une phlegmasie consécutive à la contusion du cerveau, je Tai placée au milieu des faits relatifs à l'encéphalite chronique. — l/hydrophthalmie et la dilatation des veines rétiniennes indiquaient sufiBsamment Texistence d'une lésion organique.

Ois. C^IX. — Encéphalite chronique partielle, suite de contusion du crftne et du cenreau. — Infiltra^n séreuse partielle de la

Cette observation, publiée sous le titre de ratTiottîssemerU cérébral aigUy me parait beaucoup plutôt appartenir à l'encéphalite chronique. — En effet, la maladie a succédé à une contusion du crâne, produite dans une chute sur le sol ; elle s'est développée lentement, et elle a mis trois mois et demi à atteindre son plus haut degré d'intensité avant de faire périr le malade.

« Un domestique, âgé de vingt-sept ans, est renversé

(4) Observation publiée par M. Gayet dans V Union médicale du 27 juin 4865.

252 DUGifosnc des maladies du ststèmb nerveux.

à terre par un cheval qui lui échappe, et la frayeur encore plus que le mal détermine, dans la nuit même de Paccident, un tremblement général de plusieurs heures et des cauchemars relatifs à cet accident. Sa santé s'altère, la vue se trouble, bourdonnements d'oreilles incessants qui gênent Touïe.

oA son entrée à THêtel-Dieu de Lyon, salle Saint- Louis, u"* /i9, service de M. Gayet, deux mois et deaii après, ce garçon a tout Tair d'un amaurotique, il marche la tête levée et les yeux dirigés en haut. Ses bourdonnements d'oreilles reviennent toujours d'une manière intermittente, ses réponses sont lentes. Céphalalgie très-intense, constipation opiniâtre, intelligence parfaite, sans faiblesse ni tremblement du corps.

»0n était donc conduit naturellement dans ce cas à Texamen ophthalmoscopique. L'œil droit présente un milieu parfaitement transparent, papille très- nettement visible, plus grosse qu'à Tétat normal, d'une teinte moins rose; ses détails n'apparaissent plus; les vaisseaux sont atrophiés et même voilés en quelques points.

«Même aspect de la papille dans l'œil gauche; plus en haut et en dehors (image renversée) se distingue un léger nuage gris masquant le bord papillaire ainsi qu'un groupe de vaisseaux se dirigeant dans ce sens. C'était un œdème papillaire avec exsudations, symptômes d'une névrite du nerf optique et l'image se rapportant trait pour trait à une affeclion dessinée dans Tatlas do M. LiebrtMch, et signe d'exsudaliou de la base

OPUTBALMOSCOPIE DANS l'eMCËPHALITE CHRONIQUE. 253

25/i DUGMOsnc DE6 MÂLAmEs DU st9tAmb moivrax.

marque aucune léBÎon au niveau des ooaches optiques, des tubercules quadrijunieaux, non plus qu'aux environs de Torigine du nerf auditif. Un léger aplatissement du nerf optique du ctAé droit attire seul l'attention.

v>En résumé, rien qui puisse expliquer les lésions du giobe oculaire et les troubles de l'ouïe, tandis que Ton trouve des lésions assez étendues et qui coexistaient cependant avec une intégrité parfaite de Tintriligeoce et une absence complète de toute paralysie (I). »

Obs. GXX. — Bncéphalite chroniqae partielle. — AtropUê iBoomplète des nerfs optiquee .

Paul Hurbes, âgé de dix ans, entré le 10 juillet 1865 au n' &2 de la salle Saint-Jean, à l'hôpital des Enfants malades.

Cet enfant a été pris, il y a trois ans, de oontulsions qui se sont reproduites très-fréquemment pendant trois ou quatre mois, et qui étaient accompagnées d'hébétude, de fièvre, mais sans vomissements ni rétention des matières fécales.

Depuis lors Penfant est resté dans un état d'affaiblissement intellectuel très-marqué et n'a jamais pu se tenir debout tout seul.

n ne parle pas. Ses mouvements sont mal coordonnés, n ne se tient pas debout, mais il n'a point de

(4 ) société éeê mmncm méiic. et Gatêtte médUeaie de L^m^ 4145.

OPHTHALIIOSGOnB DANS LBfCCÉPflALITE GBMOmQUB. 255

paralysie. La seDsibilité est intacte. Il boit et mange bien, mais il urine et fait sous lui.

