I Joan., m, 16. Cf. Joan., xv
4. Si quis vult venire post me, abneget semetipsum, toUat crucem suam et sequatur me. (Luc. ix, 23.)
SUCS \ Le sacrifice de soi-même, l'immolation du vieil homme, la raortiHcation, voilà le fondement de la vie chrétienne et la condition de toute vertu surnaturelle. Mais n'en est-ce pas aussi la difficulté? Z)«/-ms niultis {.ùdctur hic serino -. Aussi Notre-Seigneur ne se contente pas de nous recommander la pratique de cette vertu : il s'efforce de nous y exercer; et comme notre nature répugne à se laisser immoler, il veut bien se faire luimême la matière de nos sacrifices et nous mettre entre les mains sa chair et son sang {)0ur notre première et principale victime. C'est ainsi qu'il forme ses ministres au détachement et à l'immolation, et qu'il les met dans la nécessité de se montrer généreux. Car lorsqu'on immole chaque jour au Seigneur son propre Fils, le Verbe fait chair, lorsqu'on proclame chaque matin devant toute l'Eglise que ce serait peu, pour honorer la Majesté de Dieu, de lui sacrifier l'univers entier et toute la création, quel moyen de ne pas reconnaître que rien ne doit être préféré à sa gloire? Comment ne pas sentir que ce serait une indignité de lui refuser le sacrifice de nos intérêts, de nos inclinations, de notre santé, de notre vie même? Que si Ton est une fois bien pénétré de ce sentiment, est-il à croire qu'on ait assez peu de courage pour y renoncer en pratique et les contredire par sa conduite? Quand le Fils de Dieu se sert de nous pour offrir à son Père son corps et son sang, quand nous demandons chaque matin pour tous les fidèles la grâce de s'associer à cette immolation et d'être reçu avec le Sauveur, comme une même hostie : Hostiam viventein, puram, Deo placentem'^ , pouvons-