‹ Du dialecte blaisois et de sa conformité avec l'ancienne langue et l'ancienne prononciation françaiseChapitre 14 sur 132 · CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL

De la prononciation de la lettre E.

J'éprouve quelque embarras avant de commencer ce chapitre. Les grammairiens en effet ne reconnaissent que trois sortes d'e, le muet, le fermé et l'ouvert. « On les trouve tous trois, dit Dumarsais, dans sévère, évêque, etc. » Mais Ye muet de sévère est-il le même que l'e muet de recevoir ou de devenir? Et dans ces deux verbes n'y a-t-il pas un e muet qui diffère de l'autre , un e muet qui se prononce, et l'autre qui ne se prononce pas? Car, remarquez bien que, de quelque manière que vous prononciez ces infinitifs, que vous disiez r'cevoir et d' venir, ou comme on dit plus communément , recevoir et devnir, il y a un des deux e muets, que vous ne sauriez vous dispenser de faire sonner, et que par conséquent on ne peut appeler muet. Comme cet e se prononce eu, qui est le son donné aujourd'hui à la lettre e dans l'alphabet, et comme il parait avoir sonné ainsi de tout temps dans les monosyllabes me . te, se, je l'appellerai e naturel.

Règle I. — E se prononce a dans tous les mots où il est suivi de deux consonnes, dont la première est un r; Ex : Apercevoir, berceau, perdre, vertu, etc., pron. : Aparcevouéere, barsidi\i,parde, vartu, etc.

Aparcéurent sei que l'arche fust venue en l'ost. (Rois, p. 15.) Deux garbes de blé. (Charte du XIIIe siècle, citée par Ler. de Lincy, Rois, Introd. p. LXXX.)

Et la vielle tozdiz sarmonne ('). (A. Jub. Neau rec, I. 407.) On Vaparçoit a l'eul. (Ga Dse Mac, p. 23.)

(F) V. Mol. Fest. de P. Acte II. se. I : Je l'ai tant sarraonné et Th. Corn, id.

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