‹ Du divin sacrifice et du pretre qui le celebreChapitre 105 sur 247 · Cf. I Cor., XI · texte numérisé non relu

Cf. I Cor., XI

2. Sunt qiiaedam in omnibus liturgiis, in quibus omnes Ecclesiaj conveniunt, utpote sine quibus saciificii ratio nullo modo subsisteret, cujusmodi sunt panis et vini pracpaiatio, oblatio, consecratio, consummatio et disti'ibutio. Alia; item praecipuoe partes sunt, quae licet ad sacrificii integritatem non spoctent, in omnibus tamen liturgiis reperiuntur, psalmorum scilicct modulatio, lectio sacra; scripturae, ministrorum apparatus, fractio hostiae, precatio pacis, preces diversae, gratiaruni actio et si quae aliae sunt cjusdem generis. (Gard. Bona, Reruin liturgie, I, VI, 1.)

l'Église sans comparaison, le Canon et même l'Ordinaire de la Messe tout entier se sont conservés, depuis les premiers siècles jusqu'à nous, sans aucun changement notable. Jamais les prêtres n'ont récité à Tautel, comme faisant partie de la Messe, aucune formule de prière qui n'eût pour elle la sanction, l'apjjrobation et le consentement de Fautorité pontificale. Le Missel dont nous nous servons a donc en sa faveur le suffrage et l'autorité de l'Église romaine, et nous sommes assurés d'y trouver sa doctrine et son esprit. Pour professer sa foi et entrer dans ses sentiments, il suffit au prêtre d'entendre les prières qu'il récite et de les adresser au ciel de tout son cœur. Il dit ainsi à Dieu, au nom de son épouse, tout ce qu'elle désire lui dire, il l'honore, comme doit le faire un de ses ministres, en esprit et en vérité.

Nous venons de nommer l'Ordinaire de la Messe. Cette expression fait entendre que le Missel contient deux sortes de prières ou de formules liturgiques, les unes qui se récitent toujours et partout à chaque messe, et qu'on nomme ordinaires ou communes ; les autres qu'on ne dit qu'en certains temps et qu'en certains lieux, et qu'on appelle propres. Les unes et les autres méritent d'être étudiées. Néanmoins les premières, revenant tous les jours, sont celles qu'il importe le plus de bien entendre et auxquelles il faut donner le plus d'attention.

L'Ordinaire de la Messe est la partie du Missel la plus ancienne et la plus vénérable. Le Canon, qui en est comme le cœur, a tous les caractères des temps apostoliques ;

la majesté dans les pensées, la sobriété dans les sentiments, la simplicité dans l'expression. Tout y respire l'esprit des premiers fidèles, tout y porte l'empreinte de leurs vertus, de leur foi, de leur humilité, de leur confiance, de leur charité. Tout rappelle les instructions que le divin Maître leur avait données, les souvenirs qu'il avait laissés dans les esprits, les grands mystères de sa vie et de sa mort, la pensée du monde invisible, des anges et des saints, du ciel et du purgatoire, les passages les mieux connus de l'Ancien Testament, et les exemples les plus frappants de l'histoire du peuple de Dieu. Chaque mot porte à réfléchir, et la réflexion trouve partout des sens profonds et d'une grande étendue. C'est à cette partie surtout que convient la parole du concile de Trente : Missa magnain continet eruditionem^, et celle du Docteur séraphique : Tarn plena est mysteriis, sicut mare guttis^ sicut sol atomis, sicut firmamentuni stellis, sicut cœlum empiricum ongelis 2.

On en trouvera à la fin de ce volume un commentaire aussi détaillé et aussi précis qu'il a été possible de le faire en un petit nombre de pages. Les jeunes prêtres, comme les aspirants au sacerdoce, feront bien de le lire avec attention, et de le relire de temps en temps jusqu'à ce qu'il leur soit devenu familier. On verra que cet Ordinaire fournit matière à des remarques importantes, qu'il est propre à suggérer bien des pensées et des affections salutaires. Il ne faut pas se contenter d'en entendre les termes : on doit tâcher d'en sonder les idées, d'en

1. Conc. Trid., Sess. xxil, Décret. 8. Nihil in eo Canone continetur quod non maxime sanctitatem ac pictatem quamdam redoleat, mentemque ofTorentium ad Deum erigat. Cap. 4.

Page 1