PREMIERE PARTIE. d
Et plus ressanle chose eslauble. (M. de Fr. Fabl. 89.) S'ils ne défondent leur roiaumc De haut estai eu bas escame. (') Pevent bien loi* siège eangier.
(Miserere du Reclus de Moliens, str. 16o, Roqucf. a cscame.) Qui deux corps et deux âmes Et deux voulentez oui •.
Non de loingtains royaulmes, Mais d'Allemaigne sont. (Jeh. Mol. p. 182.) Je navre et je nauvre . (iJalsgr. p. T8i.) Vous estes tauié ou ta\é. (ïd. p. 715.) Je me espasmeray ou espawmeray. (Id. p. 746.) L'hosle s'écrie, et la Cérame se pasnie ; Les regarder, mon serment, c'est un basme.
(Ch. Bourd. p. 81 ) Mais avant qu'essayer chose si excellente, Et que sur Féchawffault pour sonner se présente. . . etc. (Gr. Gourdry, dans Nicol. Ellain. p. 9.)
Dans la plupart de ces mots l'a se prononçait en français autrefois et se prononce encore aujourd'hui dans le dialecte Blaisois, de telle sorte que l'oreille la plus exercée ne saurait déterminer si c'est un a ou un o. C'est un son qui a complètement disparu de la langue de nos jours. (V. Max Mull. Ndles leçons, p. 148, Note.)
Denis papa, maman, (qu'on prononce aussi p'pa, m'man), c'est surtout Yo qu'on fait sentir, tantôt bref, tantôt long: Popa, maman. (s)
Je suppose que c'est cette attribution du sou au à la lettre a qui a donné lieu à la prononciation si commune encore de nos jours parmi le peuple, et autrefois si française, du mot armoire : Ormoire, prononciation encore en usage au commencement du XVIIe siècle.
(1) V. Eust. Deseh. p. 179.
(•>) Cf. Théoph. 2»"-' part. pag. 30 : « une odeur de Tobac. »
Puisqu'il n'a sens ne qu'une auJmoyre.
(Villon, Pet'. Testam. XV.)
Tantost a trovée une aumoire. (Rom. du Ren. vs. 3260.) Ormaire ou armaire. (Très, de Nicot.) Ormoire et armoire. (Dict. de Cotgr.)
Cf. Danpn et donjon ; dam et dom ; pramesse et promesse , phantasme et fantôme.
« On a changé l'a en o dans ormoire qui a été dit pour armoire. » ( Ménage, a abri.)
Remarque I. — À fortiori, l'a se prononce très long , très ouvert et d'un son très voisin de Yô dans les mots où il est circonflexe ; Ex. : grâce, pâte, bât, etc., pron : graâuce, paâute, baâut, etc.
Remarque 2. — Contrairement à la règle, a se prononce très long dans certains mots qù il est bref en français ; Ex. : atelier, effacer, tracer, espace, patience, etc., pron. : atelier, e/fâcer, espace, patience, etc., et de même dans tous les composés de patir, contrairement à la quantité latine du radical pat. Ajoutez-y soldât ; dans ce dernier cas surtout , le paysan Blaisois reste fidèle à la prononciation des XVe et XVIe siècles.
Pensez que un prince d'estat
Ne fera pas telle vilanie
D'aller luicter contre un soudard.
(Mist. du sièg. d'Orl. vs. 7730.) Lyon, prochain du Savoyard, A bien montré qu'il est soldai.
(Ch. hist. tom. H. p. 545.)
Prononcez Savoy ât, soldât. (')
Remarque 3. — A se prononce un peu ouvert dans les terminaisons en âge, excepté dans voyage, où il sonne très long, comme
(1) Voir le chapitre intitulé : De la prononciation de IV. La prononciation conforme à l'écriture soldart s'est conservée en Anjou. Cf. J. de Montl. p. 11. V. aussi Est. Pasq. I. 757.