‹ Du Diagnostic Différentiel Entre Les Hépatites Amibiennes Et Les Affections Pleuro-PulmonairesChapitre 13 sur 25 · PERS · texte numérisé non relu

PERS

les fausses côtes. La palpation deson bord inférieur est réellement douloureuse ».

Le diagnostic d'hépatite amibienne avec réaction pleurale de voisinage est posé ; on institue le traitement à l'émétine (5 centigr. par jour). La température baisse en même temps que les selles redeviennent moulées et de fréquence normale, les signes d’auscultations se modifient peu.

Une radio pratiquée le 148 mai montre : ( un élargissement de l’ombre scissurale, un assombrissement de l'opacité pleurale sous-jacente, un foie toujours augmenté de volume dont le bord inférieur reste douloureux dans sa moitié interne ».

Le traitement par l'émétine est continué jusqu'à Concurrence de 11 piqüres soit près de 0 gr. 70 d'émétine en 14 jours.

Le 10 juin les signes hépatiques sont très améliorés le subictère a disparu et le foie encore un peu sensible paraît moins gros, Les signes pulmonaires s'amendent, le souffle pleural disparaît, mais la base droite reste submate et obscure.

A la radio on note: ( Amélioration très nette. La scissurite a disparu. Reste un foyer d'ombre à teinte moins accusée que que le 18 mai, aux limites floues. L'hémidiaphragme droit qui était complèment immobile a repris une légère mobilité dans sa moitié interne. Le foie reste gros et un peu sensible ».

A partir de ce moment l'amélioration est très rapide ; le 9 septembre le foie est redevenu normal et non douloureux. Les selles et la température sont également normales. Le sujet a passé de 54% à 60 kilogrammes. Seuls les signes pulmonaires n'ont pas complètement disparu, les frottements, la submatité, un peu d'obscurité respiratoire persistent encore.

La radio faite le 3 septembre montre la disparition presque complète du syndrome réactionnel.

Sin

«Pas d'ombre anormale au niveau de la scissure. Le sinus est effacé et l'hémidiaphragme est horizontal en inspiration profonde. L'amplitude thoraco-diaphragmatique est diminuée mais l’extrème base ne présente qu'une légère gri: saille.

Le malade sort le 4 septembre 1927 en excellent état général, ne présentant plus à la base droite qu'une légère diminution du murmure vésiculaire.

Sans doute en l’occurence un passé suffisamment suspect une hypertrophie du foie patente furent des signes suffisants pour éveiller la perspicacité clinique mais en est-il toujours de même et peut-on à première vue rapporter un épanchement de la plèvre à une cause hépalique lorsque le foie apparaît presque indemne et que Îles antécédents sont muets.

En effet les réactions hépatiques sont vraiment minimes en apparence, l’hypertrophie étant modérée, Pic- (ère est nul, les acides et pigments biliaires sont absents des urines.

Seule l’urobiline est décelable. D’après GRALL sa présence doit faire soupçonner chez tout colonial une atteinte amibienne.

Mais à part cette constatation rien ne permel de conclure à une lésion de la cellule hépatique et Wipar souligne ce fait en montrant que même dans les abcès volumineux, une partie suffisante de cellules demeure intacte pour assurer le fonctionnement normal,

Il nous faut donc conclure à une particulière difficulté du diagnostic et PAISSEAU rapporte qu'au Maroc zone où le corps médical a l’occasion d’être familiarisé plus

PoiRIER S)

wi A

qu'ailleurs avec l'hépatite chronique de nombreux mälades entraient à l’hôpital avec une étiquette pulmonaire. L'épreuve de l'émétine fournissait bientôt la surprise d’un succès inespéré.

En présence d’un diagnostic hésitant, il est du reste recommandable de ne pas trop tarder à recourir au médicament pierre de touche.L’évolution lente eltorpide de l'hépatite chronique entrecoupée de Lemps à autre par une poussée aiguë de courte durée n'implique pas forcémentun pronostic bénin.

Il faut compter avec le fléchissement de l’état général lanémie et l’amaigrissement qui finissent par créer chez le porteur une véritable cachexie.

Page 1