Conc. Trid., Scss. xxii, 5. — 2. Pontif., De presbyt
qu'on ne connaît jamais assez, c'est la nature même du divin Sacrifice, ses raisons, sa grandeur, sa sainteté, son mérite, ses fruits. Un pieux Docteur, expliquant ces paroles de l'Apôtre : Ratlonabile obsequium vestrum^ , « Que votre culte soit intelligent, » fait cette réflexion : Quoniodo rationabile erit obsequium, ubi is qui offert oblationis sux non capit intellectum ^ ? Comment rendre à Dieu le culte qu'il demande, un culte intelligent et spirituel, si l'on n'a pas l'intelligence du sacrifice qu'on célèbre? C'est donc là ce qu'il faut étudier plus que tout le reste. « Jamais, dit saint Liguori, un prêtre ne célébrera la Messe avec une dévotion convenable, s'il n'a pas du divin Sacrifice une souveraine estime. » Or pour l'estimer comme il convient, que faut-il ? Il est nécessaire de le bien connaître, et pour le bien connaître, il faudrait avoir étudié et approfondi tout ce qui s'y rapporte, c'est-à-dire ce qui fait le fond du christianisme : Dieu, ses perfections, son souverain domaine, sa justice, sa sainteté, son amour, ses desseins ; Jésus-Christ, sa personne, sa mission, son œuvre, ses vertus, son sacrement, sa vie dans l'Eglise et dans ses membres ; les âmes, leur valeur, leur destinée, leur dépendance de l'Homme- Dieu, le besoin qu'elles ont de sa grâce, l'union continuelle qu'elles doivent avoir avec lui, le fruit qu'elles en doivent retirer. C'est la science des saints tout entière qu'il faudrait ; c'est la connaissance de tout le monde surnaturel. Encore laisserait-elle à désirer; car lors même qu'un prêtre pourrait acquérir en plénitude la science que possédait saint Paul, emincntem scientiam Jesu C/iristi Domini nostri^, que dis-je? lors même qu'il
1. Rom., XII, 1. — 2. Pet. Blés., Opusc. xxiv. — 3. Phil., m, 8.
aurait dès cette vie la claire vue des bienheureux et que son intelligence égalerait en étendue et en pénétration celle des anges et des archanges, il ne pourrait encore comprendre qu'imparfaitement l'excellence de l'œuvre qu'il accomplit à l'autel, et jamais il ne pourrait l'estimer et l'honorer autant qu'elle le mérite : Magnum enim est sacruinciitum, supra oiniiein xslimationcm, supra omnem iiilclligcntiam, supra omnem enilnentiam, in quo salus est mundi, pretium sœculi *. Mais enfin, plus il acquerra de lumières sur ce sujet, et plus ses sentiments s'élèveront, s'ennobliront, s'enflammeront. Plus l'excellence de son ministère le ravira, plus il se sentira anéanti en présence de la divine Victime; plus aussi il aura d'ardeur et de confiance à solliciter les grâces du ciel; plus il éprouvera le besoin et il sentira le désir de mourir à lui-même, afin de servir d'organe à la charité du Sauveur dans l'oblation de son sacrifice et dans le soin des àraes rachetées par son sang.
Qu'y a-t-il à faire si l'on veut acquérir ces connaissances ? Par quel moyen parviendra-t-on à se pénétrer de ces sentiments et à s'éclairer de ces lumières? Par l'étude en partie, mais principalement par la méditation et par la prière.
Bcatus liomo queni tu erudieris, Domine- ! Heureux les cœurs purs, parce que Dieu leur révélera ses secrets! Heureux ceux qui sont humbles et qui sentent leur impuissance à s'éclairer eux-mêmes, parce que l'Esprit- Saint se fera leur maître, et que par les clartés qu'il répandra dans leur âme, il leur découvrira souvent, en un
1. Pet. Ules., Epist. cxxiil, ii l'évèque de Londres, pour se défendre d'accept'T l'honneur du sacerdoce.