QUATRIÈME PARTIE
multis verbis, in quo antiqui dicebants, posteri dicunt r, ut in carminé Saliorum sunt cosauli, dolosi, eso, etc. (pourc horauli, dolori, ero). » Et quand on prétend que garrire a Mi jaser et pluriores plusieurs, je me demande s'il ne serait pas plus naturel et plus vrai de supposer que les formes rustiques gassire (gassere ou gassare?) etplusiores ont existé dans le latin, et fourni ainsi directement ces mots à nos pères, sans que le roman ait eu besoin de métamorphoser IV en s (1).
IR. — Dans les terminaisons verbales en ir, IV ne sonne jamais ; Ex. : Vas-tu finir? Il ne fait que courir; pron. : Vâ-teu f'ni? ] 'nrCfeut qu' court. On ne le prononce pas même devant une voyelle ; Ex. : Tu devrais bien venir avec moi; pron. : Teu d'vrée ou délivrée bien v'ni aveu moue, ou mieux a quant eu moue (2). Dans les autres mois IV la plupart du temps ne se prononce pas; désir, soupir, plaisir, etc., sonnent de préférence dcuzi, soupi ou sopi, pléezi.
Cette prononciation blaisoise de Yir final est conforme aux habitudes de l'ancienne langue jusqu'à la fin du XVIe siècle :
11 a grant droit, certes! (Fromons a dit) S'il en povoit au desseure venir, Il vous devroit escorchicr tretoz vifs, Fils a putain! De quoi vous movoit-il Quand vos seigneurs osastes envahir En liaison , et sa femme foUir.
(Gar. leLoherain, II, p. 240.) Deflenscs sont faictes civiles Aux cordonniers de ce pays De ne partir de celle ville
(1) Cf. le sanscrit : Ravis tarali, le soleil traverse, et ravir jayati , le soleil triomphe; (E. Burn. méthode, p. 19.) et Grotefeml, rudim. ling. 0SC«, Hanov. 1839, p. -17. — Cf. aussi les futurs grecs en m, latins en ro, ûrotuu, ero, àuM<ru, auxero; pvi^oiuu, genuero , etc.
(•2) Chateaubriand est le dern. auteur qui se soit servi de la loc. prép. quant et. (Mém, d'outre-tombe.)
Pour aller au-devant des cuirs.
(Lincy, Ch. bist., II, 327.) Et priez Dieu jusqu'aux derniers soupirs, Adieu vous dy, bons subjects et amis.
(Id. id., II, 319, ann. 1574.)
Ce ne fut qu'au XVIIe siècle que l'on commença à faire sentir IV dans les terminaisons en ir : « Tous les er (r masculin), et tous les ir, dit le P. L. Chifflet, ne prononcent pas IV devant les consonnes : Aimé fidellement, le dési de vous voir. Néantmoins de prononcer Yir aux mots en ir comme désir, ce ne serait pas une faute. » La prononciation de IV dans les ir finals était, comme on voit, une tolérance au XVIIe siècle.
Au commencement du XVIIIe, ce fut la règle, du moins pour les substantifs. La voici en 1702, telle que la formule Regnier- Desmarais dans son Traité de la Gramm. franc, (p. 48,49) : « LV se prononce dans tous les substantifs terminés en ir, comme plaisir, désir, souspir, martyr, zéphir... Quant à la terminaison ir des verbes, IV ne s'en prononce jamais dans la conversation, ni devant une consonne, ni lorsque le verbe finit le sens, et que mesme on néglige souvent de la prononcer devant une voyelle. Mais dans la prononciation soutenue , il faut faire toujours sentir IV. »
Chose bizarre que l'usage, et qui rend les lois de la prononciation beaucoup plus difficiles à établir que les lois même de la formation de la langue! Voilà deux terminaisons er, ir, absolument soumises aux mêmes règles dans les verbes en 1702; dans aimer, comme dans finir, r sonne toujours dans le discours soutenu, jamais dans la conversation ; et 2o ans n'étaient pas écoulés, qu'une scission se produisait entr' elles, et que le caprice de l'usage éteignait le son cle IV dans les terminaisons en er, et l'imposait dans celles en ir. Nos paysans sont restés fidèles à l'ancienne prononciation. (Voir pour IRE le paragr. précéd. ERE-OIRE, p. 215.)
OR-OUR. — ■ Je réunis ces deux terminaisons dans le même
paragraphe, parce que dans le dialecte blaisois le plus pur elles