‹ Du diagnostic des maladies du système nerveux par l'ophthalmoscopieChapitre 45 sur 84 · OPHTHALMOSGOPIE DANS LA PARALYSIE PROGRESSIVE · texte numérisé non relu

OPHTHALMOSGOPIE DANS LA PARALYSIE PROGRESSIVE

certaine importance, et dont les recherches futures permettront de mieux préciser la valeur. 11 n'est pas toujours très- prononcé; mais, quand il existe, voici ses caractères : — Les yeux offrent une mobilité anormale et irrégulière, en vertu de laquelle ils se portent tantôt dans une direction, tantôt dans une autre, en échappant un peu à l'empire de la volonté. La fixité complète de Tœil est presque impossible. Il y a dans ses muscles une hésitation de direction qui ressemble assez au tremblement de la langue, et, de même que ce dernier produit le bégayement, cette incoordination des muscles de Tœil amène dans le globe oculaire une mobilité assez forte pour empêcher le malade de fixer un point de l'espace, et surtout pouf* maintenir son œil dans la position où on veut le mettre pour faciliter Texamen ophthalmoscopique. — Ces malades sont ceux sur lesquels remploi de Tophthalmoscope fixe est absolument impossible.

Ce trouble de la motilité oculaire diffère entièrement du uystagmus, qui n'est, on le sait, que Toscillation transversale, continuelle et très-apparente du globe oculaire. C'est le résultat d'une paralysie incomplète des muscles de Toreille produisant l'incoordination des mouvements et Vataxie de la pupille^ ou, si Ton veut, le tremblement oculaire. — C'est le premier degré de la paralysie générale, qui peut se dissiper, si les symptômes paralytiques peuvent être arrêtés. Ainsi, sur les malades que j'ai observés en ville et qui

avaient, avec Tataxie papillaire, du tremblement de la langue avec embarras de la parole* de la faiblesse mnsculaire avec grande incertitude de la marche (voy. obs. l&O, 150 et 151)^ le nitrate d'argent à la dose de 5 à 20 centigrammes par jour a réussi à guérir la paralysie, en redonnant aux membres une force qu'ils n'avaient plus, en supprimant rembarras de la parole et en donnant à l'œil son assurance habituelle. Un de ces malades a été tout à fait guéri pendant un an ; mais, après de nouveaux excès, il a été pris d'aliénation mentale et enfermé à Orléans. L'autre n'a été guéri bien complètement que de sa paralysie progrèssive et a gardé un état de douce démence, compatible avec la vie intérieure de la famille.

Un de mes internes, M.| Duguet, a examiné avec l'ophthalmoscope toutes les malades atteintes de paralysie générale placées à la Salpêtrière, dans le service de M. Moreau, et, soit qu'elles eussent de l'inégale dilatation des pupilles, soit qu'elles n'en eussent pas, il n'a jamais trouvé « autre chose qu'une mobilité » extrême des globes oculaires plus prononcée que dans » l'épilepsie et chez les imbéciles, où ce phénomène » était déjà très-marqué. Le phénomène {tremblement ^ delà papille ou ataxie papillaire) tenait à ce que les » malades n'avaient pas une force de volonté suflBsantc » pour tenir l'œil fixe quelques instants (1) » Au fond

(4) Nolc remise par M. Dugu^l.

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