‹ Du divin sacrifice et du pretre qui le celebreChapitre 191 sur 247 · CHAPITRE SECOND · texte numérisé non relu

CHAPITRE SECOND

LA CÉLÉBRATION DU DIVIN SACRIFICE FAIT LA CONSOLATION ET LA FÉLICITÉ DU PRÊTRE

Le bonheur de l'homme consiste dans la possession de Dieu. Comme Dieu est son principe, sa fin, son bien essentiel et suprême, c'est vers Dieu que se porteht toutes ses aspirations. C'est donc en Dieu qu'il doit trouver son rassasiement ; et son bonheur sera d'autant plus parfait qu'il possédera Dieu davantage et qu'il aura plus de part à ses communications. Or, le prêtre n'a-t-il pas Dieu à l'autel ? Ne l'y trouve-t-il pas plus que partout ailleurs ? N'en approche-t-il pas de plus près que personne ? Oui, son Dieu est là, avec ses perfections, avec sa grandeur, avec son amour, avec tous les biens dont il a la plénitude : Doininus ibidem '. Hic est verus Deus et vita seterna"^. Et quand il célèbre, le prêtre fait plus que d'en approcher; il lui est uni; il le possède comme un bien propre, il en jouit de la manière la plus assurée, la plus intime, la plus complète. Dieu devient son partage, son trésor, son aliment, sa vie, le Dieu de son âme et de son cœur ; De toto Deo dives est ^. De ipso Domino iiiehriatur et pascitur ^. Personne donc ici-bas qui doive autant aimer l'autel, goûter autant la sainte

1. Ezech., XLVm, 35. — 2. I Joaii., v, 20. — 3. S. Aug., Serni., CLXXVli, 4. — 4. S. Léo., De Pass. Sorm., xiv.

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Hostie ! Nul qui ait autant le droit de s'approprier la parole du Psalrniste : Altaria tua. Domine t'irtutum, rex inevs et Dcus meus ' !

Comment Dieu se trouve-t-il à l'autel, et en quel état se donne-t-il à son ministre ? Comme Verbe incarné, comme Homm(?-Dieu, comme Sauveur du monde. Le Verbe fait chair est *là tout entier, avec son humanité comme avec sa divinité. S'il y était seulement comme Dieu, sa grandeur le tiendrait trop haut; on auraitpeine à concevoir comment un uïortel pourrait jouir de lui et trouver en lui. son bonheur. Quel moyen de contempler ses perfections infinies, de pénétrer ses sentiments et ses pensées, de communier à sa vie ? Mais il y est comme Homme-Dieu, avec une nature senjblable à la nôtre, dans un état qui le met à notre portée. Il a un cœur d'homme, une sensibilité et une intelligence humaines. Ne nous a-t-il pas montré de mille manières comment il nous aime et comment nous devons l'aimer ? Ses mystères, ses desseins, ses vertus, sa doctrine, sa vie, sa mort, ne peuvent être ignorés que de ceux qui ne veulent \)as le connaître. Le prêtre ne se borne donc pas à croire en sa présence et à s'approcher de lui : il le contemple, il le pénètre, il découvre ses dispositions, ses pensées, ses désirs. Il peut avoir avec lui des rapports aussi directs et une union aussi étroite qu'avec ses amis les plus intimes. Que dis-je ? Est-il dans la nature une union qui approche de celle que Notre- Seigneur daigne avoir avec ses ministres ? Ego sum in Pâtre meo, dit-il à ses Apôtres, et vos in me et ego in vohis. « Vous êtes en moi et je suis en vous comme je suis en mon Père. »

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