‹ Du diagnostic des maladies du système nerveux par l'ophthalmoscopieChapitre 53 sur 84 · OPHTHALM. DANS L AMAUROSE DE CONVALESCENCE · texte numérisé non relu

OPHTHALM. DANS L AMAUROSE DE CONVALESCENCE

fant essayant de lire, s'aperçut que la vue avait con* sidérablemeut faibli. Bientôt après se déclara une difficulté d'élocution assez considérable, qui persiste encore aujourd'hui.

Actuellement, la vision est tellement mauvaise que la petitç malade, qui est d'ailleurs très- intelligente, ne peut lire que très-lentement de gros caractères d'imprimerie, le n* 16 de Jaeger. Elle prétend qu'elle voit mieux de loin que de près, mais l'épreuve de la lecture infirme cette assertion. Les pupilles sont laides et immobiles. Les muscles de l'œil et des paupières n'offrent aucune trace de paralysie.

L'examen ophthalmoscopique n'indique aucune lésion appréciable des milieux réfringents ni des membranes profondes de l'œil. Le contour de la papille droite est peut-être un peu moins accentué que celui de la papille gauche. Mais on rencontre si souvent cette disposition chez les sujets qui ont la meilleure vision, qu'il n'y a pas à en tenir compte.

Faire vomir V enfant avec un gramme d'ipécacuanha^ en trois doses ; onctions sur les paupières et l'orbite avec un Uniment composé de parties égales de baume de Fioraventi et d'alcool de romarin ; sirop de quinquina à l'intérieur.

Le 9 août, la vision est dans le même état. La parole semble un peu dégagée. L'examen de l'urine ne donne aucune trace d'albumine.

Vin toni" ferrugineux ; centauréine ferrée; onctions

362 DIAGNOSTIC D^tt BIALAPIBS PV STSTàlfl NgEYSUX.

sur les paqpières, matin et soir, avQC une pommwie a»

sulfate de strychnine,

I^ l^, la vision est un peu Améliorée; la petite D...

lit assez bien le n* 1& de Jaeger. La voix est plus nette. La figure est moins p41et Les pupilles restent toujours immobiles et dans un état de dilatation moyenne,

Le il y les pupilles sont moins paresseuses, La ïi* sion est notablement aonéliorée. La petite malade lit très-bien le n'' 9 de Jac^er. Elle se plaint de voir double de temps en temp^i «urtout les objets éloignés.

Même traitement; purgatif.

Le 49, nouvelle amélioration frappante, L'epfant lit le n"* 3 de Jaeger. La pupille ganebe reste plus di« latéeque la droite.

Vin ffrruginewDy onction» avec la pommade slry* chnée.

Le 23, la voix est distincte, L'epfwt lit oouraro» ment le n"" 1 de Jaeger, ç'est^^ire les plus petits caractères d'imprimerie, de Tceil droit, De rœîl gauche, elle ne lit bien que le n* 2, La pupille de ce cOlé reste toujours un peu plus dilatée que la droite.

M^m^ trait^mmt; purgatif.

Le 30, la face est colorée. La vision est à l'état normal ; toutefois l'œil gauche possède une ftcuilé un peu moins forte, et la pupille de ce cOté demeure uq peu paresseuse. La voiiç a repris le timbre nortnal, la prononciation est naturelle.

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Réflexions. — Ce n'est point un cas d'affaiblissement d'accomnoodation, car bien que l'enfantait déclaré voir un mieux de loin que de près, Texpérience a montré qu'il n'en était pas ainsi. La malade n'avait qu'uq aflaiblissemant très*oonsjdéral)le de h vision qu'on ne put attribuor qu'à une légère infiltration yoi*tant le$ contours de la papille droite* Elle ne pouvait lire de gros caractères d'imprimerie ; malgré cela, au bout de vingt-cinq jours d'qp traitement ferrugineui( et tonique, la guérison a pu avoir lieu.

Om. GLVni. — Paralysie al amaureae dipbtbériUquea.

— Opbibalmoscopia.

Un gargon de sept ans, 61a d^un boucher, che« le** quel je fus mandé par le docteur Guilmin pour une diphtbérite, me fut amené un mois après le 13 juin 186&. n était faible sur ses jambes, tombait souvent et offhiit un commencement d'amaurose. Il avait du brouillard devant les yeux, les lignes d'écriture se couvraient les unes sur les autres, et de près comme de loin il voyait tout brouillé.

A l'opbthalmoscope, je vois que congestion vive de la rétine et de la papille qui est voilée corpipe par un peu d'infiltration. La lésion est plus marquée à gauphe qu'à drqite.

