‹ Du divin sacrifice et du pretre qui le celebreChapitre 214 sur 247 · DES RÉDEMPTORISTES · texte numérisé non relu

DES RÉDEMPTORISTES

Sa dévotion pour le sacrement de TEucharistie est assez connue. Il n'eut pas moins de religion envers le divin Sacrifice et il ne montra pas moins de zèle pour le faire honorer. Jamais il ne manqua de monter à l'autel

EXEMPLES 4a:.

et de célébrer la Messe chaque matin, sauf dans ses dernières années, où, accablé d^infirmités, il n'avait plus la force de se tenir debout et était réduit à se contenter de la communion, comme un simple fidèle. Chaque année, lorsqu'il se trouvait en mission, il prenait ses mesures pour revenir sur la lin du carême dans une de ses maisons, afin d'y célébrer en paix les divins Mystères durant la Semaine sainte. Le Vendredi saint, où il ne pouvait ni célébrer ni communier, lui était pénible au point de le rendre malade. Il ne retrouvait la santé et la joie que le samedi, quand il avait reçu le corps de son Sauveur.

II avait étudié avec soin les rubriques et se montrait fort exact à les observer. Dans sa vieillesse, il s'affligeait et s'humiliait, comme saint Vincent de Paul, de ne pouvoir plus faire la génuflexion qu'avec peine et d'une manière imparfaite. Il faisait effort malgré tout, au commencement de la Messe, afin d'abaisser le genou jusqu'à terre; mais il fallait l'aider à se relever. Chose remarquable : après la communion, il en était autrement. On eût dit que Notre-Seigneur, en se donnant à lui, avait communiqué une nouvelle vigueur à son corps aussi bien qu'à son âme. Un feu divin éclairait son visage : et plusieurs fois on l'a vu s'élever de terre et rester suspendu à une certaine hauteur '. Aussi était-ce une faveur très désirée d'être admis à sa Messe. On y puisait infailliblement l'estime des saints Mystères et l'amour de notre divin Sauveur.

La peine que saint Liguori éprouvait de voir, en beau-

1. Diim ad aras orarel vel sacrum faceret, pro amoris vehementia, vel st'iapliicis liqiiesccbat ardoribus, vel insolitis quatiebatur motibus, vcl abstruhubatur a sensibus. (Brec, 2 aug. )

coup d'endroits, le saint Sacrilice célébré d'une manière peu édifiante, lui a fait composer sur ce sujet plusieurs écrits d'une vigueur et d'une liberté tout apostoliques ^. Souvent aussi il parla, dans les retraites qu'il prêchait au clergé, contre les profanateurs des saints Mystères. Un jour, dit un de ses premiers religieux, devenu son biographe, il fut amené à dire que de tels sacrilèges ne méritent pas de pardon, et que l'habitude de les commettre est un signe de réprobation. A l'appui de sa parole, il cita celle de saint Chrysostome : In socerdotio peccasti; penisti'^. Un des ecclésiastiques qui suivaient la retraite, entendant ce mot, eut la hardiesse de protester, et de dire tout haut, en se levant : Nego consequens et consequentiam. Ce fut un scandale pour l'assemblée; mais le scandale cessa bientôt. Le lendemain matin, ce prêtre s'étant revêtu pour dire la Messe, et ayant prononcé les premières paroles : Judica me, Deus, tomba au pied de l'autel, frappé d'une apoplexie foudroyante. Ce fut en vain que le saint accourut auprès de lui : le mourant ne recouvra pas l'usage de ses sens^.

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