PREMIÈRE OBSERVATION
Excès de fatigue. — Testicule gauche du volume du poing.
— Sangsues. — Saignée. — Deux grains d'émétique. —
Deux purgatifs. — Guérison en vingt jours.
Bedoiseau , âgé de 25 ans, grenadier au 26e régiment de ligne, d’un tempérament assez sanguin, bien constitué , ressentit , dans la journée du 7 février dernier, une douleur vive dans le testicule gauche. La veille , le malade avait beau» coup fatigué en se livrant à divers exercices gymnastiques ; le 8 au matin , le testicule avait
acquis le double de son volume ordinaire ; dans le reste du jour et durant tout le lendemain 9, la tuméfaction augmenta peu à peu , en sorte que le 10, le testicule était aussi gros que le poing. C’est alors que Bedoiseau appliqua, d’après l’avis du chirurgien de son régiment, douze sangsues sur le testicule. L’écoulement sanguin fut abondant ; pendant sa durée , le scrotum gauche ainsi que le testicule acquirent un volume considérable sans produire une grande douleur. (Cataplasmes émollients). Le 11 et le 12, l’engorgement du scrotum et des testicules ayant diminué de bien peu et les douleurs persistant , le malade se décida à entrer à Saint-Eloi. Examiné le 13 au matin, je remarque un engorgement considérable des bourses, de la tuméfaction et de la dureté dans les testicules et dans l’épîdidyme gauche. Le testicule gauche et son épididyme sont très-douloureux, tendus, sans bosselures, la douleur ne s’étend pas le long du cordon spermatique , la réac lion générale est forte , le malade nous dit avoir eu quatre mois auparavant un écoulement urétral , mais qui ne dura que quelques jours. Le médecin en chef prescrit (une saignée de douze onces , deux grains d’émétique et des cataplasmes). L’émétique détermine des selles et des vomissements abondants. Dans la soirée, diminution très-notable du testicule droit, moins prononcée dans lé gauche qui reste dou-
loureux. Le 14 au malin, amélioration des symptômes généraux, disparition presque complète de l'engorgement du scrotum et du testicule droit ; du côté gauche nul changement. Dans les journées du 15 et du 16, la tuméfaction du testicule gauche diminue beaucoup. Le 17, léger purgatif, selles copieuses. Le 18 et surtout le 19 , le malade se sent bien soulagé. Le 20, le testicule gauche est à peine plus gros que le droit, à peine douloureux, mais encore dur et tendu. La tension et la dureté existent surtout dans l’e'pididyme ; du côté droit tout a disparu. Les 21,22, 23, 24, amélioration progressive. Le 25 , nouveau purgatif, suivi de selles abondantes. Le 26 , retour du testicule gauche à son état normal, dureté dans l’épididyme, mais sans douleur. Le 27 et le 28, marche rapide vers une guérison parfaile.Si l’on retient encore le malade dans l’hôpital , c’est uniquement pour le laisser jouir de quelques jours de repos. Dans les premiers jours de mars, Bedoiseau sort complètement guéri. Pendant son séjour à l’hôpital , le malade a constamment gardé un suspensoir.