Exod., III
avec la nature créée qu'elle en a reçue, le monde qui lui est soumis et tout ce que le monde renferme. Loin de tenir son ministre à distance comme le chef du peuple ancien, Dieu le fait approcher aussi près que possible; il lui met sous ses yeux l'auguste Victime ; il lui fait considérer le premier-né de la création, le seul Saint, le seul Seigneur, le seul Très Haut, infiniment supérieur à toute principauté et à toute domination. Celui par qui toutes choses ont été faites au ciel et sur la terre, en qui résident, avec tous les trésors de la science et de la sagesse, la plénitude même de la Divinité, en un mot son propre Fils, son Fils unique etbien-aimé; il le lui montre dans la lumière de la foi, non seulement humilié et prosterné à ses pieds, mais immolé et anéanti devant sa grandeur; et c'est par cette vue, par ce langage d'action plus frap|)ant que toutes les paroles, qu'il fait entendre à son âme la parole qu'il prononça autrefois à Horeb : Ego suin qui sum. « II n'y a point d'autre être que moi. Toute existence disparaît devant la mienne. Vois ce que mon Fils croit devoir faire pour honorer ma grandeur, et juge des sentiments qui te conviennent à toi-même. Je suis le seul à qui tu doives l'hommage de ton adoration, de ton amour, de ta reconnaissance et de ta soumission, mais c'est absolument et sans réserve que tu me le dois : Vide quod ego sim soins et non est ulius prseter me ^ . »
En même temps qu'il voit ce qu'il faut penser de Dieu et à quel point il le faut honorer, le prêtre apprend en-