TRANSFORMATION D'UNE VOYELLE EN UNE AUTRE
1° A se transforme en e (ou ai); Ex. : glencr, amena, etc. Icellc Mabillc avait emblé et l'ait ses glennes en temps d'août. (Gl. de Carpent. art. Glana.)
Chaircuictier, Thermopola
(Fcd. Morel.) Hercules en sa fureur esracha ou arracha les arbres. (Palsgr. p. 670.) 2° E se transforme en a: Farme, lanlarnc, acouicr, astimcr, etc.
Jadis labouroye, A par moi houoye, * Etseulet plantoye En ses terres fermes ; De riens paour n'avoye, Brigans ne voyoye, Ne point je n'oyoye Le bruit des gens cV armes ^ Lances ou guysarmes, Mais moines et carmes, Bourgeoises et dames Tousjours rencontroye.
Las! bon temps j'avoye, Dont adès lermoye A moût chaudes termes.
(Martial de Paris, Vig. de la M. de Ch. Vil.) Pleurant a grosses larmes Sans tenir autres termes.
(Ch. norm. anc.) Qui tare a, guare a.
(LePéd.joué, 11,2, p. 34.)
3° 1 se change en e (ou eij, rarement en u.
A Tore de meie nuit.
(S1 Bern.) Lors (iert de grand angoisse pleine Son espée dans sa poitrine.
(R. de la Rose, vs. 9052.)
De bon vin payez chopine
C'est bon loyer pour la peine.
(01. Rass. p. 19.) Le roy, sçachant vos peines,
Vostre tourment
Fait arrêter Conchine
Tout promptement.
(Ch. sur la mort du marq. d'Ancre, 1007. Recueil Z, p. 56.)
Ton humeur est, Cathereine, Plus aigre qu'un citron vard ; On ne sait qui techagreine, etc. (l).
(Reproch. à Catherine; Ch. et chans. popul.)
4° U en i; Ex. : himcur, liméro (humeur, numéro).
Elle teignoit en rouge le brignon.
(Rec. despoèt. III, 339.)
Cf. //mingon et /«mignon.
Lorsque tu me fais la meine De ce que j'aime Colas Et que ton himeur chagraine S'oppose a tous nos ébats.
(Rép. aux reproch. a Cather. Ch. et chans. popul.;