Imit , IV, 11. Cf. XIV et xv
368 DU PRÊTRE A LAUTEL
On lit dans la vie de saint Michel des Saints qu'un jour, tandis qu'il était à l'autel, plus absorbé qu'à l'ordinaire dans son recueillement, on vit, au moment de l'Élévation, une sorte de couronne ou plutôt un cercle de lumière, blanc comme la neige et éclatant comme le soleil, se former autour de l'Hostie qu'il avait à la main, et, après s'être tenu quelque temps en l'air, s'attachera sa personne. Il commença par entourer sa tête, comme l'auréole qu'on voit aux images des saints, puis, s'étant agrandi, il descendit jusqu'au cœur, entourant de rayons la poitrine et toute la partie supérieure du corps; enfin il enveloppa le corps tout entier, et le revêtit d'un éclat merveilleux. On s'accorda à voir dans ce prodige une manifestation des lumières dont l'esprit du saint était éclairé, de l'ardente charité qui embrasait son cœur, et de l'innocence parfaite dont son âme était ornée. Ne faut-il pas y voir en même temps une image sensible des effets que le divin Sacrifice a la vertu de produire en tous ceux qui le célèbrent, ou de la transformation progressive que ce mystère tend à opérer dans leur âme et dans leur vie ^ ?
1. Supra, II, 2, g 1. On trouve des faits analogues dans les Vies d'un grand nombre de saints prêtres, comme saint Colomban, saint Yves, saint Jean de la Croix, saint François de Sales, saint Louis Bertrand, etc. Un jour que saint Malachie était à l'autel, une colombe blanche parut sur sa tète, mais d'une blancheur et d'un éclat tels que toute l'église en fut illuminée, et que les ministres de l'autel se prostei-nèrent d'étonnement, saisis et éperdus. Un globo de feu apparut dans une occasion semblable, sur la tète de saint Martin. Sulpice Sévère atteste qu'il fut témoin' du prodige. Une vierge et trois religieux le
Dieu nous garde de nous glorifier de notre vocation ou de nous complaire en notre sacerdoce, si saint qu'il soit ! Nous savons qu'à chaque faveur est attachée une responsabilité, et que si le Seigneur accorde ses grâces aux humbles, il ne veut pas donner sa gloire aux présomptueux et aux superbes. Aussi ne parlons-nous des avantages de notre état que pour reconnaître nos obligations et pour rendre à Dieu nos actions de grâces, comme ces vieillards de l'Apocalypse que saint Jean vit revêtus des ornements sacerdotaux et prosternés devant le trône de l'Eternel : Adorahant viventem in ssecula sœculoruni et mlttcbant coronas suas ante t/ironum, dicentes : Bigrius es, Domine Deits /loster, accipere gloriani et honoreni et virtutem ^ !
virent aussi bien que lui ; mais d'autres personnes également présentes ne le virent pas. « Cur non viderint, ajoute Sulpice Sévère, non potest nostri esse judicii. » Il fait ensuite remarquer que le jour où saint Martin fut honoré de cette faveur, il s'était dépouillé avant la Messe d'un de ses habits pour en revêtir un pauvre, {Dial., il, 2.)
1. Apoc, IV, 11, 12. Si necessarium est trepîdare de merito, religiosum est gaudere de doao. (S. Léo, In Aiiniv., Serm. vu.)