PREMIÈRE PARTIE
nière voyelle, c'est-à-dire prend le son de 17 fermé ou de Ye naturel. Ex. : labyrinthe, hydropisie ; pron. : labérinte, édroupésie :
Puisque Ton voit un esprit si gentil
Se recouvrer de ce chaos sutil
Ou de raison la loi se labérinte. (dans L. Labbé, p. 210.)
Vous serés tout paralelique. (Buchon, p. 89.)
Remarque I. — C'est en vertu de cette propension commune à nos ancêtres et aux paysans blaisois de transformer en é ou e le son i , qu'il soit représenté par i ou par y, qu'un certain nombre de mots, où figurait Y y au moyen-âge, ont passé dans notre langue actuelle en remplaçant cet y par e ; Ex.: yglise, Ysopct, syringue, yrésie.
Ci cummencerai la pnïniere Des fables quYsopcz escrit.
(M. de Fr., Fables, Prologue.) Ces hautes ygJises dont il avoit tant que nus nel péust croire. (Villehardouin.)
Syringuant ses humeurs Par les pores secrets des arbres et des fleurs. (Du Bart., p. 38. Cf. p. 13.) La syringue, instrument bien cognu, à l'aide duquel une chose est doucement infuse dans l'autre. (Notes sur le 2e jour de la semaine de du Bartas.)
Moult hai li rois yresie. (Phil. Mouskes, 3078.)
Un exemple curieux de cette permutation (Yy-i en e est le mot cimetière, qui après avoir passé par les formes cimetire, cimeter, cimitere, cemetiere, s'est fixé définitivement au XVIIe siècle sous celle qu'il conserve aujourd'hui.
CIMETER, OMETTRE. — V. Chr. d. il. d. Norm., p. 249. Tuit li cors d'un cimetire
Se pristrent a la karole. (Jub. N"nu Rec. 11. 216.) Les cimeters en sont boçus. (Liv. du bon Jehan, 439.)
CIMETERE, CIMITIÈRE. — CHIMENTIERE.
Je la maine en son cymitièrc. (Gde Dse Mac., p. 43.) En 1 chimentcrc Tensierent. (Richart libiaus, p. 28.)
Cf. Jeh. Rouch. folio IX, recto, — et Roquef. a cimentcre.
CEMETIERE :
Que la sera leur semetiere.
(M. du S. d'Orl., 182H; Cf. p. 752.)
Semetiere (pron. seum'quière), est encore aujourd'hui la seule prononciation en usage chez nos paysans. Robert Estienne ne reconnaît que cemetierre. Nicot et Cotgrave signalent cemeîierre et cimetierre.
Remarque II. — Dans myrte, Vy sonne toujours comme e naturel, c'est-à-dire eu.
Au chef tout a Tentour Du maternel meurte met un atour.
(L. des Mas., p. 210.) 0 combien je baiserois Ces pommes qui tant de fois Ont de mo\ fait un doux meurtre, Sur lesquelles je cueillis De mes lèvres le blanc lis L'œillet, la rose et le meurthre. (Est. Pasq., chanson.)