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Act. gratiar. post Missam. Antiph

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mer son ardeur? Où est le digne ministre des autels qui ne fasse chaque jour avec confiance au saint autel la prière que lui dicte l'Eglise : Corpus tiium. Domine, quod sumpsi et sanguis quem potavi. adhœreat visceribus rneis f Pro tua pietate prnsit nii/n ad tutamentuni Dientis et corporis..., et qui ne répète avec une conviction profonde ces paroles par lesquelles saint Bernard, célébrant, à la gloire de Dieu, l'efficacité du divin Sacrement, prenait ses auditeurs à témoin des merveilles de grâces qu'il opérait en eux : Siquis vestrûm non taniseepe modo, non tani acerbos sentit motus iracundix, invidise, luxurix, aut cxterorum hujusmodi, grattas agat corpori et sangulni Domini, quia virtus sacramenti operatur in eo^? •

Cette vertu est manifeste jiour ceux mêmes qui, ne connaissant pas le secret des consciences, sont forcés

1. Serrn. in Cœn. Doin., 3. Sedat enim, dura in nobis manet Chiistiis. sœvientem membrorum nostrorum legetn, perturbationis animi exlinguit, segrotos sanat, etc. (S. Cyr. Alex., ni, 2; In Joari., vi.) Le vénérable Barth. Holzauser, instituteur des clercs réguliers en Allemagne, recommande à ses prêtres la célébration quotidienne du divin Sacrifice comme le moyen le plus efficace pour éviter le péché, se préserver de la tiédeur et avancer dans la perfection ; mais, pour en tirer ce fruit il veut qu'on y apporte une profonde humilité, une grande pureté d'àme et une confiance filiale en Isotre-Seigneur. — Ce saint prêtre avait reçu de grandes lumières sur le mystère de l'autel. En 1635, il prédit que le sacrifice de la Alesse serait proscrit pendant cent vingt ans en Angleterre et dans Us possessions anglaises du Nouveau Monde. Sa prédiction, imprimée et publiée en 1G46, s'est accomplie de la manière la plus exacte. La proscription fut décrétée, sous peine de mort, en Angleterre, en 1G58, et ne fut révoquée qu'en 1778. En Amérique, elle commença cinq ans plus tard, en 1CG3^ et cessa aussi cinq ans plus tard, en 1783. C'est à cette proscription que semble faire allusion la Postcommunion de la fête de saint Augustin, apôtre des Anglais, 27 mai : « Suppliciter exoramus ut, B. Augustini interveniente suflragio, hostia salutaris in omni loco jugiter immoletur. » Cf. Dan., vin, 12.

de juger de l'état des âmes par les habitudes de la vie extérieure.

Est-il un houirae sage et sans prévention qui ne reconnaisse dans les ministres de Faute], c'est-à-dire dans les principaux membres du clergé catholique, une classe d'hommes éminemment resiiectables par leurs vertus morales, aussi bien que par leurs connaissances et leurs fonctions religieuses ? Voués à la perfection par le fait même de leur sacerdoce, ils ne se bornent pas à remplir d'une manière exemplaire les devoirs communs : ils s'astreignent à des obligations difficiles et délicates, et ils meurent presque tous avec la réputation d'y avoir été fidèles. On les trouve partout ,à la tête et à la base des œuvres les plus nobles et les plus saintes, consumant leur temps, leurs forces, leurs biens souvent pour l'honneur de Dieu et pour les intérêts les plus élevés des âmes. Gomme ils font profession de réprimer toutes les passions et de combattre tous les vices, ils voient constamment ligué contre eux ce qu'il y a de plus pervers et de plus dégradé dans la société; mais ils ne laissent pas d'embrasser dans une même charité tous les individus, toutes les conditions et tous les peuples, fournissant à tous les pays du monde, à toutes les barbaries comme à toutes les civilisations, des prédicateurs, des apôtres et des martyrs volontaires, ne cherchant nulle part à triompher par la violence, mais voyant un triomphe dans chacune des réformes qu'ils peuvent opérer par la persuasion, faisant une fête comme les anges pour célébrer la conversion du plus misérable pécheur, et s'en réjouissant d'autant plus que ce i)écheur leur voulait plus de mal et qu'ils en avaient reçu plus d'outrages, enfin ayant pour modèle particulier et pour

