‹ Du divin sacrifice et du pretre qui le celebreChapitre 193 sur 247 · Serm. in cœn. Domin., 3. — 3. Luc, xv · texte numérisé non relu

Serm. in cœn. Domin., 3. — 3. Luc, xv

son intérêt particulier, en s'appropriant ce divin trésor autant qu'il est capable d'en jouir, soit pour le bien de ses frères, en leur faisant part du don qu'il a reçu. Qu'il ne craigne pas d'y avoir recours pour toucher le cœur de Dieu et fléchir sa miséricorde. Il peut monter sans crainte à son autel et frapper à sa porte avec confiance : il n'y paraîtra pas les mains vides : Non appareb'u ante Dominum vacuus^. Quelque grâce qu'il lui demande, il aura toujours à lui offrir infiniment plus qu'il ne lui demandera. Jamais le Seigneur ne pourra dédaigner son offrande ; il se manquerait à lui-même s'il la jugeait indigne de son amour ou s'il lui refusait ses bénédictions.

Qui ne s'estimerait heureux d'avoir entre les mains un pareil trésor et qui ne croirait avoir tout crédit auprès de Dieu avec l'appui d'un tel intercesseur ? Qui proprio Filio suo non peperclt, quomodo non etiam cum illo nabis omnia donavW^ ?

A ce point de vue, il n'est qu'une créature plus privilégiée que le prêtre et qui nous donne l'idée de son bonheur : c'est la Mère de Dieu, l'auguste et divine Marie.

Nulle autre n'a eu avec la Divinité une union si étroite et si durable. C'est elle qui eut l'honneur de faire descendre pour la première fois le Fils du Très-Haut sur la terre. L'ayant conçu du Saint-Esprit d'une manière toute pure et toute sainte, elle l'a porté neuf mois dans son sein, comme le fruit de ses entrailles, ne formant,

Page 1