Joan., I
conscience un témoignage de la vertu sanctifiante du divin Sacrifice. Il n'est pas de fidèle impartial et judicieux qui ne soit à même d'en reconnaître les effets.
Nous ne prétendons pas que l'Eucharistie rende saints tous ceux qui la consacrent. Si puissante que soit la grâce attachée au corps et au sang du Sauveur, elle ne va pas jusqu'à nous enlever notre libre arbitre; et, à l'autel comme à la sainte Table, elle a besoin, pour produire ses effets, de notre coopération. Les prêtres peuvent, comme les fidèles, rendre stériles par leur faute les grâces qu'ils reçoivent ou qui leur sont offertes. II est possible que plusieurs ne célèbrent pas avec la ferveur et la pureté nécessaires, qu'un certain nombre négligent la préparation ou l'action de grâces requises pour tirer ])rofit du saint Sacrifice. Qui ne sait qu'il se trouva parmi les douze Apôtres un indigne, un traître, qui profana la sainte Hostie au moment même où elle lui était donnée pour la première fois de la main même du Fils de Dieu ' ?
Qu'on ne nous oppose donc pas les fautes ou les défauts qu'on croit remarquer dans certains ecclésiastiques. Qu'on n'objecte pas que plusieurs semblent déchoir à mesure qu'ils s'avancent dans les Ordres et qu'ils ont avec l'Eucharistie des rapports plus fréquents. Les exceptions ne renversent pas la règle : elles la confirment, au contraire. Pour être assuré de l'efficacité d'un remède, est-il nécessaire qu'on ne l'ait jamais employé en vain ? Non, il suffit qu'il ait rendu ou conservé la santé lorsqu'il a été pris de la manière et dans les conditions requises pour seconder sa vertu. C'est ce