TROISIÈME CONJUGAISON
1° Le verbe voir et ses composés font toujours au futur et au conditionnel je voirai, je voirais, forme qui s'est conservée en français clans le verbe pourvoir (*). La Sologne dit de préférence au simple fvarr ùi, i cavraint.
Qui voudra voir une jeunesse pronle A suivre en vain l'objet de son malheur Me vienne lire, il voira ma douleur.
(Ronsard, Amours, I, sonn. I.) Pour un lyard voijra toute personne.
(Ch. Bourd.) Quand vous voirez encor ces lys fanir.
(Joach. du B. contre les Pétrarquistcs.) On varra houn vostre bontei.
(Ruteb. ap. Burguy, II. 72.)
%° De môme que dans les verbes en oijer, les subj. en oie de la 3e conj. sonnent toujours ouéyc (oueille); que je voie, pron. vouéye, (concilie).
3° Le verbe devoirfo.it toujours, mais seulement aux 1re et 2e pers. plur. du conditionnel, décevions, déceviez, pron. deuveurions, demeuriez.
Vous ne lui devenez pas aliéner ses biens. (Palsgr. p. 420.)
(1) Pourvoir, qui ;i gardé la forme picarde du futur, a t'ait autrefois je pourverrai, forme normande :
Mon cueur pour autrui ne herray, Crient, pleurent, rient ou chantent, Mais, si je puis, je pourverray Que vous ne autres ne s'en vantent.
(Al. Chartier, le Débat des deux fortunes.)
i° Le verbe choir, très usité au participe, a deux formes pour ce temps cheu, chcute et chc, dicte, qui n'est qu'un affaiblissement de la I re forme comme Deu, Dé dans les anciens textes, ou une forme normande pour chcit, cheite.
Bon fait craindre et supployer Ung cueur follement decéu, Car rompre vaut pis que ployer Et esbranlé mieux que chéu (1).
(Al. Chartier, la belle dame sans mercy.) Toutefois si est chcute a terre (2).
(Mist. du S. d'Orl.p.637.) Moins honteux d'être client que de s'être dresse.
(Régnier, sat. X.)
Ce participe était encore usité sous la forme contracte chut, chut te au siècle de Louis XIV :
Et la plume cent fois m'est chutte de la main. (Cotin, Rec.de pi. p.)
Le participe présent est toujours dictant.
La roifleen va toute cheiant..
(Buchon, Th. au moyen-âge, p. 260.
5° Je ne rappelle ici que pour mémoire, en ayant déjà parlé ailleurs, que le verbe sa voir, comme avoir, contracte la diphth. au en a au futur et au conditionnel : Je sarai. comme j'arai (3).
6° Voici les temps des verbes valoir et vouloir qui diffèrent de la prononciation du français :
(1) Cf. Hug. Capct. vs. 4896.
(2) Cf. av. le subst. cheute :
Il cheut, mais lui craigaant que N'apportast à ses gens quelque douteuse émeute. (Est. Pasq. II, 1-3; V. Hug. Capct, vs. 1273, j'averay ; vs. 1274, faray.
INDICAT. PRESENT.