‹ Du diagnostic des maladies du système nerveux par l'ophthalmoscopieChapitre 36 sur 84 · OPHTHALMOSCOPIE DANS LES TUMEURS DU CERVEAU · texte numérisé non relu

OPHTHALMOSCOPIE DANS LES TUMEURS DU CERVEAU

duites parles tumeurs du cerveau autant que par leur volume plus ou moins considérable, qu'il faut expliquer les désordres occasionnés par ces tumeurs. Ainsi; la céphalalgie, les engourdissements et les fourmillements des membres ou d'une partie du corps, les vomissements, les paralysies locales, sont le résultat de Tencéphalitecirconscrite et partielle qui entoure la tumeur cérébrale, et les accidents de compression ne se montrent qu'à une époque assez avancée de la maladie. — Il en est de même des troubles oculaires qui accompagnent quelquefois le développement de ces tumeurs. Ce sont d'abord les mêmes phénomènes que dans l'encéphalite partielle (céphalalgie, vomissements, convulsions ou paralysies locales , surdité , nystagmus , berlue et amaurose par congestion, et l'infiltration séreuse ou atrophie du nerf optique); mais plus tard il s'y joint la déformation de la papille et le pouls veineuœ de la ré^ Une.

Il suflSt, en effet, lorsqu'on trouve chez un malade les symptômes ordinaires d'une lésion cérébrale, de constater avec l'ophthalmoscope, en outre de l'infiltration séreuse péripapillaire, une papille aplatie, latéralement échancrée sur le bord, irrégulièrement proéminente ou atrophiée, pouir affirmer Texislence d'une tumeur cérébrale. Restera ensuite à déterminer la nature cancéreuse, syphilitique^ tuberculeuse, etc., de cette tumeur, mais c'est à l'aide des symptômes généraux et des commémoratifs qu'on y pourra réussir, car

302 DIAGNOSTIC DBS MALADIES DU SYSTÈME NBRTEUX.

l'opbthalmoscopie est, à cet égard, complètement insuffisante. J'en excepterai seulement le cas où la défor^ mation de la papille est accompagnée d'une végétation cancéreuse de la rétine, car^ alors, la nature de cette tumeur intra-oculaire indique celle de la tumeur intra* crânienne ou cérébrale, paiement de nature cancéreuse.

Le fHmU veineuœ de la rétine est un phénomène physiologique qui dépend des mouvements respiratoires, et, à ce titre, il n'a qu'une importance secondaire dans la séméiotique des maladies cérébrales. Toutefois, il augmente d'une façon très-^sensible dans les maladies du cœur et dans quelques maladies du cerveau, et je dois en parler un instant et dire ce que j'ai observé. C'était chez un homme qui avait une hémiplégie incom-^ plëte avec anesthésie du côté gauche et quelques hallucinations. — Son œil droit, correspondant à Thémi* sphère malade, offrait une infiltration séreuse de la pa* pille avec pouls veineux plus marqué que dans Tautre œil. — Bien qu'une seule observation n'ait guère d'importance, il m'a néanmoins paru nécessaire de la mentionner, et on la trouvera plus loin, in eœienso^ avec d'autres faits relatifs aux troubles oculaires produits par les tumeurs cérébrales.

Dans la plupart des cas, la lésion principale et défi* nitive est Yamaurose , qui est la conséquence de Vatro^ phie du nerf optique produite par des lésions de la circulation (hypérémie ou infiltration séreuse), constatées

OPHTUAUlOSCOPlK DANS Le9 TUMEURS DU CERVEAU. 303

au début de la maladie. Une fois cette atrophie réalisée, la vision est irrévocablement perdue.

On la reconnaît atomatiquenient à la disparition

Fig. 8. — Atrophie du nort aptiqu.

a. Nerf «pllqu. — Se. ScMroliitii«. — C^. Chnvida. — R. RSUas. ~ V. c. HimiBuliaiu im nHHtnl ia 11 NUn [SchoelKer).

- HiUriHrélInlt* e«UA« |Wr tumeur eér«brile.

plHtt. — ie. ScléroliriiK. — il. Hjline. — V. e. Tnrt

rétine (9«hmlM«i).

des tubes nerveux et des cellules nerveuses (voyez fig. 8 et 9), ainsi qu'à leur tranaformation en tisau cellulaire, adipeux et aroyioïde.

dOA DIAGNOSTIC DES MALADIES DU SYSTÈME NEBVBUX.

Pendant la vie, etle se révèle par une atrophie papillaire constatée à l'opbthalmoscope. Au fond de l'o»l

Fig. 10. — ExcavtLon palholofique profonde de 1* papille.

La réiine el Uk débrii de U papille ont élé enlèves pour montrer

Il forme de l'eicavalion.

N.o. Nert [ipliqne. — Vai. t. D, Int. Gitno ialvnio du ncr[ optique. —

Vat- n. D. exi. Gilnanterno du nerf oplique. — A'.e. TtnuâidiqM

l3chvrci(gcr).

Fig. 11. — Excavation pathologique profonde.

H. e. Nerf optlqua. — Se. Scl^olipo. — Ch. Chonlds. — JI. Riliat. V. c. ViiuMUi du cimln! i>tc leur unil Iri^lilili [Schwiincr).

parait la papille blanchâtre, nacrée, ayant souvent une partie plus blanche au centre, et dont les cercles con-

OPBTBALIIOSCOPIE DANS LES TUMEUBS DU CERVEAU. 305

centriques ordinaires sont peu apparents. Elle iliminue de volume, devient irrégulière, échancrée, ou le siège d'une excavation profonde (6g- 10 et 6g. H), et ses petits vaisseaux, moins volumineux et moins nombreux, finissent par disparaître de façon à ne laisser voir que les principales veines de la rétine. (Voy. dans l'Atlas fig. 5, 6 et 19.)

rif. 18.

