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2. « Les jours de graud concours, on pourrait cependant abréger. Il faudrait faire de même, si l'on voyait au confessionnal des hommes qui n'y viennent pas d'ordinaire : car ces sortes de pénitents n'ont guère la patience d'attendre. » S. Liguori, Conduite Sacerdotale.
Mais, quelque prétexte qu'on invoque, l'oraission habituelle de l'action de grâces est un abus intolérable qu'il faut éviter ou retrancher à tout prix. L'édification des fidèles le demande; notre intérêt spirituel l'exige et l'honneur de Notre-Seigneur ne permet pas d'hésiter.
Les fidèles ne crient pas sans doute au scandale, quand ils voient un prêtre s'éloigner de l'église ou s'occuper de choses étrangères au divin Sacrifice, aussitôt qu'il est descendu de l'autel; néanmoins, ils en sont toujours mal édificB. Si peu éclairés qu'ils soient sur les règles de la vie spirituelle et sacerdotale, ils savent bien que tel n'est pas l'usage des ecclésiastiques fervents. N'est-ce ])as assez pour juger que ceux qui se conduisent autrement qu'eux n'ont pas la même ferveur qu'eux et qu'ils ne célèbrent pas avec la même piété ? Cette pensée se présente d'elle-même, et l'on ne peut nier qu'elle ne soit fondée.
En effet, autant un ecclésiastique fervent se plaît aux pieds de Notre-Seigneur et aime à prolonger son entretien avec lui, autant un prêtre tiède, qui est venu à l'autel sans préparation et qui a célébré avec froideur doit se trouver mal à l'aise en présence du divin Maître et être prorapt à s'en éloigner*. 11 redoute son regard. Il craint ses sollicitations, aussi bien que ses reproches. Le moyen d'y échapper n'est-ce pas de sortir au plus tôt, de cher-
1. Quisqiiis enim in corde premitur eonscientia, exit de hac domo sua ; quomodo quisque de stillicidio. Non patitiir ibi se habitare. Sic qui non babet quietum cor, liabitare in corde suo libenter non potest. (S. Aug., Serm. c, i. Cf. In Ps. xxxiii, 8 ; Prov. xix, 13.)
cher le mouvement et le bruit ? C'est le parti qu'il prend : EgrciUtur a fdcie Domiiii^. Il s'étourdit pour ne rien entendre-. 11 court au travail, afin d'éviter la réflexion et de ne pas rencontrer, comme Pierre, les regards du Sauveur. Ainsi Judas se hâtait de quitter le Cénacle, et, décidé à rompre avec son Maître, il allait à ses alfaires, tandis que les autres apôtres chantaient l'hymne de la reconnaissance^. De tels exemples et de tels souvenirs sont-ils de nature à donner aux fidèles le respect du divin Sacrifice et l'estime du prêtre non moins prompt à oublier l'autel ?
Mais c'est à lui-même surtout et aux intérêts de son âme que le prêtre porterait préjudice par cette négligence; car s'il est un moment précieux pour sa sanctification, où il lui soit facile de toucher le cœur de Notre- Seigneur et d'en obtenir tout ce dont il a besoin, n'est-ce pas celui qu'il perd ou dont il néglige de profiter ? a Ah ! Seigneur, disait l'auteur de l'Imitation, qui me donnera de me voir quelques instants seul avec vous, de vous parler cœur à cœur, de vous ouvrir mon âme, de vous exposer en toute liberté mes sentiments, mes aspirations et mes besoins ? Quis mihi det. Domine, ut inveniam te solum et aperiani tibi tolum cor meum, et friiar te, sicut desiderat anima mea; et jam me nulla crealura moveat