Gen., IX, 16. — 2. Luc, xxii, G
3. Hvmno dicto exierunt. (MatCh., xxvi, 30.) Audiamiis, omnes et sacerdotes et subditi. Vultis dicam cujusnam opus perfieiant illi qui, cœna absoluta, gratiarum actionis hymnes non afferunt ? Durum fortasse videbitur quod sum dictunis, scd necesse est tamen ut ob plerorumquc negligentiam dicatur. Ouando ultimœ cœna; commuiiicavit Judas, cajteris omnibus romanenlibus, ipse se proripiens cxcessit. lUum imitantur et isti qui ante gratiarum actionem discedunt. (S. Chrys., Uomil. de bap. Christi.)
310 DU PRKTRP: A L'AUTET,
ce/ respiciat, sed tu solus milii loquaris et ego tibi^ sicut solet dllectus ad dUeclum loqui ^ / » C'est dans l'action de grâces après le saint Sacrifice que cette liberté nous est donnée; Notre-Seigneur est devant nous; il est en nous; rien ne nous empêche de lui parler avec cette confiance et dans cette intimité. Il se tient dans notre cœur, comme sur le trône de sa grâce, dit sainte Thérèse. Disposé à exaucer tous nos désirs, il nous dit intérieurement, comme à l'aveugle qu'il voulait guérir : Quid tibi cis faciam ? a Que veux-tu que je fasse pour toi? J ai avec moi tous mes trésors, tous mes mérites, toutes mes vertus, que demandes-tu?» Ne faut-il pas être ennemi de soi-même pour laisser échapper cette occasion de sortir de l'indigence et d obtenir toutes sortes de grâces ?
Le prêtre qui vient de célébrer a prié à l'autel, il est vrai; mais il a prié officiellement, comme représentant de Jésus-Christ et ministre de l'Église, Dans les oraisons qu'il a dites, il a dû réj)éter les paroles et suivre les intentions de l'une et de Pautre. Dans l'action de grâces, sa liberté est complète; il peut prier à son gré, suivant ses inspirations personnelles, et demander tout ce qu'il désire pour sa sanctification. Celui qui négligerait de le faire, qui refuserait de prier pour lui-même après avoir prié pour la gloire de Dieu et le bien de l'Église, ne ressemblerait-il pas au laboureur malavisé qui, après avoir produit et abattu une riche moisson, la laisserait par terre à la disposition du public, sans en prendre sa part, sans en tirer aucun profit? N est-ce pas à lui que s'appliquerait la parole du prophète :
1. Iniit., IV, 13. Loquebatur Dominus ad Moysen facie ad facicni, sicut solet homo ad amicum suum. (Ex. xxxiii, 4. Cf. Num. xu, 6-8.)
SES DEVOIRS Al'Ki-:s LA MESSK al:".
Seminastis niultum et iiitulistis pariim ; coincdistis et non saturati estis ; bibistls et non estis inebrlati ' ?
Ajoulez que rien ne serait plus blessant pour notre divin Sauveur. On peut voir dans l'Evangile combien il est sensible aux témoignages de la reconnaissance, ce qu'il dit au lépreux de Saraarie qui vint le remercier de sa guérison, quelle affection il garda pour Zachée et pour Madeleine, quelles prières il lit en faveur des apôtres, après qu'ils eurent rendu grâces avec lui au Cénacle du don qu'il leur avait fait. Comment donc un prêtre, envers qui il se montre cbaque jour plus généreux qu'il ne l'a été envers Zachée, envers Madeleine et même envers ses apôtres à la dernière Cène, ])Ourrait-il répondre à son amour par une si grande froideur ? Quoi ! le Fils de Dieu vient de renouveler devant lui et par lui l'œuvre de la rédemption du monde- ! Il lui offre la principale part aux fruits de son immolation! Non content de s'être mis entre ses mains^ comme sa victime et sa rançon, il est descendu dans sa poitrine pour être son aliment et sa vie! Ce prêtre ne peut Tignorer. Il sait que Notre-Seigneur est présent dans son cœur, qu'il y est présent et vivant, comme son Sauveur et son Dieu, qu'il y est prêt à recevoir ses hommages, à exaucer ses prières, qu'il n'aspire qu'à demeurer en lui, qu'à se communiquer à lui pour être sa consolation, sa force, sa lumière. Et il le délaisse! il ne pense ni à lui rendre ses devoirs, ni à lui exprimer ses vœux ! Il préfère s'occuper de frivolités ou j)erdre son temps dans la langueur et l'ennui ! Sa conversation le fatigue ; sa so-