‹ Du dialecte blaisois et de sa conformité avec l'ancienne langue et l'ancienne prononciation françaiseChapitre 114 sur 132 · PARTICIPE PRÉS · texte numérisé non relu

PARTICIPE PRÉS

Ayant (a-yant.)

PARTICirE PASSÉ.

Ayant évu, eu, eu. (V. Génin, Variai, pag. 144. — Ch. de Roland, Génin, sir. 256-, Muller, vs. 3510 el la note.)

' existait dans plusieurs verbes encore au siècle . aie

de Louis XIV, quoique celle en eye dominât ; Ex. :

Le prix qui m'était dû payera mon amour.

(Lamotte.)

Traître, tu le pairas. — Vous voyez. — Oui, je vois.

(Destouchcs.)

Cf. Cl. Marot, ps. LVH, B.

Ayes pitié, ayes pitié de moy,

Car, ô mon Dieu, mon âme espère en toy.

et Littré, Hisl" de la L. fr. II, p. 19.

Du verbe ETRE.

INDICAT. PRÉS.

J 'sis, j'seus, j'sus

T'ée

Il ou alleée

J'sommes, sommes, j'sons, souns

Vêtes, ou'étes

I sont, sount j izétaint, cteunt

Asoni, sount; all'elaint, éteimt.

j'sis, j'seus, j'su. — Sum (pron. lat. soum) n'a pu former en roman que je sou ou je seu. Quand u s'est changé en oi ou en ai, c'est que cet u était suivi soit d'un e ou d'un i, soit de deux consonnes dont la première était un c ou d'un x dans la syllabe suivante: Crucem,puteus, lucta, pluvia, buxus. Encore ai sonnait-il primitivement ieu ou eu (') comme l'indiquent ces vers de la Chronique des ducs de Normandie.

Li baise la boche et les oiï.

N'i a si jofncs, ne si vieuz,.. etc.

(II, pag.501.)

mis en regard de ceux-ci :

Hontos, ^laissiez de son oryuil.

Si qu'en lermes li sunt li uil, (Id. pag. 495.)

(1) V. Rois, Introduot. p. LXII : A jour dieu (aujourd'hui.)

et les suivants :

Bone est raison mult et mesure E si'n teneient grant murmuire.

(Id. p. 513.) et ceux-ci de la chanson de Roland (Muller, vs. 775-778.) La rere guarde est jugée sur lui ; N'avez baron ki jamais la remut.

Dunez li l'arc que vos avez tendut, etc. Anprès iço i est Neiraes venud Millor vassal n'out en la curt de Zut, Et dist al rei : » Ben l'avez entendut. etc.

et enfin, car il faut se borner, ces vers extraits du Livre du bon Jehan ; les deux derniers, de la Chr. des ducs de Norm.

Son pouair mectoit et sa cure De luy el sa terre destrure (pag. SU.) Pour alor Guerande destruire.

Qu'a luy obéir n'avoit cure (p. 531.) Ne l'ai oï ne jeo ne Ytruis En nul estorie, ne en nul leus.

(III, vs. 1751.)

On a donc prononcé d'abord je seu comme on a dit je peux, bien qu'on écrivit généralement je suys, ou je suyx, plus tard je suis ou je gui. Néanmoins « les provinces de l'est avaient la variante seu » (Burguy, I, p. 261) même dans l'orthographe.

La prononciation je gis (*), dont je ne trouve pas trace au moyenâge, provient de la suppression de Vu. Elle est postérieure à notre prononciation actuelle et en dérive. On peut comparer cette forme avec bisson, qu'on trouve pour buisson jusque même dans les premières années du XVIIe siècle, et pis, pisque, usités autrefois (Génin, Variât, p. 170) dans notre langue pourptm, puisque et aujourd'hui encore dans le dialecte blaisois.

(1) V. Génin, Variât, p. 297, et pour je sus, id. p. 160.

J'sus est une variante de je sens. Voir à ce sujet le chapitre sur la prononciation d'w et d'ew,pag. 49, 90 et 95.

t'ée, il ée. — Voir le chapitre sur la prononciation d'e, et mes remarques sur la forme indicative d'avoir, t'as pour tu as.

j'sons. — Cette forme se retrouve au moyen-Age. (V. Burguy, I, 263.)

v'étes, ou ou'étes. — Je ne connais qu'un exemple de la suppression du v dans le pronom vous. Le voici :

Taise-us, bricons ; ne ditez plus, etc.

(La Résurrect. du Sauveur, Buehon, p. 14. )

Voir pour la suppress. de la termin. ous à v'avez, p. 289.

iz étaint, éteunt. — La forme aint, comme je l'ai montré pour a voir, est une forme d'imparfait transportée au présent. Quant à éteunt, qu'on n'oublie pas, ainsi que je l'ai fait remarquer au chap. de Ye, que é, ai ont souvent sonné eu au moyen-âge et jusqu'au XVIe siècle , Ex.: Une feublesse le prinst. (Jeh. Bouchet, 1525, fol. X, recto.)

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