‹ Du divin sacrifice et du pretre qui le celebreChapitre 122 sur 247 · HYtacr|xévoi. Cf. Joan., xvii · texte numérisé non relu

HYtacr|xévoi. Cf. Joan., xvii

■2. Joan., XI, 16.

seule et même hostie, quelle indignité ne sex-ait-ce pas si elle refusait de ratifier cette offrande et qu'elle laissât son divin ]\Iaître s'immoler tout seul pour son salut et pour celui du monde ?

Ce que nous recommandons ici, c'est ce que l'Eglise elle-même inculque à ses prêtres, lorsqu'elle leur dit au jour de leur ordination : Af^noscite quod agitis; imitainini qaod tractatis. <c Comprenez bien votre ministère, et tâchez d'en prendre l'esprit. N'hésitez pas à faire sur vous-mêmes ce que vous ferez sur la sainte Victime. Vous immolerez chaque jour à Dieu l'humanité de son Fils : sachez lui immoler aussi la vôtre avec ses misères et ses imperfections. »

C'est ce que les ecclésiastiques fervents se sont toujours efforcés de mettre en pratique. La Vie du Père Fournct, fondateur des Filles de la Croix, qu'on vient de donner au public, nous en offre un exemple touchant : « Un matin, écrit un jeune prêtre de ses amis, voisin du lieu où il demeurait, l'ayant vu entrer dans mon église, j'allai aussitôt vers lui et je lui demandai s'il ne désirait pas dire la Messe. « Hélas ! oui, répondit-il, je « le désire, mais je le redoute en même temps; car je « ne sais pas si je l'ai jamais bien dite. — Comment ! a repris-je. Est-il possible, mon Père, que vous puis- « siez parler de la sorte ? — Sans doute, mon fils, reprit « le saint homme, et très sincèrement'; car bien dire la

1 . Lui seul pouvait ainsi mettre en tlouto ses dispositions. La foi des saints, dit un de ses amis, brillait on lui de tout son éclat. Son recueillement durant les saints Mj'stèrcs était angélique et faisait plus de bien que tous les discours. Des sœurs de la communauté nous ont dit que, pour s'édifier, elles se plaçaient pendant la messe sur le côté de l'aulel, de manière à voir le visage du pieux célébrant. C'était comme une vision du ciel, une extase, un rayonnement surnaturel de

« Messe, ce n'est pas seulement réciter les prières « du Missel, c'est faire ce que Jésus-Christ a fait ; « c'est s'immoler comme il s'est immolé ; c'est être « un même prêtre et une même victime avec lui ; « c'est n'avoir avec lui qu'un même esprit et un même « cœur. »

Tel est aussi l'enseignement des Docteurs. Qu'on lise ce qu'ils ont écrit sur ce sujet, on verra qu'à leurs yeux la grande obligation de celui qui célèbre les saints Mystères, c'est de s'associer au sacrifice du Fils de Dieu et de s'immoler avec la divine Victime - ; et ils ne se bornent pas à demander que le prêtre s'offre avec Jésus-Christ tandis qu'il est à l'autel : ils veulent qu'il

l'àme à travers son enveloppe mortelle. « Il était si pénétré de l'amour de Dieu, dit la mère Marie Angélique, que je l'aurais pris pour un séraphin. Etant placée près de la balustrade, je le vis pendant huit jours, au moment de l'Elévation, immobile et élevé de terre. Je n'osais en croire mes yeux et je le fis remarquer à mes compagnes qui went et affirmèrent la même chose. Ceci arriva en 1819, époque à laquelle nous eûmes le bonheur de le posséder deux ou trois mois à Issy. » Sa dévotion pour le divin Sacrifice ne fit qu'augmenter avec les années. Le bon Père en vint à ne pouvoir plus célébrer sans répandre une grande abondance de larmes. Souvent, après la Communion, le corporal en était tellement inondé qu'il était impossible do le plier. ( Vie du P. A.-H. Fournet, 1885.)

