‹ Du diagnostic différentiel de certains engorgements des testiculesChapitre 2 sur 16 · CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES · texte numérisé non relu

CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES

Ce n’est qu’en ré fléchissant sur la structure anatomique du testicule, qu’on peut, jusqu’à un certain point, se rendre raison de la fâcheuse prédilection qu’ont pour lui certaines maladies si différentes par leur nature.

Dans un espace bien limité , bien rétréci , se trouvent, pressées les unes contre les autres et en quantité innombrable, les parties les plus vivantes de l’organisme. Tout est vaisseaux et nerfs dans le testicule , tout y jouit de la vie au plus haut degré, tout est renfermé dans une coque résistante , fibreuse ; là , les actes morbides se déve-

loppent avec rapidité et énergie ; là, l'étranglement inflammatoire arrive bientôt, et par suite, la suppuration, la désorganisation, la destruction des tissus. Ajoutera cela une constitutiondonnée , l’influence de telle ou telle cause , de telle ou telle diathèse, et vous verrez, selon le cas, se manifester un engorgement inflammatoire , vénérien, scrophuleux * cancéreux.

Les engorgements du testicule font tous éprouver des changements de forme à l’organe, tous présentent quelques caractères communs; de-là la difficulté de les distinguer.

Si leur examen est fait avec légèreté ou par un praticien peu instruit , les erreurs de diagnostic peuvent avoir les conséquences les plus graves pour le malade et la réputation de l’homme de l’art. Aussi le médecin prudent doit-il , lorsqu’il est appelé à explorer un engorgement du testicule, se représenter à l’esprit un tableau, une sorte de nomenclature des maladies qui peuvent attaquer cet organe , afin de ne pas appliquer à l’une le traitement qui convient à l’autre : c’est surtout dans ces cas que la méthode d’exclusion est avantageuse. La simple énumération des engorgements testiculaires suffit seule pour effrayer; dans un rayon de quelques lignes se manifestent en effet les tumeurs les plus différentes par leur nature, leur volume, leur poids et le mode de traitement qu’elles réclament ; et ce qui ajoute

aux difficultés du diagnostic, c’est que trop souvent le testicule, quoique sain, se dérobe au toucher, enfoui qu’il est dans une tumeur développée dans l’épaisseur de telle ou telle membrane des bourses ou de plusieurs en même temps.

Enfin, et comme si rien ne devait manquer pour exercer la sagacité et le tact du praticien, il est rare qu’un engorgement testiculaire marche seul ; le plus souvent une induration se développe de concert avec une hernie scrotalc, une hydrocèle , un varicocèle , etc. ; dès-lors ces affections se modifient l’une l’autre et déjouent bien souvent nos calculs.

Avant d’entrer en matière, faisons donc d’une part l’énumération succincte des engorgements propres au testicule, indiquons de l’autre avec quelles maladies ces engorgements peuvent être confondus, et prouvons enfin, par des faits, combien les erreurs de diagnostic sont faciles en pareil cas. Ce dernier point est important ; rien , en effet, n’est plus instructif et plus utile à la fois que la tradition des fautes qui ont été commises et qui peuvent chaque jour être répétées.

Maladies du testicule distinguées en

1° Engorgement inflammatoire aigu et chronique ;

admis à tort par les auteurs.

2° Engorgement vénérien (i);

3° Engorgement scrophuleux ou tuberculeux ; 4° Engorgement cancéreux ;

5° Engorgement squirrheux,

6° Engorgement encéphaloïde ,

7° Engorgement médullaire ,

8° Engorgement variqueux ;

9° Spermatocèle ;

10° Kystes du testicule.

Nous ne parlerons que des quatre premières especes d’engorgement.

C’est à tort, venons-nous dé dire, que les auteurs ont décrit comme maladies distinctes les engorgements squirrheux, encéphaloïde, médullaire. En examinant les choses de près, on ne tarde pas à reconnaître que ces sortes d’indurations sont plutôt des nuances, des degrés, des aspects divers d’une seule et même affection, le cancer, que des états maladifs différents ; et puis , sous le rapport pratique , à quoi sert d’avoir bien décrit les engorgements squirrheux , encéphaloïde , médullaire, si l’on ne peut les conîhattre que par les moyens j ournellemeiit employés contre le canCer, et s’ils entraînent les mêmes résultats que lui? Ces subdivisions sont donc inu-

(i) Il ne faut pas le confondre avec le gonflement syphilitique , improprement appelé chaude-pisse tombée dans les bourses.

tiles et même dangereuses comme le seraient celles que l’on pourrait facilement admettre dans toute maladie, en considérant comme des affections distinctes les aspects matériels divers qu’elle présente à telle et telle époque de sa durée.

Maladies avec lesquelles on peut confondre un engorgement du testiçule.

1° Avec la hernie scrotale, le cystocèle ou hernie de la vessie ;

2° Avec l’épaississement d’une certaine quantité de sérosité occupant les diverses membranes des bourses;

3° Avec une tumeur variqueuse développée dans l’épaisseur des mêmes membranes ;

4° Avec l’épaississement et l’induration de la tunique vaginale ;

5° Avec l’hydrocèle vaginale ;

6° Avec le varicocèle ;

7° Avec de véritables kystes survenus entre la tunique albuginée , le testicule ou l’épidydime (Arnaud, Brodie et A. Cooper en citent des exemples);

8° Avec les infiltrations d’urine dans le scrotum.

Parmi les engorgements testiculaires qui s’accompagnent le plus souvent de maladies des bourses, nous devons placer en première ligne l’engorgement scrophuleux ; au second rang,

l’engorgement cancéreux ; au troisième , l’engorgement inflammatoire.

Quant aux affections des bourses coïncidant avec tel ou tel engorgement du testicule, signalons, comme étant la plus fréquente, l’hydrocèle vaginale; après elle se rangent l’hydrocèle enkystée du cordon , l’induration de la tunique vaginale , le varicocèle , la hernie.

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