HUITIÈME OBSERVATION
34 ans. — D’abord gonflement du testicule gauche. — Quinze jours après, tuméfaction du testicule droit, suivie d’un abcès. — Incertitude du diagnostic. — Guérison complète.
Maunier, âgé de 34 ans, d’un tempérament bilioso - sanguin , ressentit, il y a environ deux ans, des douleurs vives vers la partie inférieure et gauche du scrotum, où parut un point dur, distinct du testicule, et qui, cinq mois après, par suite de fatigues prolongées, augmenta de volume et de sensibilité, et força le malade d’entrer à Saint-Eloi. Le côté gauche du scrotum offrait alors, toujours vers la partie inférieure, une tumeur fluctuante, mais formée par l’accumulation d’une certaine quantité d’eau dans la tunique vaginale. Aussi M. le professeur Serre
pratîqua-t-il une ponction qui donna issue à un verre de sérosité. Dès ce moment, on put bien constater l’état des choses, et reconnaître à la fois l’engorgement du testicule, et la présence de la tumeur qui avait été la cause première du mal. On ordonna le muriate d’or et de soude et la tisane de houblon.
Quinze jours après, au bas du testicule droit , se montra une nouvelle tumeur, en tout analogue à celle du testicule gauche, laquelle s’accrut rapidement et donna lieu à un abcès qui fut ouvert avec la lancette , et laissa sortir un pus épais t mal élaboré, ou, pour parler plus exactement, des débris de tubercules en fonte. Tout semblait aller à merveille, lorsqu’à la suite d’une vive colère et d’une marche trop prolongée, le testicule gauche prend à son tour un volume extrême et devient le siège d’une inflammation violente. A l’instant la scène change. La fièvre, qui jusqu’alors avait été presque nulle , éclate avec force ; la figure s’altère , les traits se dépriment, le sommeil devient pénible , les douleurs testiculaires vives, l’appétit diminue de jour en jour, et Maunier tombe dans le découragement le plus complet. On doute un moment de l’exactitude du diagnostic primitivement porté, et le malade est résolu à se laisser amputer le testicule gauche. Cependant, fatigué de son séjour à l’hôpital , il témoigne le désir de se faire traiter en ville, et. se-
confie aux soins de M. Serre, qui, malgré la gravité du cas, a recours aux anti-phlogistiques, pour en revenir immédiatement après à l’usage des préparations aurifères, combinées avec celles d’iode.
Après deux mois d’un traitement pareil, le malade a la satisfaction de voir son état s’améliorer d’une manière sensible ; et au moment où nous écrivons , tout semble présager une terminaison heureuse. ( Bulletin thérapeutique, avril 1835.)
Depuis un an , la guérison parfaite s’est maintenue , et Maunier a conservé ses facultés viriles.
Cette observation ressemble en tout aux trois précédentes; tout d’abord, elle paraît avoir de l’analogie avec la quatrième , car Maunier, de même que Bocassin , a vu d’abord un seul testicule se prendre, et quelque temps après l’autre. Mais si nous tenons compte de la formation de l’abcès sur le testicule droit , de son ouverture restée fistuleuse et livrant passage à des débris de tubercules en fonte, tout doute cessera. Maunier avait en réalité un double engorgement scrophuieux. Un instant la vie du malade a été en danger , à la suite d’une vive colère et d'une marche prolongée; mais les anti-pblogistiques ont tout calmé, et la maladie a repris sa route ordinaire.
Les préparations aurifères, combinées avec celles d’iode, ont amené la fonte complète des tubercules : ici encore complication d’hydrocèle.
ENGORGEMENT CANCEREUX.