2. Mensa quœ sit nostis : ibi est corpus et sanguis Christi; qui accedit ad talem mensam, praeparet talia. (S. Aug., Jn Joan., xlvii.) Necesse est, cum Deo sacrificium offerimus, nosmetipsos Deo in cordis contritione mactemus ; quia qui passionis dominicae mysteria celebramus , debemus imitari quod agimus. Tune ergo vere pro nobis hostia erit Deus, cum nosmetipsos hostiam Deo fecerimus. (S. Greg. M., Dial. IV, 59.) Cum scirem quod nemo magno illi Deo vel sacrificio val Pontificio dignus esset, qui non prius seipsum Doo sacrificium vivum et sanctum obtulit, et ut rationabilem cultum Deo acceptum exhibuit, et sacrificium laudis et spiritum contritum immolavit, quomodo ausus fuissem externum illi sacrificium offerre, aut quomodo mibi sacerdotis speciem et nomen vindicassem, priusquam operibus sanctis manus meas consecrassem ! (S. Greg. Naz., Apol. oral,, i.)

vive en esprit d'hostie et qu'il aspire de tout son cœur à rendre son sacrilice efTectif et complet *.

L'auteur de Ylmitation y exhorte vivement tous les ministres de l'autel. Pour les toucher davantage, il emprunte la voix de la sainte Victime. « Comme je me suis, dit-il, offert pour vous à mon Père sans aucune réserve, dépouillé de tout, les bras étendus sur la croix, ainsi vous devez, ô mes ministres ! vous offrir vousmêmes tous les jours au saint autel, avec toutes vos puissances et de toute l'ardeur de votre âme : Sicut ego mcipsum, e.rpansis in crucc manibus et nudo corpore, Dca Patri sponte obtiili, ita dehes et ta teipsam niilil quotidie in Missd o/ferre. » Après quoi, prenant la parole au nom du prêtre qui vient de célébrer, il répond : a Seigneur, tout est à vous, au ciel et sur la terre. Je n'ai pas d'autre désir que d'être à votre service et de vous appartenir à jamais. Recevez-moi, je vous prie, avec l'offrande que je vous fais de votre corps et de votre sang en faveur de votre Eglise : Recipe me cum hac sacra oblatione tui pretiosi corporis, quant tibi hodie in prxsentia angelorum mirabiliter offero, ut sitpro me et pro tuo populo in salutem. »

Telle est d'ailleurs la condition de toute vie surnaturelle et chrétienne. On ne vit pour Dieu en Jésus-

1. SempcT mortiQcationcm Jesu in corporu nostro circumfcrentes, ut et vita Jesu manifestetur in carne nostra mortali. (II Cor., iv, 10.) Ut exhibeatis corpora vcstra hostiam viventem, sanctam, Deo placentem, rattonabile obsequium vestrum. (Rom., xii, 1.) Amat Deus integrum munus, affectum plénum, perfeclum sacriûcium. (S. Bern., In Caiit., Liv.) Sunt qui nihil sibimetipsis reservant, sed sensum, linguam, vitam atque substautiam Domino immolant. Quid isti nisi holocaustum offerunt ? Imo magis holocaustum ûuut. (S. Greg. Magu., lu Ezech., Hom. xx. )

Christ qu'autant qu'on est détaché de soi et mort à soimême^. Les prêtres devant être dans l'Eglise des modèles et des sources de cette divine vie, il faut qu'ils en acquièrent la perfection et qu'ils la mettent en pratique d'une manière éminente. Ils sont donc tenus plus que personne à mourir à eux-mêmes par l'exercice le plus courageux de l'abnégation et du sacrifice : Est firma sententia mea : Qui non renuntiat omnibus quse possidet non potest meus esse dicipulus... Tu ergo, si optas meus esse discipulus, offer teipsum milii cum omnibus affcctionibus tuis. Da te totum pro Deo et erit accepta oblatio. Sicut non sufjiceret tibi omnibus habitis prseter me, ita nec mihi placere poterit quiquid dederis, te non oblato -.

% II. Pensées dont le prêtre doit s'occuper au saint Sacrifice.

S'il importe que le ministre de Tautel se pénètre des sentiments du Sauveur, prêtre et victime, il n'est pas moins désirable qu'il entre dans l'esprit de l'Eglise, et qu'en accomplissant les diverses parties de la liturgie il s'occupe des pensées qu'elle a eues en l'instituant. Il doit donc être attentif aux paroles qu'il prononce, aux cérémonies qu'il accomplit et aux divers éléments dont la Messe se compose.

Sa première règle doit être de ne prononcer aucune

1. Quanto qaisque plus sibi moritur, tanto magis Deo vivere incipit (Imit.) Obligata aaima amore terreno quasi viscum in pennis habet : Yolare non potest. (S. -'Vug., lii Ps. cxxi.)

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