Du vin de quinquina, de l'eau d'Orezza et le séjour d'un mois à la campagne guérirent cet enfant*

Om. CLIX. — Amanrose incomplète, suite de la diphthérite.

Infiltration séreuse de la papille.

Neret (Pierre)^ âgé de dix-neuf ans, a eu, il y a trois mois, une angine couenneuse àla suite de laquelle il a eu de la paralysie de vessie et un affaiblissement assez considérable de la vision. Entré à l'hôpital du Midi pour une autre cause, M. Cusco a examiné et y a noté ce qui suit :

« Les vaisseaux de la papille sont très-injectés à gauche. Du même côté, la papille du nerf optique n'est pas très-bien limitée sur ses bords, et à une certaine distance de cette papille on voit une plaque d'atrophie choroïdienne et çà et là sur la rétine, de petites plaques blanchâtres qui semblent comme œd^ maleuses(l). »

On*. CLX. — Angine simple et paralysie consécutive. — Goérison. — Strabisme interne. — Paraplégie incomplète, suite d'angine. — Ophthalmoscopie.

Penché (Pierre), âgé de quatre ans, entré daas mon service, salle Saint-Jean, à l'hôpital des Enfants malades, le 30 décembre 186/i. Ses parents sont bien portants. Cet enfant, qui est seul dans sa famille, a eu la rougeole, et depuis une autre éruption mal caractérisée. Il n'a eu ni gourmes, ni glandes, ni toux ba-

(H Thèee de M. Loubet, p. 39.

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biluelloy ni diarrhée. Il était ordinairement bien portant.

Six semaines avant son entrée, il eut chez ses parents une angine inflammatoire simple, sans fausses membranes ; et à la suite, on remarqua chez lui une grande faiblesse des jambes et du bras gauche; de plus, il rendait ses aliments par le nez, ce qui dura jusqu'au moment de son entrée ; et ses yeux devinrent convergents, par suite d'un strabisme interne.

Depuis cette angine, appétit très-modéré, pas de vomissements, ni de diarrhée, constipation habituelle; soif peu marquée, bon sommeil, non agité. L'enfant ne tousse pas et n'a pas de fièvre.

Aujourd'hui encore on trouve les yeux en strabisme interne assez marqué : mais en raison de Tâge du sujet, il est impossible de se bien rendre compte de l'état de la vue. Le voile du palais ne paraît plus frappé de paralysie, puisque l'enfant n'a rendu qu'une fois par le nez ses aliments, dans les premiers jours do son entrée. Il meut ses bras à volonté, serre avec ses mains d'une force égale et assez considérable ; la langue est tirée sans être déviée ; les traits de la face sont droits, même lorsqu'on fait grimacer Penfant. — — Les jambes se soulèvent assez bien du lit : mais quand l'enfant est mis par terre, et debout, il s'affaisse également sur chaque jambe en fléchissant le corps en avant. L'enfant peut s'asseoir sur son séant, dans son lit.

La sensibilité générale est partout conservée, même aux membres inférieurs.

L'enfant ne tousse pas et n'offre rien de particulier à la poitrine. Il n'a point de fièvre, boit bien, va assez difficilement à la selle, et mange d'une façon ordinaire.

A rophthalmoscope, dans Tœil droit, la papille esl nette, avec excavation centrale et normale, et il y a quelques petites taches de pigment choroïdien.

 gauche, il y a une congestion choroïdienne assez forte, une dilatation assez grande des vaisseaux de la rétine etun peu d^infiltration séreuse péripapillaire ; de sorte que la papille est de ce côté un peu moins apparente et voilée comme par un nuage.

Sirop de quinquina, 100 grammes.

11 février. — Deux jours après, le retour des boissons par le nez a disparu. — Même état de strabisme et de paraplégie incomplète.

Les garderobes deviennent régulières, et il y a de l'appétit.

Mêmes lésions à Tophthalmoscope.

15 janvier. — Le strabisme a presque disparu : la paraplégie commence à s'en aller, carrenfantétanlmis par terre et soutenu sous les bras, peut appuyer se% pieds et les porter l'un devant l'autre pour la marche. Il ne peut encore se soutenir seul.

L'appétit est bon ; la déglutition des aliments solides et liquides se fait bien, et les selles sont routières.— Pouls régulier, 100.

OPUTUALM. i)ANS l'aMAUKOSE DE CONVALESCEIfCB. 367

Les lésions constatées dans tô fond de Toeil gauche,

à rophtbalnioscope, tendent à disparaître.