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règle de vie Celui qui est vénéré partout comme le type de la plus haute sainteté et que les peuples les plus éclairés du monde adorent depuis des siècles comme leur Sauveur et leur Dieu. Autant les nations chrétiennes se distinguent des autres peuples par la pureté de leur foi, la perfection de leur culte et leur respect pour la loi morale, autant parmi elles les prêtres s'élèvent au-dessus des simples fidèles par la noblesse de leurs sentiments et l'éminence de leurs vertus. Le sacerdoce est l'élite de l'Église, comme l'Eglise est l'élite de l'humanité. C'est là un fait éclatant qui ne peut être contesté par aucun observateur sérieux '. Si saint Pierre a pu dire aux premiers chrétiens qu'ils étaient un peuple saint, une race de prêtres et de rois^, destinés à faire connaître ici-bas l'esprit et les vertus du divin Rédempteur, le divin Maître a dit avec plus de raison encore de ses ministres, qu'ils sont le sel de la terre et la lumière

1. Quatn multos episcopos sanctissimos cognovi, dit saint Augustin, quam multos presbytères, quam multos diaconos, et cujusmodi ministres divinorum sacramentorum, quorum virtus eo mirabilior et majore praedicatione dignior videtur, quo difficilius est eam in multiplici hominum génère et in ista vitae tribulatione servare ! (S. Aug., De nior. Eccl., I, 32.) « J'ai vu de mes yeux indignes et de tout près ce spectacle singulier que l'Kglise de Jésus-Christ a pu seule produire, du prêtre jeune et imposant, attrayant et austère, virginal et viril, passionné de tout ce qui est bon, grand, saint, généreux, homme de courage, de liberté et d'honneur, en même temps que de ferveur, de pénitence et de s:iinteté. J'y pense avec confusion, parce que, j'en ai trop peu profité, mais avec une admiration toujours reconnaissante. A la fin d'une longue vie écoulée dans des fortunes bien contraires, je veux confesser tout haut que c'est là le plus beau spectacle qu'il m'ait été donné de contempler ici-bas. » (De Montalembort, Test, du P. Lacordaire. )

2, Vos autem genus electum, régale sacerdotium, gens sancta, populus acquisitionis. (I Pet., ii, 9.)

du inonde, et qu'il leur appartient de poursuivre et d'achever son œuvre sur la terre 1.

Qu'est-ce qui élève ainsi ces hommes au-dessus de la nature ? Qu'est-ce qui leur donne des pensées et des aspirations supérieures à celles du monde, un esprit plus noble, plus dévoué, plus généreux, plus constant que celui de tant d'autres ? Où puisent-ils la lumière, l'ardeur et la fermeté dont ils ont besoin pour honorer leur caractère et accomplir leur mission ? Ils le proclament hautement et tout confirme leur témoignage. C'est dans leur ministère même qu'ils trouvent la force de le remplir. Illc me clarificablt qui de mco accipict^ dit le divin Maître '. C'est dans le sacrifice de l'Homme-Dieu, offert par eux tous les jours, qu'ils puisent le courage de se sacrifier eux-mêmes tous les jours. C'est la croix de Jésus-Christ qui leur fait accepter la leur, et sa vertu qui la leur fait porter. C'est en distribuant la communion à leurs frères qu'ils sentent le besoin de se dévouer pour eux; et c'est en la recevant qu'ils obtiennent la grâce de mettre ce dévouement en pratique. L'Eucharistie, qui les fait participer à la chair et au sang du Sauveur ^, les anime de son esprit et les revêt de ses vertus"*. Car la loi est sans exception. Pour l'àme comme pour le corps, la vie est en rapport avec l'ali-

1. Vos estis lux mundi, vos estis sal terrae. (Matth., v, 13, 14.) Sicut misit me Pater et ego mitto vos. (Jean., xx, 21.)

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