Joan., xvu, J4, 2C. — 2. Luc, xxiv
0 ciel ! quelle impression une telle vue et de telles paroles doivent produire sur son esprit et sur son cœur ! Pour peu que son intelligence soit ouverte à' la lumière du ciel, qu'il ait l'idée des perfections de Dieu, de sa puissance, de sa bonté, de sa sainteté, de son immensité, peut-il voir cet Homme-Dieu si près de lui, au dedans de lui, en contact avec lui \ sans s'abîmer en sa présence, sans s'anéantir devant sa grandeur, sans disparaître à ses propres yeux ? S'il a quelquefois médité l'Incarnation du Verbe et sa vie en ce monde, s'il a contemplé ses mystères, étudié ses desseins et obtenu quelque part à la grâce que l'Apôtre implorait pour ses premiers disciples d'Ephèse : Scire super emlnenlem scientise caritatein C/iristi^, comment trouvera-t-il dans son cœur des sentiments d'adoration, de louange, de gratitude, assez profonds et assez ardents pour lui rendre de dignes hommages ? Ne se sentira-t-il pas confondu et consterné de son impuissance à répondre aux obligations que lui imposent tant de grandeur et tant d'amour? Ce qu'il convient de faire en cet état, c'est de considérer le don de Dieu pour l'apprécier et en jouir; c'est de contempler ce divin Sauveur dans le silence de l'admiration et de l'amour ; c'est d'oublier tout le reste pour ne penser qu'à lui ; c'est de nous tenir à ses pieds, sous l'impression de sa présence, aussi longtemps qu'il nous le permettra, et de lui offrir, avec toute l'humilité dont nous sommes capables, les hommages les plus profonds de l'adoration et de la reconnaissance : Mana in secreto et fruere Dca tuo, dit V Imitation, ipsuin enim Iiabcs quem totus munclus tibi auferre non potest! Ma^nus Iionor in