- Papille Irèi-étevée, miîi normsle.

- Ch. Ghoroida. — H. t. Coucha ae«nM Ta BoneusM d« lu tolino (Schireisier), ■

Fif . 13. — Eut remarquable de la lame criblée dans un nerf opU que normal. La lamelle criblÉo Iranclio nullement sur la sclérotique, mai) à gauche elle forme une espèce de einuosilc sous le bord cboroidal.

S- c. SdirMiqoo. — Cft, Choroïde. — R. RHim. — Y. c. Vûtieaa du cealre

Au reste, pour qu'on puis.se mieux juger l'altération du nerf optique produite par l'atrophie, je joins

806 DUOroSTIG DES MALADIBS DU STS^rtlffi NEEVEUl.

ici deux figures (12 et 15) qui représentent les dispositions normales.

Je ferai remarquer d'ailleurs que je ne dis ici rien de nouveau et qui n'ait été dit par un grand nombre de médecins et d'oculistes. En]effet, comme on va le voir, dans un rapide exposé de la science , les livres sont remplis par les observations d'amauroses produites par des tumeurs cérébrales.

1* M. Bérard atné a cité le cas d'un homme qui, souffirant de céphalalgie opiniâtre, mourut subitement dans sa promenade, et qui avait une atrophie des )lor(^ optiques et de leur commissure, due] à la compressbo exercée par une tumeur tuberculeuse des lobei intérieurs du cerveau (i).

i* M. Hutin a observé un homme de trente ans qui, atteint de paralysie agitante des membres supérieurs et inférieur^ avec cécité» avsûl un ramollissement des cordons postérieurs de la moelle avec atrophie des racines correspondautes, mais les cordons antérieurs étaient indurés et les racines antérieures saines.

Le cerveau était sain, *— Il y avait une atrophie des nerfs optiques étendue de l'origine à leur terminaison (2).

3"" M. Teissier a montré à la Société anatomique, en 1827, une atrophie avec ramollissement de toute

(I) Thèses, 1825.

(%) BuUet. de la Soc, anat., 1827, p. 477.

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retendue des nerfs optiques, chez une femme atteinte d'héméralopie avec amaurose incomplète.

ii' M. Godin a rapporté une observation d'atrophie des nerfs optiques jusqu'au cbiasma, chez une femme amaurotique et aliénée, chez laquelle existait une hyper* trophie de la tige pituitaire et une hydrocéphalie du troisième ventricule (1).

ô"" M, Parise a publié un cas de ramollissement chronique du cerveau ayant produit la destruction de tout Torgane, et dans lequel Tamaurose constatée s'expliquait par une atrophie complète des nerfs optiques (2) .

6* M. Kilgour a rapporté un fait de ramollissement des couches optiques avec amaurose datant de trois ans, et où se trouvait une atrophie des nerfs optiques (â)«

T Longet a cité plusieurs observations de maladies chroniques du cerveau ayant produit Tamaurose avec atrophie du nerf optique, soit dans le côté correspon-* dant à la lésion, soit du côté opposé, soiti enfin, des deux côtés à la fois (&)«

8' Gruveilhier a indkiu^ le oas d'une tumeur can^ céreuse de la durenoi^ère produisant Taniaurose par compression et atrophie des nerfe optiques (5).

À une époque plus rapprochée de nous, après la découverte de rophthalmoscope, Tatrophie des nerfs

{k) BnHei.detaSoo.anai,, 4835, p. 5.

(2) Bullet. de la Soc, anat, 4837.

(3) Ann. d'oculistique, t. III, p. 4 82.

(4) Àtm, d^oculistique^ t. X, p. 89.

(5) ÀnaU path.^f t. II.

â08 DIAGNOSTIC DES MALADIES DU SYSTEME NERVEUX.

optiques produite par des lésions cérébrales ayant amené Tamaurose, put être constatée pendant la vie et longtemps avant que la lésion du cerveau occasionnât la mort. En 1859^ Sichel a publié plusieurs cas de ce genre (1). Plus tard, en 1860, deGraefe en communiqua plusieurs autres à la Société de biologie, en disant que l'atrophie était, non pas le fait d'une compression nerveuse, mais le résultat d'une compression vasculaire du sinus caverneux occasionnée par la tumeur cérébrale, et produisant à son tour la dilatation des veines de la rétine, Tinfiltration séreuse de cette membrane et l'atrophie du nerf.

Droux en a publié un assez grand nombre, en 1862, qu'il avait observés à la clinique de M. Desmarres.

Hérard a signalé une amaurose et un œdème de la rétine chez une femme ayant une tumeur cérébelleuse appuyant sur le corps du rocher. — A l'autopsie, Ch. Robin put constater Tatrophie des nerfs optiques et la disparition des tubes nerveux remplacés par un tissu de matière amorphe semée de myélocy tes comme il en existait dans la substance grise de l'encéphale (2).

Le docteur Julia a publié un cas de kyste cérébral gros comme un œuf de pigeon, aplatissant le chiasma des nerfs optiques qui se trouvaient atrophiés et ayant amené l'amaurose avec atrophie papillaire (3).

Lancereauxa publié plusieurs observations de même

( \ ) Iconographie ophthalmolog ique .

(2) Gaz. des hôpit, 4 864, p. 73.

(3) Gaz. des hôpit. 1863, p. 4 43.

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