La figure exprime de l'hébétude. L'enfant comprend à peine.

Sa tète est très-petite. Il Toit, mais il est trës-difBdle d*appFécîer la netteté de la yision.

A fophtiialmosoope, on constate un aplatissement et vue diminution de volume de la papilte droite, qui pfésente au cèté externe un liséré de pigment très-noir.

ËHe est très-blanche, et les vaisseaux sont fort petits.

 gauche, la papille est également aplatie, peu vasculaire, très-pàle, mais un peu plus colorée qu'à droite.

Réfleœians. — Des convulsions dont la cause est restée inconnue sont ici le point de départ des accidents. Il est probable que, sous leur influence, il s'est fait une congestion cérébrale permanente ayant produit Taltération de la substance cérébrale, et un arrêt de développement caractérisé pai* de la microcéphalie et l'atrophie des nerfs optiques.

Ob8. CXXI. — Encéphalite suite de cootuâon du eenreau. — C6lAialalgîe, amanrofle isunédiate. — Ophthalmoscopie dôme «as après TacddeiiL — Atrophie dn neif optiçie. — Cas rare de pigment dans la papille (4 ).

Remarques préliminaires. — Dans cette observation il est dit que la malade, renversée par une voiture,

(4) liebieich, Annaies d'ocuHUiçue.

256 DIAGNOSTIC DES MALADIES DU SYSTÈME NEaVEUX.

n'a eu aucune commotion de la tèle. — Cela me parait bien difficile à croire. — En effet, presque aussitôt après sa chute, la malade souffre de la tète, cesse de voir, perd connaissance, reste quatorze jours dans cet état, et quand elle revient à elle la vision est irrévocablement perdue. — De tels phénomènes, après une chute, ne viennent que d'une contusion du cerveau suivie d'encéphalite ou d'une contusion de la moelle, dont l'action oculo-pupillaire peut occasionner l'amaurose. — Après ces réserves, je rapporte TobservatioD.

Observation. — «Marie T.,., âgée de trente-deux ans, avait, il y a douze ans, à l'époque précise où ses menstrues étaient apparues, été renversée par une voiture, qui cependant ne lui avait occasionné, à son dire, aucune commotion à la tète. La suppression de la menstruation, de violentes douleurs de tète et la diminution de la vue l'avaient fait conduire à rhôpilal, où elle avait perdu conscience d'elle-même. Au bout de quatorze jours, quand elle était revenue à elle, il ne lui restait plus aux deux yeux qu'une faible perception de la lumière, et, trois jours plus tard, cette faculté était même entièrement perdue.

« L'opbtbalmoscope indique dans les deux yeux une atrophie complète du nerf optique et une pigmentation abondante de ce nerf. L'atrophie peut être reconnue par la coloration, d'un blanc de chaux, des parties non pigmentées, et par l'accentuation trop grande des li-

OPfitttALMOSGôMÊ DAKâ L'BNClh>âALttfi CHRONtQOE. Ûhl

mites de la papille. Aucune excavation pathologique de celle-ci n'a pu être démontrée. L'excavation aux alentours du point d'émergence des vaisseaux est un phénomène physiologique. Les vaisseaux de la rétine ont presque leurs dimensions normales : les artères sont peut-être un peu plus déliées. (La ténuité des vaisseaux de la rétine n'est nullement en rapport direct avec Tatrophie de la papille, mais varie considérablement suivant la cause de ratrophie.)En outre, les ramifications les plus déliées possèdent à peu près leur diamètre ordinaire, comme on peut s'en convaincre en observante, fy g, de la figure ci-dessous (1); et parmi ces ramifications très-déliées qui pénètrent dans la macula lutea^ on peut en suivre quelques-unes jusqu'au foramen centrale. Au contraire, on reconnaît sur certains vaisseaux isolés (notamment g et k) le signe caractéristique de l'état d'atrophie de la rétine et du nerf optique, dans la présence de ces petites lignes blanches, placées des deux côtés des vaisseaux, qui proviennent de l'augmentation du tissu cellulaire environnant.

x> La pigmentation est toutefois différente dans les deux yeux. La figure montre l'image droite du fond de l'œil gauche. Le pigment y est étendu à gauche, en haut et à gauche, en bas du centre, dans le tissu fortement réflecteur qui y a pris la place de la substance

(4) Celte figure a été égarée, et noas avons dû nous en passer pour ne pas arrêter Timpression de notre livre.

