‹ Du divin sacrifice et du pretre qui le celebreChapitre 118 sur 247 · Gon., XVII, 3. — 3. Gen., xviil · texte numérisé non relu

Gon., XVII, 3. — 3. Gen., xviil

Si le prêtre a une vive foi, cette foi l'accompagnera à l'autel et se manifestera durant le saint Sacrifice par une fervente religion et un profond recueillement. Elle tiendra ses yeux tellement ouverts au monde surnaturel que le monde terrestre et visible disparaîtra à ses regards. La grandeur et la sainteté de Dieu à qui il s'adresse, la dignité de la Victime dont il lui fait l'offrande, la multitude des esprits célestes attentifs à son sacrifice, la gravité des intérêts dont il est chargé, l'importance infinie des grâces qu'il sollicite : voilà de quoi il sera frappé et ce qui absorbera toute son attention^. Le recueillement de son âme se peindra sur son visage et sur tout son extérieur. On ne pourra le considérer sans reconnaître que son esprit est au ciel et qu'il n'a d'intelligence, d'activité et de vie que pour Dieu. On dira de lui comme de Moïse : Invisibilem tauquam videns sustinuit"^. Il n'aura pas besoin de fermer les yeux ou de détourner les regards pour éviter les distractions : elles ne se présenteront pas même à sa pensée. Il ne sera troublé par aucune impression, si forte ou si inattendue qu'elle soit. C'est ce qu'éprouvait saint François de Sales. « Une fois à l'autel, disait-il, j'y suis tout entier; rien ne me distrait, je perds de vue toutes les choses de ce monde. » Ce qui l'occupait était trop grand et trop sublime pour qu'il fît attention à des objets si futiles.

1 . Cogita apud qiicni proxime stes, quibuscuni invoces Dcum cum Seraphim, cum omnibus cœli virtutibus. Animadverle quot habes socios. (S. Chrys. , De die Nativ., Hom. iv. )

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