Imit., IV, 5. Cf. Ven. Beda, S. Bonav., etc
D'abord il doit être humble^ de l'humilité la plus sincère et la plus profonde, dans le sentiment de son néant et de ses misères, dans l'adoration de la majesté infinie de Dieu qu'il veut glorifier, et de la sainteté de son Fils qu'il lui doit immoler. Plus son ministère l'élève audessus de ses frères, plus il faut qu'il s'abaisse et qu'il reconnaisse son indignité^. Il doit penser que, s'il se trouve dans le sanctuaire, au sommet de la sainte montagne, ce n'est pas à cause de l'éminence de sa vertu, mais parce que Dieu l'a honoré d'une vocation sainte et qu'il a été choisi pour être le représentant du Saint des saints. Aussi l'Eglise a-t-elle soin de voiler aux yeux des fidèles ce qu'il est de sa nature, et commencet-elle par le transfigurer, en quelque sorte, en le revêtant d'ornements sacrés, en le couvrant de vêtements blancs comme ceux des Anges, en mettant sur ses épaules la chasuble, symbole de la charité, reine des vertus et la perfection même. Puisqu'il tient la place de l'Agneau de Dieu, du Pontife saint et sans tache, qui n'a jamais eu le moindre rapport avec le péché, il faut qu'on ne voie en lui rien que de pur et que de saint. Mais ce changement extérieur le transforme-t-il en réalité? Est-il devenu réellement, au dedans, intrù/secàs^, un nouvel homme? Non; qu'il ne se fasse pas illusion;
1. Quanto magnus es, humilia te in omnibus, et coram Deo invenies gratiam. (Eccl., m, 20.) Si haberes angelicam puritatem et sancti Joannis Baptistae sanctitatem, non sses dignus hoc sacramentum accipere nec Iractare. (Imit., iv.)