BOUCBDT. 17

nerveuse. Il lui donne une coloration uniforme, tout au plus un peu striée, d'un gris d'ardoise presque noir, plus foncée en haut. Les vaisseaux qui pénètrent dans le tissu se trouvent ainsi masqués; telles sont les veines a et k. Entre Tarière i, placée à la surface et entièrement libre, et la veine A:, qui se trouve en arrière, on voit passer le pigment. A droite du centre, c'est-à-dire dans la moitié externe de la papille, le pigment se trouve accumulé encore plus à la surface, en groupes de points, d'un noir foncé, très-fins et trèc^faciles à isoler. Ils s'étendent en dedans jusqu'aux limites de Texcavation physiologique, et ne touchent que tout à fait en bas aux limites extérieures de la papille. Ce petits points très-fins correspondent probablement à des cellules isolées, qui auraient alors en moyenne te volume de l'épithélium cboroïdien, mais qui doivent contenir un pigment beaucoup plus foncé, comme on peut le conclure de l'intensité de leur coloration noire relativement à leur faible grosseur. Us équivaudraient donc à peu près aux cellules qui se développent dans la rétinite pigmentaire.

» Dans la papille de l'œil droit, la coloration est peu étendue. Elle se borne à une tache triangulaire dont la grandeur est à peu près du quart de la papille, et dont un des sommets s'étend un peu au delà des limites de celle-ci, ce qui n'a pas lieu pour Tœil gauche.

Réflexions de M. Liebreich. — « Une question se

opQTHÀUiosGOPfE DANS l'bncëppalitb gbeoniqub, 969

présente d'abord, celle de savoir si pette pigmentation est de nature pathologique, ou si, en admettant sa préexistence relativement h l'atrophie du nerf opti* que, on doit la considérer comme une anomalie anatomique congéniale. Un seul cas ayant été décrit jus-r qu'ici d'une pareille anomalie, on ne peut naturellement tirer, des variétés de forme et de groupement du pigmept, aucune conclusion relative à cette question. Il est, au contraire, très-important de prendre ici en considération la pigmentation générale de Tœil. Dans le cas physiologique indiqué, la pigmentation du nerf optique était accompagnée d'une pigmentation surabondante de la presque totalité de l'œil, du moins de l'iris, de la choroïde et de la sclérotique. L'iris paraissait d'un brun si foncé, presque noir, que l'on ne pouvait déterminer les limites de la papille qu'en y r^ardant de très-près. Autour de la cornée, à quelque distance de sa périphérie, la sclérotique était parsemée de taches d'un gris foncé tournant au violet; la choroïde était d'une couleur si foncée que, par un éclairage simple avec l'ophthalmoscope , la papille paraissait à peine éclairée, surtout lorsque la vue était dirigée sur la macula lutea^ qui paraissait presque noire.

» Dans le cas que nous examinons ici, il existe au contraire une pigmentation très-modérée du fond de l'œil relativ^plent à la pigmentation de Tindividu (cheveux noirs, yeux bleus). Les cellules épithéliales pos-

260 DIAGNOSTIC DEâ MALADIÊâ DU StSTÊHfi KfiRVtdt.

sèdent un assez haut degré de pigmentatioD. Leur pigment est un peu éloigné des parois des cellules et se trouve disposé autour du noyau , de sorte que les points isolés qui donnent au fond de Toeil son grain particulier peuvent alors plus facilement être reconnus isolément, au moyen de l'ophthalmoscope. Vers le pôle postérieur, notamment dans l'étendue de la macula luiea même, ils sont un peu plus foncés : vers la périphérie du fond de l'œil, surtout dans les environs de Téquateur, au contraire, la pigmentation est un peu plus faible, et partout on entrevoit les vaisseaux choroïdiens; dans les parties centrales du fond de Tœil, ils sont séparés les uns des autres par des interstices inlervasculaires d'un gris faible, à la périphérie, ils peuvent être vus plus nettement par des interstices plus clairs. En admettant dans ce cas que la pigmentation soit un phénomène pathologique, nous serons d'autant plus tentés de rechercher le développement du pigment que, dans un phénomène d'une si grande rareté, une recherche anatomique paraît devoir se faire attendre longtemps.

