Deut., XVI, IC. — 2. Rom., viu
pour ainsi dire, qu'une personne avec lui, n'ayant avec lui qu'un même cœur, un même sang, une même vie. Après l'avoir donné au monde, elle ne cessa pas de lui être unie, de lui consacrer toutes ses pensées, de lui donner tous ses soins. Elle pourvut aux besoins de son enfance et veilla comme sa mère sur ses premiers jours. Mais son privilège le plus précieux, ce fut de vivre intérieurement de la même vie que son Fils, d'entrer dans tous ses sentiments, de partager toutes ses vertus, de coopérer à tous ses desseins. Quand il voulut être présenté au temple, c'est sa Mère qui l'y porta, et elle apprit dans cette occasion à quel sacrifice il s'était voué et à quel prix il deviendrait le Sauveur du monde. C'est assez dire que sa vie fut, comme celle de Jésus, une vie de sacrilice, d'expiation, d'immolation. Ni Tune ni l'autre ne fut pour cela moins heureuse. Au contraire, comme la grande joie de l'Homme-Dieu fut de sauver le monde et de racheter l'humanité au prix de son sang', la grande consolation de Marie fut de contribuer au salut du genre humain, en consentant et en coopérant au sacrilice de son divin Fils. Heureuse d'être la Mère de Dieu, il semble qu'elle le fut davantage encore d'être la Mère du Dieu sauveur. C'est là ce qui la ravit de joie dans son cantique, comme c'est ce qui lui a assuré l'admiration de tous les peuples et les félicitations de tous les siècles : Exultavlt spiritus meus in Deo salutari meo : ecce enim ex hoc beatam me dicent oinnes senerationes^.
1. Baptismo habeo baptiz:iri, et quomodo coarctor usqueduni perficiatiir ? (Luc, xii, 50.) Meus cibus est ut faciam voluntatem ejus qui misit me, ut perficiam opus ejus. (Joan., iv, 34.)