PARTICIPE PASSÉ
Valu et vaillu. Voulu, et vola.
Vaillu ne se trouve pas au moyen-âge. Voir pour volu Burguy, II, p. 1 1-1.
7° Le verbe mouvoir n'existe pas sous sa forme actuelle en blaisois. On y emploie la forme normande mouver que l'on conjugue comme aimer : Je mouve, je mourais, je mouverai, que je mauve, mouvant, mouvè (Y. Burguy, II, p. 30).
Je meuve and je me mouve.
(Palsgr. p. 63o.)
8° Le subj. prés, du verbe savoir est toujours que je sape.
Cette forme, inconnue à l'ancien français, est seule usitée dans nos campagnes. Otîenbach s'en est servi dans une de ces bouffonneries :
FI faut qu'un bon savetier Save, save, save, save, save, save, save il faut qu'un bon savetier Save, save, save, save son métier.
Le Savetier et le Financier.)
9° Le verbe français asseoir ne fait point partie de la 3" conju-
(1) Pantagruel, IF. 2. op. Burguy, 11.66.
gaison dans le dialecte blaisois. Il a deux formes, l'une, assire qui appartient à la 4e, l'autre asséger, assiéger ou mieux assièezer, qui appartient à la 1 re.
Le premier, dont j'attribue l'origine au verbe latin adsistere, se placer auprès (adsistere, assistere, assistre, et en vertu du principe de moindre action, comme on dit aujourd'hui, assire), est très régulier. $
ïnd. prés. Je m'assis, assîions, assîiez, assient. Imp. Je m'assîyée, etc. Fut. Je m'assîrai. Cond. Je m'assîrée. Subj. Que je m'assie. Part. prés. s'assiyant (pron. assillant) (!).
Nous retrouvons toutes ces formes, qui le croirait? au XVIIe siècle sous la plume des meilleurs grammairiens.
Comme le dit l'un d'entre eux « l'usage était fort brouillé sur tous les temps de ce verbe asseoir » dans la première moitié du grand siècle. Il était si brouillé que Vaugelas conjugue ce verbe d'une manière dans ses notes manuscrites, d'une autre dans ses remarques imprimées.
« Il met donc dans ce manuscrit au plurier du présent asséons et assions, asséez et assiez, asséent et assient ; il préfère pourtant comme meilleurs assions, assiez et assient, mais il ne fait aucune mention tf asseyons et Rasseyez des Remarques ; je ne sçay si on doit prendre ce silence pour une condamnation.
Et dans les Remarques et dans le manuscrit il rejette ils s'assisent, dont se servent communément les Parisiens, par la raison que cette s ne luy peut venir d'aucun endroit, et qu'importe, pourveu qu'elle lui vienne de l'usage.
A l'imparfait il met dans le manuscrit je m'asseois et m'assiois, tu t'asseois et assiois, asseoit et assioit, assions, assiez, asseoient et assioicnt, au lieu que dans ses Remarques il dit ; Je m'asseyais, tu t'asseyois, asseyoit, asseyons, asseyez, asseoient.
Pour le futur, M. de Yaugelas n'en parle point dans ses Remarques,
(1) On dit aussi : Nous nous assisons, vous vous assisez, ils s'assisent ; je m'assisée ; assise-toi, que je m'assise ; s'assisant. ( V. plus loin la forme infinit, s'asstser.)
mais dans le manuscrit il met je m'assiray, assiras , assira, nous assirons, assurez, assiront, et il rejette assiérai, assiéras, etc., dont bien des gens se servent; il condamne encore assoirai], assoiras, assoira, etc., dont usent des grammairiens, parce que le futur se devant former de l'infinitif, il est sans doute que , suivant les règles, asseoir, qu'on prononce assoir, doit faire au futur assoiray, assoiras; mais il méprise cette raison parce qu'elle est inutile contre l'usage, qui ne permet pas non plus voirray, que quelques-uns disent pour verray. Il ne souffre enfin au futur que je m'assiérai/, assiéras, assiéra, dont il dit qu'il est pourtant plus élégant d'ôler Ye; mais bien des gens se mocquent de cette élégance, et disent ordinairement je m'assiérai, etc.
11 ne fait aucune mention du sing. de l'impératif dans ses Remarques, mais dans le manuscrit il dit assis-toy ou assieds-toy ; il préfère pourtant le premier. 11 met ensuite qu'il s'assie et qu'ils s'assient, et il rejette qu'ils s'asseent et qu'ils s'assisent. Au plurier de ce temps, il met asseyezvous dans les Remarques, au lieu qu'au manuscrit il n'en parle pas, mais seulement cCassiez-vous et assêez-vous.
A l'optatif il met dans le manuscrit : Plût a Dieu que je m'assise, tu C assises, etc.
Au subjonctif il met dans ses Remarques : Afin que je m'asseye, tu l'asseyes, etc. ; mais au manuscrit, il conjugue ainsi ce temps : jeniassie, nous nous assiions, etc.
