‹ Du divin sacrifice et du pretre qui le celebreChapitre 114 sur 247 · Is., LU, 11. Cf. Bossuet. Mcdit., Cène, 10* jour · texte numérisé non relu

Is., LU, 11. Cf. Bossuet. Mcdit., Cène, 10* jour

2. I Cor., V, 8. Tollite sacrificium et comedite illud absque ferniento quia sanctum sanctorum est. (Levit., x, 12.)

3. Un saint évèque, M"'' Dévie, évèque de Belley, rapporte le trait suivant dans son Mémorial ecclésiastique. Un jeune prêtre, récemment ordonné, parlait à un ancien du sanctuaire du bonheur qu'il avait de monter à l'autel et des délices qu'il y goûtait. « Que j'aime, mon cher abbé, lui dit ce vénérable ecclésiastique, à voir en vous ces sentiments ! Dieu veuille vous les conserver toujours ! Mais ne vous faites pas illusion : vous ne tarderez pas à les perdre, si vous n'avez soin de les entretenir par l'oraison, la confession, l'action de grâce et l'esprit de mortification. Rien do plus ordinaire que de dire la Messe comme un ange le premier mois ; mais peu à peu on en vient trop souvent à la dire eu homme ; et alors on doit craindre de se relâcher encore et de la dire bien mal. Dieu vous garde de la dire jamais anceps et dubius

pour éviter toute faute et se préserver de toute affection déréglée, il ne se lasse pas de gémir de sa fragilité et de demander à Dieu une pureté de plus en plus parfaite : Munda cor meuin aclabiamea, omnipotens Dcus ! ... Aufer a iinbis, quxsumus, iniquitates nostras... Ut in me non renianeat scelerum macula, qiicm pura et sancta refecerunt sacramenta ^ !

Une seconde condition pour se préparer au saint Sacrifice, c'est de laisser là toute autre pensée, d'oublier entièrement les choses auxquelles on était appliqué et de mettre de côté toutes celles dont on aura bientôt à s'occuper, pour ne penser qu'à la grande action qu'on va faire. Si l'on a une foi vive et quelque idée de la majesté de Dieu, le respect des divins mystères produira naturellement cet effet. Comme l'éclat du soleil dissipe les nuages et fait disparaître toutes les étoiles, ainsi la vue du Sauveur prêt à descendre sur l'autel doit faire évanouir toute image profane et toute idée des créatures.

Il est dit dans l'Apocalypse qu'à la levée du septième sceau, lorsqu'apparut à saint Jean l'autel d'or devant lequel Dieu a son trône, et que les Anges firent fumer en présence de la Majesté divine l'encens de toutes les

circa gravitatem aliciijus cttlpx ! Dieu vous préserve surtout de la dire post certiun mortale peccatum, nisi in urgente neccssitaie et ciim contritione indubitata, qiiœ adjuncturn habeat propositum adciindi quant primum tribunal pœnitentix.

1. Missal. Et si non possumus in tanta innocentia vilae conversari ut debemus, concède nobis digne flere mala quae gessimus et in spiritu humilitatis tibi ferventius de cœtero deservire. (Imit., iv, 21.)

prièz'cs qui s'élèvent des cœurs des saints, le respect, le saisissement, l'admiration furent tels qu'il se fit dans le ciel un silence prolongé d'une derai-heure entière : Et fditnni est silenliiim in cœlo quasi média hora *. N'estce j)as l'efTet que doit produire sur l'ûme du prêtre la vue de l'autel où le Fils de Dieu va s'immoler par ses mains, et offrir à son Père, avec son corps et son sang, les hommages, les adorations, les prières et la vie même de tous ses membres? « Je ne sais rien, dit Jean d'Avila, qui soit plus capable de toucher un prêtre, de le faire rentrer en lui-même, et de le pénétrer d'une profonde religion que cette pensée : Je vais consacrer le Fils de Dieu. C'est un Dieu que je tiendrai tout à l'heure dans mes mains, que je recevrai sur mes lèvres, avec qui je m'entretiendrai cœur à cœur ^I» — «Ah! Seigneur, s'écrie le Psalmiste, tout mon être s'anéantit devant votre grandeur. Toutes mes puissances intérieures et extérieures tremblent de respect et d'admiration en votre présence : Oninia ossa mea dicent : Domine, quis similis tui? Qiiis similis Deo in filiis Dei^?

Que si certains souvenirs ou certaines préoccupations cherchaient à troubler notre recueillement, il faudrait, éuivant l'avis de saint Bernard, imiter l'exemple d'Abraham, allant offrir au Seigneur sur le mont Moria le sacrifice de son fils, /« parabolam^, en figure de

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