‹ Du divin sacrifice et du pretre qui le celebreChapitre 103 sur 247 · Ps. xciii · texte numérisé non relu

Ps. xciii

jour, plus de vérités salutaires et sublimes qu'ils n'en auraient appris dans de longues années de travail ! Qui a Christo didicerunt mites esse et humiles corde , plus cogitando et orando profiçiunt, dit saint Augustin, qiiam legendo et audiendo* .West-ce pas ce qu'enseigne aussi l'expérience? Considérez quels sont les prêtres qui trouvent leur bonheur au saint autel ou au pied du tabernacle, qui ne cessent de remercier Dieu de leur vocation, qui sont persuadés qu'il a plus fait pour eux, en mettant entre leurs mains le sang de son Fils qu'en leur donnant l'emjîire de l'univers et tous les trésors du monde, qui ont peine à terminer leur action de grâces après le saint Sacrifice, ou plutôt qui ne la terminent jamais, parce qu'ils gardent toute la journée le souvenir de l'Agneau divin qu'ils ont offert à l'autel, qui sentent leur esprit trop faible et leur cœur trop petit pour comprendre et goûter la grâce que Dieu leur fait dans la célébration des divins Mystères. Ne sont-ce pas les prêtres fervents, les saints prêtres, appliqués à Poraison et habitués au recueillement, comme saint Philippe de Néri, comme saint Pierre d'Alcantara, comme saint Jean de la Croix, bien plutôt que les prêtres qui ne sont que savants et appliqués à l'étude^?

Qu'on s'instruise donc par ces exemples! Qu'on s'applique à vivre comme les saints, dans le recueillement, dans l'humilité, dans une grande pureté de cœur; qu'on

1. S. Aug., Epist. CXLVII, 1. Ego sum qui humilem in puncto elevo mentem, ut plures œternae veritatis capiat rationes quam si quis decem annis studuisset in scholis. Ego doceo sine strepitu verborum^ sine confusione opinionum, sine fastu honoris, sine pugnatione argumcntorum. (Imit., m, '^'^. )

2. Nos non spiritum hujus mundi accepinius , scd spiritum qui ex Deo est. ut sciamus qute a Deo donata sunt nobis. (I Cor., li, 12.)

se tienne le plus possible uni à Dieu et occupé de Dieu, qu'on aime à contempler les grands objets que supposent les divins mystères, la présence réelle du Sauveur, sa vie intime au saint Tabernacle, l'amour dont il brûle pour son Père et pour les âmes, l'olTrande incessante qu'il lui fait de sa personne et de tout ce qu'il possède, la joie qu'il éprouve de s'anéantir à tout instant pour sa gloire, le désir qui le presse, quand il descend en nous, d'unir notre cœur au sien et de l'embraser de sa charité. A force de méditer, de prier, de contempler, on ven^a, comme les saints, le jour se lever parmi toutes ces ombres. Tous ces mystères se dégageront de leur obscurité et s'éclaireront les uns les autres. Bientôt on aura assez de lumière et l'on sentira assez d'amour pour mettre son sacerdoce et le bonheur qu'on a d'offrir le divin Sacrifice infiniment au-dessus de toutes les gloires du monde, pour se croire plus honoré au saint autel que Moïse ne l'était au Sinaï et que saint Pierre ne le fut au Thabor, enfin, pour n'avoir plus au cœur qu'un seul désir, mais un désir incessant, insatiable, toujours croissant, celui d'offrir dignement à la Majesté suj)rême, avec une pureté de plus en plus grande et un amour de plus en plus parfait, l'Hostie trois fois sainte, la Victime adorable qu'on tient entre les mains et devant laquelle la création tout entière disparaît comme un néant.

Nous ne voulons pas dire que toute lecture et toute étude soient superflues ou inopportunes pour les âmes recueillies. On n'a pas toujours la lumière et l'attrait nécessaires pour contempler. Il est des livres qui peuvent fournir des idées précieuses et faire naître de pieux sentiments. Nous nous bornerons à citer le quatrième

livre àeV Imitât ion de Jésus-Christ, dont il est difficile de lire une page sans éprouver pour la sainte Eucharistie une foi plus vive, un amour plus tendre, une religion plus profonde. C'est manifestement l'œuvre d'un prêtre et d'un saint prêtre, d'un cœur humble, sincère, fervent, à qui Notre-Seigneur s'est plu à se communiquer et qui avait au plus haut degré l'intelligence et l'amour du divin Sacrifice. Rien de mieux que d'y recourir quand la piété languit, qu'on sent le besoin de se ranimer ou de se soutenir • mais il faut lire lentement, avec réflexion, en priant plutôt qu'en étudiant, inliiando et ruminando \ en considérant ce qu'on lit comme une communication de l'Esprit de Dieu, plutôt que comme le fruit du travail et de l'invention humaine.

O Veritas latens Sub vélo corporis, Sed oculis patens Mundati pectoris^ ïu nos illumina !

Une autre connaissance à acquérir, si l'on veut porter à l'autel une préparation parfaite, c'est celle des prières liturgiques dont le Missel se compose.

S'il y a eu et s'il y a encore diverses liturgies, ce n'est pas qu'il ait jamais été permis à tout prêtre ou à tout évêque de célébrer le saint Sacrifice, d'une manière arbitraire ou selon ses inspirations personnelles. Les

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