‹ Du divin sacrifice et du pretre qui le celebreChapitre 141 sur 247 · Eph., III · texte numérisé non relu

Eph., III

aurlbus Del ipsc ardcns affectas ani/nse qiise dicit : Deus nieus^ ainor meus ; tu tocus meus et ego lotus tuus ' !

Tel fut sans doute l'état de la Bienheureuse Vierge dans les moments qui suivirent rincarnalion du Verbe. Dès que le Fils de Dieu fut descendu dans sou sein, elle ne pensa plus qu'à lui ; elle n'eut plus de regard ni d'affection que pour lui. Le monde disparut à ses yeux. Elle oublia l'Ange qui venait de lui parler, elle s'oublia elle-même pour ne plus penser qu'à Celui dont elle devenait la Mère, et qui, se donnant à elle sans réserve, voulait être tout pour elle, sa vie, sa félicité, sa gloire, en même temps que son Fils. Aussi quand sa parente veut faire son éloge, parler de sa foi et de son bonheur, Marie semble ne pas l'entendre. Elle ne trouve de parole que pour exalter Celui qu'elle porte dans ses entrailles et de qui elle attend la grâce du salut : Magnificat anima mea Dominum, s'écrie-t-elle, et exultavit spiritus meus in Deo salutari meo - / Mais sur ce sujet, sur les grandeurs et les bontés du Verbe fait chair, ses lèvres s'ouvrent ; son âme s'épanche ; loin de garder le silence, elle est intarissable et ses paroles respirent l'ardeur, la sublimité, l'enthousiasme des prophètes.

Tel est aussi l'attrait des âmes les plus ferventes après la Communion. « Quand je reviens de la sainte Table, écrit l'une d'elles, et que je me prosterne pour bénir Notre-Seigneur, il me semble qu'un rideau se lève devant mes yeux et que ce divin Maître se montre

1. Iinil., IV, 12 ; m, 5. Ne suscitetis animam divinœ contcmplationi deditam, donec ipsa velit ; hoc est, donec expleto conteniplalionis tcmpoie, admononle corporis fragilitate, velit ipsa suscilari a somno intima; dulcedinis et quietis. (S. Bern., De modo beiie vivendi. Soim. lui. )

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