PREMIÈRE PARTIE
Quant le emfes at tel âge ,
Ke il scet entendre langage,
Prime en fraunceys li devez dire
Cornent soun cors deyt descrivere, (rie)
Pur le ordre aver de moun et ma,
Toun et la, sounel sa;
Ke en parole seyt meynt apris,
Et de nul aultre escharnys :
Ma teste ou moun cheef-,
La grève de moun cheef, etc. (G. de Bibl.)
0 quel folour
Quant vostre amour
Et vostre honour
M'avés abandonnée.
(ErnousCaupains, Buchon, p. 39.)
21° Toutes les fois que o est suivi ou précédé de r, il sonne et s'écrit même souvent ou. (Voir l'exemple précédent : folour, amour, honour.) Ex. :
Et s'averés pain de fourment, Bon froumage, etclere fontaine.
(Li Jus du Pèlerin, Buchon, p. 112.) El Jalousie et malle bouche Qui n'ayme que maulvais reprouche.
(R. de la Rose, vs. 4194.) Je n'en seray a nul fourfait. (J. Bodel, Buchon, p. 169.) Le toict de la maison envers loy fort sapprouche, Car tu giez sur le bas, le hault joint a la bouche; Tu n'as membre sur toy, qui n'ait aucun reprouche. Os, char et cuir pourrit, tu n'as dent qui ne louche.
(Ledéb. du Corps, p. 57.) Quel chiere fait-il? Triste et morne. Et que fait-il? Sans dire mot, Il attend que le vent se tourne. (Ch. hist. I. 361 .) Enfermés comme (en) une tour
34 DU DIALECTK BLAISOIS.
Y sont pris comme le butour, Qui est dedans la saulerelle.
(Mist. du S. d'Orl., vs. 5150.) .l'espère être encoures la ou sera le roy.
(Lett. de Phil. de Corn.) Maintenant chacun vous appelle <> Partout : Avocat, dessoubz l'orme; i <+ Encor ne le dis-je pas pour me Vanter. (P. Path. p. 20.)
Celte citation nous indique la prononciation des rimes orme et corne dans les vers suivants du Testament de Pathelin (p. 207.) :
En son temps advocat sous l'orme, Conseiller de Monsieur de Corne. — Le lendemain l'abbé s'esveille et sourt (sort) ; Des compagnons un chacun fait le sourd.
(Ch. Bourd. p. 90.) Le maistre d'hôtel serre tout Pain, lard, voir une méchante crouste.
11 est avare jusqu'au bout ; Pour faire un faux rapport il Irotte; Pour la paix il va tout le pas ; En scavoir jamais ne se crotte Car il ne s'y cnfondre pas :
Voila pourquoi Monsieur le gouste. (Tabourol, p. 18.) Ses reins de puissance et fource (force)
Elle trousse Pour ouvrer a tout rebras, Alegre, plaisante et douce, etc.
(Bonav. des Périers, p. 374.) Cet œil qui fait qu'au monde je me plais Qui fait rocher celuy qui s'en approuchc. Ore d'un ris, or1 d'un regard farouche Nourrit mon cœur en querelle et en paix.
(Ronsard, Amours, I, sonn. 212.)