Ephes., II
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vulgarité de sentiments et de langage, qui contraste avec la sublimité de notre état et l'excellence de nos jirérogalives; cette frivolité de conduite qui trahit un esprit peu attentif aux réalités du monde invisible et aux merveilles de l'ordre surnaturel avec lesquelles nous sommes sans cesse en rapport: cette indévotioa dans les prières publiques et privées; cet amour du bien-être, cette recherche des satisfactions sensibles, cette délicatesse dans les aliments, si messéante dans ua homme qui se nourrit tous les jours du pain des Anges et qui a la première place à la table de l'Homme-Dieu. A tout prix encore, il faut |)orter remède à ce désordre et trancher ces défauts par la racine. Si le souvenir du saint autel ne se présente pas à nous de luimême ou nous revient trop rarement, prenons des moyens pour nous le rappeler; ayons des pratiques qui nous y fassent réfléchir dans le cours du jour.
Ici l'Église vient au secours de notre faiblesse. Par la récitation des Petites Heures dont elle nous fait un devoir, elle nous oblige à rentrer en nous-mêmes et îi réveiller en nous l'esprit de prière '. En renouvelant devant Dieu les princij)ales demandes que nous lui avons faites au saint Sacrilice, nous entrons de plus ea
1. In ipsa fîde et spo et caritate, continuato dcsiderio semper orcmas. Sed ideo por certa intcrvalla horaium ctiam verbis rogamus Deum at illis reruni signis nos ipsos admoneamus in id quod desidcramus intendere, ne quod tcpescere cœperat omnino frigescat et ponilus extinguatur. (S. Aug., Epist. cx.\x, 18.) Voir Le Saint Office au point de vue de la pictc, part. il.
plus dans les dispositions du Sauveur, notre aliment et notre vie. Quoi de plus propre à poursuivre et à compléter l'œuvre d'assimilation ou d'union spirituelle qui est pour nous le fruit principal de la Communion eucharistique ?
Si le saint Office est la voix de TEglise ou l'expression de ses sentiments envers Dieu, c'est en même temps la voix de Notre-Seigneur ou le témoignage de ses dispositions à l'égard de son Père ; car le chef et les membres forment un même corps, et l'Epoux et l'Epouse n'ont qu'un seul cœur : Si agnoscatnus duos in carne unâ^ agnoscamus et duos in voce und * . Lors donc que le prêtre adresse au ciel la prière de l'Eglise et qu'il se fait son interprète, il est également l'organe de l'Homme-Dieu ; il exprime au Père éternel les pensées, les sentiments, Tes désirs de son Fils. Mais il ne se borne pas à les exprimer : il les conçoit, il se les approprie, il s'en pénètre. En même temps que ses lèvres les énoncent, son esprit les savoure et son cœur s'en nourrit. Ainsi se continue, ainsi s'achève l'œuvre de grâces que Notre- Seigneur vient chaque jour opérer en lui.
Pour comprendre combien est intime l'union qui en résulte, il importe de remarquer que les sentiments du Sauveur, dont nous devenons les organes dans la prière publique, ne sont pas des sentiments anciens, qu'il aurait eus autrefois et qui auraient cessé avec sa vie mortelle, mais bien des sentiments permanents qu'il continue d'avoir et dont il est animé au moment même où nous les exprimons pour lui. Ce que nous disons de sa part à son Père dans le langage que
1. s. Aug., lii Ps. XL. Agnoscamus ia illo voces nostras, et voces ejus in nobis. [lu Ps. lvii.)
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la sainte Eglise nous dicte, lui-même le lui dit à cet instant dans son langage intérieur et ineffable ; il ne cesse de le lui dire au ciel et dans le sacrement de l'Eucharistie. Il l'a dit avant nous, et il le dira après nous ; mais il le dit aussi avec nous; car ses sentiments sont constants comme ses vertus. Entre son esprit et notre esprit, entre son cœur et notre C(i*ur, l'harmonie est réelle, aussi parfaite, aussi actuelle que possible : Ipsc postulat pro nobis geinulbus i/ie//arraùi/iùus * !
Non seulement nous ne disons rien à Dieu, dans le saint Office, que Notre-Seigneur ne le dise également, mais ce que nous disons, nous le disons en lui et par lui. C'est lui plus que nous qui parle à Dieu par nos lèvres, qui aime, désire et supplie par nos cœurs ^. Les hommages que nous rendons au Père éternel, si ce sont de vrais hommages, nous ne les lui offrons que parce que son Fils nous les suggère, et qu'il les lui offre luimême en nous par son divin Esprit ^. Ce n'est donc pas nous, pour parler comme l'Apôtre, qui vivons, qui agissons, qui prions, quand nous prions, quand nous agissons, quand nous vivons en prêtres : c'est lui qui vit, qui agit et qui prie en nous : Facicns in nobis quod placent corani se per Jesiini Christnm^. Il est notre louange comme il est notre vie. Ainsi réciter l'Office, comme l'on doit, de manière à honorer Dieu et à mériter ses grâces, c'est s'unir de la manière la plus actuelle et la plus intime à l'esprit de Notre-Seigneur, c'est s'associer à