Luc, I
sans voile à mon ame. Si je ne le vois pas d'une manière distincte et précise, je n'en suis pas moins assurée de sa présence, ravie de ses perfections, attentive à ses leçons, pénétrée pour lui de respect, d'admiration, d'amour, de reconnaissance *. » — « Que le Seigneur est bon, dit V Imitation, de daigner ainsi descendre dans une pauvre ame pour l'éclairer de ses lumières, l'enrichir de ses trésors et la remplir de sa substance ! Quelle faveur il lui fait ! Quel secours, quelle consolation, quelle grâce elle reçoit, en le recevant! O qiiam magnum suscipit Dnminum ! Quam ddectwn inducit Jiospitem ! Quam jucundum recipit snciuni ! Quam fidelem acceptât amicum. ! Devant une telle majesté, devant un amour si magnifique, tout ce qu'il y a de plus grand au ciel et sur la terre doit garder le silence et reconnaître son néant : Sileant afacie tua cœlum et terra et omnis ornatus eorum ; quoniam, quidqtiid laudis habent ac decoris, ex dignatione tuse est largitatis, nec ad décor em tui pervenient nominis, cujus sapientise non est numerus"^. »
« Ce grand silence de l'àme, où tout mouvement cesse, où tout se fait devant Dieu en la plus haute partie de nous-même, ne dure guère 3. Mais pour peu qu'il dure, qu'il s'y dit de choses et que Dieu y parle ! Tenez-vous donc avec lui dans le secret. Ne vous laissez troubler par quoi que ce soit. Quand ce serait une âme sainte, une Marthe qui viendrait vous appeler pour le service de Jésus ^, demeurez enfermé dans ce saint et délicieux