Luc, VII
à mes pieds et proteste de son repentir! Avec quelle générosité et quelle ardeur elle s'efforce de me témoigner son amour ! N'est-il pas contre toute décence et contre toute justice que ceux que je comble de mes dons les plus précieux, qui ont entre les mains le trésor même de mes grâces, soient les moins reconnaissants à mon égard et enseignent aux autres par leur conduite à faire peu d'estime de ma personne et de mes bontés ? Et n'ai-je pas lieu de répéter ici ce que j'ai eu tant de fois l'occasion de dire aux Juifs aveugles et endurcis : Erunt novissimi prinil et primi novlssimi^ . Peccatores prœcedent vos in regnum Dci^? »
Heureusement, nous pouvons le répéter pour notre consolation, le désordre que nous déplorons ici n'est pas commun; et l'on peut dire de l'action de grâces, comme de la préparation au saint Sacrifice, que la pratique actuelle est chez nous fort différente de celle que saint Liguori voyait régner autour de lui au siècle dernier^. Nous croyons que, dans le clergé, on manque assez rarement à ce devoir, et que lorsqu'on se laisse aller à quelque infidélité dans cette pratique, on se le rejjroche et l'on en rougit. S'il est des ecclésiastiques qui ont l'habitude de l'omettre, c'est un petit nombre. Dieu veuille qu'on ne soit pas seulement exact, mais fervent à s'en acquitter, et qu'on s'y préoccupe toujours du regard de Dieu plus que de celui des hommes!