DES TROUBLES OCULAIRES PRODUITS PAR LE TÉTANOS
Je n'ai eu qu'une seule fois l'occasion d'examiner à rophthalmoscope les yeux d*un sujet atteint de tétanos, et je nie bornerai à rapporter le résultat de cot examen sans formuler aucune conclusion. C'est un fkit qui complète mes recherches et qui en appelk* d'autres.
Om. CLXIII. — Plaie du sourcil. — Tétanos* — Mort. Hémorrbagie rachidienne.-^ Ophtbalmoscopie.
Irma Sarra, &gée de trois ans, entrée à l'hôpital Saiqte-Eugéniei dans la salle Saintes-Marguerite, le 22 juillet 1862.
Père et mère bien portants; quatre enfants tous bien portants ; pas de gourmes, pas de glandes, pas de convulsions, aucune maladie de Tenfance.
Cette enfant est malade depuis le 21 juillet, à iQidi. Quatre ou cinq jours auparavant, elle avait reçu d'uqe de ses petites camarades, daus la région sus* orbitaire droite^ un projectile qui avait superficiellement entamé la peau. Le 21 donc, elle a été prise de douleurs de tête et dan^ la bouche^ puis dans le cou. Le soir, elle s'est endormie et s*est réveillée à deuK heures, en Jetant de grands cris, 9@ plaignant de douleurs plus fortes dans la tète et dans la mâchoire ; il y avait alors une grande roideur m«sculairç dan3 le cou, avec difficulté de boire; pas de garderobes depuis le 19 juillet, et il y a eu depuis lors quelques envies de vomir.
État actuel. — Enfant forte, brupe, bien développée, visage coloré, ayant toute sa connaissance. Elle essaye de sortir sa langue, qui est blanche, humida, villeuse, piaia elle ne peut, à cause du serrement des m^hoires; il y a une grande roideiu'
o7'i DIAGNOSTIC DES MALADlliS DU SYSTÈME NERVEUX.
du COU et de la colonne verlébrale; pas de vouiisscmeuls.
Constipation, pouls HO.
Quelques moments après Teuirée, une convulsion se produit, occasionnée par la tentative faite d'écarter les mâchoires; la 6gure est devenue violacée, les yeux ouverts, les globes oculaires immobiles et une forte écume sortait de la bouche ; les membres supérieurs étaient roidis, sans mouvements cloniques, les doigts fortement fléchis, renfermant le pouce dans la main; les membres inférieurs étaient également raides, pourtant la sensibilité était conservée. Dans la journée, l'enfant s*est plaint, et elle a mal dormi la nuit; le soir, il s'est produit du strabisme.
23 juillet. — Le matin, l'enfant paraît sans connaissance, la 6gure un peu lourde, avec du strabisme, une respiration très-fréquente, expiratrice, le trismus est très-fort, la tête portée en arrière et la colonne vertébrale fléchie comme dans l'opistothouos. Les membres supérieurs sont tantôt roides avec les doigts fléchis, et tantôt plus souples ; il en est de même dans les membres inférieurs; pas de vomissements, ni de garderobes; la peau est ti-ès-chaude, et la température de Taisselle, 41«,5. Le pouls, petit, régulier, 140. La sensibilité, consenée il y a une heure, s'émousse et semble disparaître par l'asphyxie croissante. La respiration est très-gênée, expiratrice, avec dilatation des ailes du nez; mais la résonoaiice du