» On rencontre notoirement dans la rétine, outre les résidus pigmentés très-rares, des extravasals rétiniens qui diffèrent par leur forme et leur coloration:

» 1" Le pigment qui provient de la couche épithéliale de la choroïde et qui a pénétré dans la rétine, ou bien par suite des modifications de la couche des bâ-

OPHTHALMOSCOPUS DANS l'eNGÉPUAUTE CHRONIQUE. 261

tonnets, ou bien simultanément avec des exsudats choroïdiens;

» El 2" le pigment qui s'est développé spontanément dans la rétine même, au pourtour de ses vaisseaux.

» Dans la première de ses deux formes, on reconnaît toujours, au moyen de rophthalmoscope, même dans la forme tout à fait chronique, les traces de l'état morbide de la choroïde, notamment des irrégularités dans l'épithélium, répandues, soit dans le voisinage im« médiat des tâches noires, soit sur une plus grande étendue de Tœil. Ces irrégularités font néanmoins défaut dans le cas que nous examinons ici : la choroïde se termine, comme à l'état normal, au pourtour du nerf optique, par un bord nettement accentué et fortement pigmenté, et ne présente pas la plus petite lacune ou irrégularité dans les cellules épithéliales. La diminution du pigment à la périphérie, dont nous avons fait mention précédemment, est très-peu sensible et uniforme, et constitue en général un phénomène physiologique tout à fait ordinaire. D'après cela, il nous reste seulement à admettre que les cellules pigmentaires qui se trouvent dans la papille se sont développées dans le tissu cellulaire qui, dans Talrophie du nerf optique, remplace les fibres nerveuses. »

262 DIAGNOSTIC DES MALADIES DU STSTÊItB IfBftVBtJX.

CONCLUSIONS

XXDL

L'encéphalite partielle, chronique et latente, n'est jamais assez étendue, ni assez intense, pour agir d'une façon mécanique sur la circulation du fond de l'œil, et c'est en détruisant la pulpe cérébrale à l'origine des nerfe sensitifs et moteurs dû globe oculaire qu'elle engendre différentes altérations visuelles.

I^s troubles visuels produits par l 'encéphalite chronique partielle sont : le strabisme et la diphpie; — V infiltration séreme papillaire ou péripapillaire ; — rarement la flexuosité ou la dilatation des veines de la rétine ; — jamais Thémorrhagie rétinienne, — et presque toujours Vamauro^e et Vatrophie des nerfs optiques.

La névrite ou la névrilémite optique se propageant au cerveau par une marche ascendante, est souvent la cause de l'encéphalite chronique partielle occupant les corps striés, la couche optique et les corps genouillés.

Différentes tumeurs de l'encéphale, d'anciens foyers

OPHTHALMOSGOPIB DANS l' ENCÉPHALITE CHRONIQUE. 268

d'héniorrhagie et quelquefois le ramollissement chronique consécutif à une congestion du cerveau, sont habituellement le point de départ de l'encéphalite chronique partielle.

xxxni

Une céphalalgie opiniâtre frontale ou naso-frontale, quelquefois accompagnée de strabisme ou de diplopie, de surdité, enfin d'amaurose, avec infiltration séreuse de la papille optique, plus marquée dans un œil que dans Tautre, et d'amaurose progressive, indique une encéphalite chronique partielle, produite par une lésion orçanique primitive du cerveau ou, au contraire, par une névrite optique remontant jusqu'à l'origine cérébrale du nerf de ce nom.

Lorsque dans Tamaurose les lésions du fond de l'œil sont peu caractérisées, il ne faut pas se hâter de conclure, afin de ne pas considérer comme un état morbide ce qui ne serait qu'une variété de l'état physiologique ; mais si l'infiltration séreuse et l'atrophie papillaire sont très-évidentes, on peut afiBrmer qu'il existe une altération granuleuse ou graisseuse plus ou moins étendue de Tencéphale au voisinage de la couche optique.

26/i DIAGNOSTIC DES MALADIES W SYSTÈME NERVEUX.

Dans rencépbalite chronique partielle, ascendante ou descendante, c'est-à-dire allant de la périphérie nerveuse au centre, ou, au contraire, venant du cerveau vers rœil, les deux nerfs optiques* par suite de leur entrecroisement, subissent presque au môme degré la d^énérescence granuleuse et Tatrophie.

L'amaurose consécutive à la névrite optique ou à Tencéphalite chronique partielle primitive est presque toujours incurable.

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