‹ Du dialecte blaisois et de sa conformité avec l'ancienne langue et l'ancienne prononciation françaiseChapitre 17 sur 132 · PREMIÈRE PARTIE. j · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. j

cleu, etc. - Fièvre, orfèvre, chèvre, il se lève, etc., pron. : Fieuve orfeuve, chieuve, i's leuve, etc.

II nous est resté des traces de cette prononciation dans les noms propres iefeuvre, Lefcuve, pour Lefèvre (du latin FaberJ. (*) ... Le monde, quand il oui forgé Cène t'a nul apris, fors je.

(Rom. de la Rose, vs. 5461.) De ce ne vous ment-gie; Cierent III mort de vers mengié.

(Baud. de Condé, dans Alph. de la M , p. 1.) La vos aporteront les clefs E dons grans, beaus, riches e îeuz, etc. (Chr. d. d d. Norra. i8348.) Car le vin est trop cher; l'impôt, les quatriesmes,

Pestes des biberons, Faulte d'un peu de vin , feront mourir de rheumes

Les povres compagnons. (Oliv. Bass., p. 18.) Desor son dos que bien s'en cuevre.

Des or puet-il bien laisser trêve.

(R. du Renart, vs. 851.) Les treufves sont prinses entre eulx pour deux mois. (Palsgr., p. 751.) L'accord fut fait d'une trcuve paisible. (L. des Mas., p. 56i&) ' C'est en vertu de cette régie que vef, vefve sont devenus définitivement au XVI- siècle et dans l'écriture et dans la prononciation Mf. veuve. Du Bartas est ie dernier qui se soit servi de la vieille forme :

Je chante les vertus d'une vaillante vefve

Qui pour sauver Jacob trempa le juste glaive

Dans l'infidelle sang du prince assyrien. (Du Bart., Judith.)

Remarque I. — E, quoique fermé en français, ne se prononce pas dans chétif, ni dans quérir.

(D Voir La Morlièpe , page ?)76p ^ ,orfebvre c{ aux pageg 33g et ^ ^ ^^ ^

nage, Jean Lorfeuvre. Cf. Cl. Fauchot, roc, p. 109. Fièrent corn fmum sus enclume.

« Il faut prononcer qrir et non pas quérir. » (A. de Boisreg., p. 497.)

Remarque IL — E sonne i clans dehors, fainéant, lésard, lécher, jeter et leurs composés, ainsi qu'en certains temps du verbe acheter (prononcé a-jeterj, surtout aux formes où la syllabe radicale chet est suivie d'un e muet : Diors, féegniant, lizard, licher, jitcr, j'ajite (ou j'ajeute), j'ajilerons (ou j'aftronsj.

« La fcniantise les avoit réduits a tel point qu'ils estoient prests a mener une vie fort dissolue, sans qu'ils en furent détournez par le philosophe Pythagoras. » (De Coll.-Cauv., liv. XX.)

Et si acquiert déshonneur par mentir,

Par paresce, du tout s'aniantir. (Eust. Desch., p. 36.)

Attourné de Gaultier fait-mjent. (J)

(Testam. dePath., p. 186.) Petits Usars courans a travers le pampre.

(Rabelais, ap. Jaubert.) Semblable a ce serpent, qui, pu de mauvaise herbe, Reliche et repolit ses escailles bien jointes.

(Ronsard, cité par H. Est. Précell., p. 55.) Et la lichanl se joue aux abords du rivage.

(Ronsard, cité par Gérusez, Hre de la Litt. fr. tom. 1, p. 366.) Ils se Echoient le morveau.

(Journal de l'Estoile, 8 déccmb. 1593.) Gita un cri, si s'cscria (R. du Renart, v. 551.) Comme qui giteroit rubis Entre porcs ou entre berbis.

(Bible Guiot, dans Roquef. a giter.) Qui bien gitera

Le compte trovera. (J. Rouyer, p. 111.) Gitoers (Jetons) de la Chambre des comptes le Roy.

(Id., p. 39.)

(1) Voir Jeh. Bouch., prolog., pag. 10, faict7iéant.

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