Au participe, il dit dans ses Remarques asseyant; au contraire, il semble le mépriser dans le manuscrit, où il dit assèant ou assiant. » (^",,es 0bs. quest. XLIV.)
Ces observations sont confirmées par Patru (p. 418) :
a Je m'assieds, écrit-il ; on dit aussi je m'assis , tu Cassis, il s'assit, et ce dernier me semble maintenant plus usité. Nous nous asseions, vous vous assciez; on dit aussi nous nous assisons, vous vous assisez, ils s^assisent. »
« Quanta l'impératif, asseiez-vous et assisez-vous sont tous deux bons, mais le second me semble le meilleur. Assiez-vous m'est insupportable. » (Id. id.)
« Il me souvient, ajoute t-il, qu'il n'y avoit pas longtemps que j'étais
de l'Académie, lorsqu'on y proposa la conjugaison de ce verbe. M. de Cerise, qu'on appelait Cerise La Rochefoucault, M. l'abbé de Cerisy, MM. Vaugelas, Ablancourt, Gombaut, Chapelain, Faret, Malleville et autres y estoient. Je ne parle que des morts ; nous n'avons point eu de meilleurs grammairiens, surtout Vaugelas, Cerisy et Cerise. Il passa enfin que je m'assieds et je m'assis, tu t'assieds et tu t'assis se disaient également, que il s'assied et il s'assit estoient tous deux bons, mais qu'il s'assied estoit le meilleur ; nous nous asseions, nous nous assisons, vous vous asseiez, vous vous assisez estoient tous deux bons, mais qu'asseions, asseiez estoient meilleurs. Pour la troisième personne plurielle, je ne me souviens point de ce qui en fut décidé 5 mais je confesse qu'ils sassiient me choque, et je diray toujours ils s'asseyent ou Us s'assîsent , si ce n'est qu'une rime ou une consonnance m'oblige de dire assient. » (ïd.)
Il est probable que les formes je m'assis ou je m'assie ont existé pour l'ind. prés, au moyen-âge, s'il faut lire sic et non sié dans cette citation du IVe livre des Rois (p. 347) : sie tei ici. D'ailleurs, nous trouvons à la fin du XIIIe siècle (V. Burguy, II, 75) l'infin. sir, dont l'impér. régulier est sis. Nous rencontrons aussi suent, s'assîsent , mais plutôt au passé qu'au présent de l'indicatif : Je assie or assys (Palsgr. p. 650).
Quoi qu'il en soit, il est constaté que toutes les formes simples du verbe asseoir dans le dial. blaisois, excepté l'infinitif lui-même, étaient, au siècle de Louis XIV, en usage dans la meilleure compagnie.
Vers la fin du XVIIe siècle , cette conjugaison disparut. Les formes normandes je m'assieds, je m asseyais, etc. , prévalurent. « On dit s asseoir, écrit Andry de Boisregard (p. 69) , il n'y a plus que le menu peuple qui parle autrement. Il dit aussi assisez-vous, pour asseyez-vous , ce qui est très mal. »
Ainsi, à cette époque (1 692) , d'autres infinitifs, tels que s'assir, et peut-être sassiscr, s'assiéger, etc. , étaient en usage alors dans la bouche du peuple parisien, comme encore aujourd'hui dans celle du peuple blaisois.
S'asséger, s'assiéger, s'assiéezer (du latin adsediare , assediare, assejare, asségerj. — De ces trois formes, la plus commune est s'assiéezer. Elle est surtout usitée à l'indic. prés. , à l'imparf. , à l'impératif et au subj. prés., moins souvent au participe prés. , presque jamais au futur, ni au conditionnel, où l'on préfère les formes je m'asslrai, je m'asslrée. Au lieu à! assis (rare) , on emploie de préférence les part, passés assiéezé ou assise.
Je n'ai jamais rencontré dans notre langue primitive aséjer dans le sens d'asseoir. Au contraire, on y trouve très souvent asseoir dans le sens d'assiéger. Je ne serais pas étonné que ces deux verbes, d'une racine commune, eussent eu aussi en commun le double sens que possède seul asseoir dans les textes que j'ai dépouillés. Ce n'est qu'ainsi que je puis m' expliquer la signification qu'a conservée assiéezer, assiéger dans le dialecte blaisois.
Assiser. — Des formes d'asseoir enise, isons, isez , isant, dont nous avons constaté l'existence jusque dans la seconde moitié du XVIIe siècle , et de la terminaison infinitive des formes en er est dérivé un verbe assiser, de création rustique, et qu'on peut affirmer n'avoir jamais existé au moyen-âge. Ses formes se confondent souvent avec les doubles formes d'assire. Il est régulier et usité surtout àl'impér. : Assise-toué ; au subj. : Foût-y que je m' assise? au part, prés. : Il a chè en s'assisant , et au part, passé : Y s'a assise. L'auxiliaire avoir n'est guère employé au passé défini qu'aux troisièmes personnes : Y s'a assise ; y souri assise.