quatrième partie
Humer. —
Garde bien d'approcher, quand ell'Jiwme, a ses bords. (Id. p. 8C6.)
Il est question de Scylla.
Hangar. — J'ai gardé pour la fin , (') parce qu'il est du XV 111" siècle, l'exemple suivant, tiré des œuvres du marquis de Villette, moins connu par ses poésies que par ses relations avec Voltaire :
Voila les tableaux entassés Sous Y hangar delà renommée.
(Cité par le Moniteur de V armée du 1er mai 1868.)
Ce n'est que dans son édition de 1835, que l'Académie a signalé l'aspiration de Y h dans hautbois et dans hautesse. Elle l'avait dès longtemps signalée dans hangar, au grand étonnement des auteurs du dictionnaire de Trévoux et plus tard de Domergue , indignés que l'Académie écrivit par un h un mot dérivé du latin angarium. Je me demande pourquoi ils n'ont pas ressenti la même indignation au sujet de l'aspiration de haut , qui dérive du latin altus.
Hongrie, Hollande. — Ces noms propres offraient jusqu'aux premières années de ce siècle une particularité curieuse. L'aspiration y disparaissait, toutes les fois qu'ils ne servaient qu'à indiquer la provenance commerciale d'un objet. Ainsi on disait le stathouder de Hollande, le roi de Hongrie (2), mais de la toile d'Hollande, de l'eau de la reine d'Hongrie. C'était la règle; elle subissoit souvent des infractions : ce Les Ollandois... etc. » (Tavannes, 3e advis au roy, pag. 21 .)
M. Helvétius est fils d'un médecin d'Hollande. (Vigneul-Marv., Mélang. I. p. -42.)
(1) Je puis ajouter pour ôtre complet uu exemple du XIX9 siècle. J'ai trouvé en mai 1873 Paris envahi par des placards ainsi connus : A V Hérissé, 28, bout, de Sébastopol.
(2) Ce mot n'était pas aspiré au moyen âge : Si estoit madame Ysaheau avec lamine, celle qui fu d'Ongrie. » (Liv. de la Conq. dans Bucli. llist. des Conq. p. 421.)
Ce n'est guère qu'à partir des dernières années du XVIe siècle que la règle de Yh asp., à part quelques rares exceptions, dont j'ai signalé quelques-unes, est fidèlement observée par les écrivains , dans les mêmes mots où nous aspirons encore Yh aujourd'hui. Néanmoins il ne faudrait pas croire qu'il en fut toujours de même dans la conversation, et Yaugelas nous atteste que dans la plus grande partie de la France cette règle , de son temps, était fort peu pratiquée. Du reste, encore de nos jours, le peuple, même de Paris est loin de reconnaître et de suivre en cette matière les préceptes de l'Académie, et je me souviens d'avoir entendu crier dans les rues de la capitale par ces gamins qui s'improvisent au printemps marchands de hannetons : « A un liard les z' hannetons! »
Remarque. — Il y a quelques mots dont la lettre initiale , non aspirée en français, est aspirée dans le dialecte blaisois : ce sont huit et ses composés , huiler (non pas huile), onze et ses composés, ouéte, oui et ourse. L'aspiration qui se fait sentir dans ces mots, à l'exception de onze et de ourse, reproduit un son très voisin du v, une sorte de digamma, lettre qui remplaçait aussi l'esprit rude dans le dialecte éolien ; Ex. : grec, écxépa; éolien, Fecxepa; latin, vesper. Ainsi beaucoup de naturels du pays blaisois ne se contenteront pas de dire le huitième, iz on huilé, de la oucte, i ma di oui, mais prononceront vuitième, ou même veutiéeme et viticeme; vuiler et vueuler; à' la vouete; voui ou même vi.
1° Huit et ses composés ont eu Yh tantôt muet, tantôt aspiré au moyen-âge (') ; mais j'ai cru découvrir une trace delà prononciation par v dans une lettre d'Edouard Ier, roi d'Angleterre :
Doné a Dovre, le vytime jur de fevryer. (Lettr. de Rois, I. p. 190.)
Qu'on remarque bien que dans cette phrase le v comme dans Dovre et février, et Vu comme dans/wr sont bien distincts.
(1) Cf. Cur. inouies, p. 293: L'huictiesme ciel. — Au huictiesme — p. 68. La huictiesinc; et Bibliot. des Enf. p. 135 : « D'autres d'un plus haut rang disent : voui vou non : non autrement ; vuit heures. »