20 janvier. — Môme état. La paraplégie n'a fait aucun progrès, elle n^a changé ni en bien ni en mal.

FriHiofis àvëc Uniment vblaUl camphré eut les mèmbfei.

Depuis plusieurs joufs, les forces reviennent gïà^ dnellement, et bien qu'il soit encore très chancelant,

Tenfant peut marcher lorsqu'on Taide en le tenant par la main.

i" féTriefi -» L'eufant va tout à fait bien ; su paralysie a disparu. Il marche seul dans la salle et court avec les autres edhmts.

Rêflêoùions. ^ Cet enfant, à la suite d'une augine inflammatoire simple, sans fausses membranes» a eu une paralysie du voile du palais, suivie de paraplégie et accompagnée de strabisme interne. C'est un fait analogue à ceux qui ont été publiés par M. Marquez, de Colmar. Quel a été dans ce cas la cause de la paralysie? Il est difficile de le dire. Est-ce de la diphthérite? Mais il n'y avait pas eu de fausses membranes, et je ne suis pas de ceuï qui admettent une diphthérite sans diphthérie. Est-ce la convalescence de l'angine et Tétat chloro-anémique qui en a été la conséquence î Je ne le crois pas, car Tenfant avait du strabisme, et dans l*(fiil, d'un seul côté^ une sufîusion séreuse qui Indiquait quelque chose d'organique à l'intérieur du cer^

veau. S'il m'est permis de hasarder une explication, je dirai qu'il y a eu ici, comme dans les paralysies consécutives aux plaies du sourcil, une action ascendante nocive des nerfs palatins et glosso-pbarjngiens sur la cinquième paire pour les premiers, sur les corps resliformes pour les autres, et que de là il est résulté une lésion passagère de l'encéphale donnant lieu au strabisme et à la suffusion séreuse de Tœil gauche.

AMAUROSE SUITE DE FlèVBB TYPHOÏDE.

Voici maintenant deux observations où la paralysie générale compliquée d'amaurose a été observée dans la convalescence de la fièvre typhoïde.

Obs. CLIX. — CoDvalescence de Gèvre typhoïde. — Gommencement d'amaaroee. — Ophlhalmoscopie. — Exsudation de la papille du nerf optique.

Un jeune homme, âgé de vingt-deux ans, se présenta le 20 juin 186!i à la consultation de M. Desmarres, parce qu'il voyait mal depuis un mois, après

la guérison d'une fièvre typhoïde très-grave accompagnée de délire.

La papille est blanche, chagrinée et ses vaisseaux petits, peu apparents, tandis que sur la rétine, ils sont bien plus visibles. C'est une mince exsudation qui empêche de voir les vaisseaux de la papille. A côté de la papille, ou constate une légère atrophie choraîdienne.

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Obs. CLXII. — Paralysie générale, suile de fièvre typhoïde. —

Âmaurose. — Ophthalmoecopie.

Une enfant, devenue paralytique et amaurotique à la suile d'une fièvre typhoïde grave, me fut adressée par M. le docteur Verneuil, à Sainte*Ëugénie. Au bout de quelques jours, elle guérit de la paralysie des quatre membres sous Tinflueuce des toniques et des bains sulfureux; mais la vision ne se rétablit pas. — M. Desmarres père vint à l'hôpital examiner les yeux, et il n'y découvrit aucune altération même à l'ophthalmoscope.

Malgré tous les traitements mis en usage, l'enfant resta amaurotique et séjourna trois ou quatre ans à l'hôpital. — Elle n'en sortit que pour être placée aux Quinze-Vingts.

CONCLUSIONS

Des troubles visuels d'accommodation et d'amaurose par une infiltration séreuse de la papille du nerf optique, due à la chlorose^ peuvent se montrer chez les sujets convalescents de maladie aiguë (fièvre typhoïde, rougeole, pneumonie, etc.), ou convalescents de diph- Ihérite.

BOUCIVT. 24

 la suite de la diphthérite, Taniaurose tient à plusieurs causes : i*" La paralysie du muscle ciliaire qui préside à raccommodation (Follin), et 3° chez les sujets qui ont eu de ralbqmiuurie diphthérilique à une infiltration séreuse cbloro->anémique du fond de l'œil qui altère la substance de la rétine ou de la papille optique et qui plus tard peut en amener Tatropbie. (Voyez le chapitre des Troubles oculaires dans Valbuminurie.)

Dans la convalescence des maladies aiguës graves, Tamaurose qui peut s'y produire dépend eu général d'une infiltration séreuse partielle du nerf optique et de la base du cerveau, sous l'influence de ranémie.

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